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UNE NOUVELLE VISION DE L'AFRIQUE !


Rédigé le Vendredi 15 Août 2008 à 13:33 | 0 commentaire(s)
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Le Petit Journal de Montmain est fier vous présenter les réflexions d’un jeune Africain, diplômé d’études supérieures, qui incite les jeunes de sa génération à ne pas tout attendre de l’étranger et, surtout, à ne pas émigrer vers l’Europe, mais à se retrousser les manches et à prendre, dans leurs mains, le destin de l’Afrique.
Ce texte est un peu long, mais il vaut la peine de faire un effort, ne serait-ce que pour faire évoluer la vision que vous avez des Africains !
Amicalement,
Paul MOMBELLI.


…Se développer et non développer…..

Le constat plus ou moins décevant que l'on fait aujourd'hui, est que nos sociétés africaines sont presque toutes sclérosées, statiques et sont renfermées dans un immobilisme qui ne permet pas de donner de l'élan et créer le mouvement. La nouvelle génération de jeunes, dans sa grande partie, se trouve désorientée et patauge dans les fanges de l’incertitude au lieu de chercher à ébranler le joug de la misère qui l’étrangle et la contraint à un pessimisme dévastateur. Or, comme nous le savons, la plus grande pauvreté, celle qui handicape le plus et étouffe les possibilités qui s’offrent à l’homme, ce n’est pas le dénuement matériel, mais plutôt la misère d’esprit qui renferme le génie dans un immobilisme suicidaire et le prive de toutes ses forces. Pourtant c'est bien de cette misère dont il s'agit en Afrique : elle crée autour des intelligences un marasme effarant et effrayant qui, combiné encore avec l'indolence qui règne dans ces sociétés, ne favorise pas une émulation intellectuelle, une élévation du niveau de conscience général. La plupart des voix, celles qui doivent encore s'élever et dire assez hautement leur désir de changement, se sont tues, préférant le plus souvent jouer leur rôle au côté de ceux là même qui perpétuent le génocide collectif de nos sociétés en mettant en place un système de prédation dans lequel le pouvoir de tuer est presque illimité.

Il n’y a pas de mouvement propre à une société, d’élan libérateur qui sort de ses entrailles profondes, sans une synergie de forces, sans une alliance d’intelligences, portées par des hommes éclairés qui ont la charge de conduire la foule, de l’éclairer et de l’affermir dans sa foi chancelante, afin d’être le rempart de ses inquiétudes, de ses doutes et de son désespoir. Dans toutes les civilisations humaines, et à des niveaux divers, toutes les générations ont vu venir, depuis l’aube du monde, des hommes de foi, de science, des hommes de culture, des penseurs, des philosophes, des politiques, des visionnaires, qui ont accompli un travail formidable de redressement de la société en mettant avec beaucoup de générosité leur science, leur savoir, leur vision de la vie au service des autres. C’est cette accumulation de savoirs, de talents, de genre de vie, tous émetteurs et vecteurs de cultures, tous porteurs de rêves et d’espoir, qui a donné forme et visage à la Civilisation de l’Homme. Il n’y a donc là aucune raison qui justifierait le dénigrement de la Civilisation de tel ou tel groupe humain ; il n’y a aucune raison à exclure une catégorie du genre humain de la marche irréversible de la Civilisation humaine qui déploie ses ailes dans le temps et dans l'espace. Si les hommes diffèrent, si leurs sociétés ne se ressemblent pas, c’est bien moins à cause d’une supériorité des uns sur les autres, mais à cause de leur conception de la vie différente, de leur attitude face à la vie différente, de leur conception des choses différentes, de leur perception du monde différent ; et c’est la synergie de toutes ces différences, mises ensemble bout-à-bout, qui fait la force de la Civilisation ; c’est cette émulation foisonnante des différences qui fait que le monde marche, que l’homme tient encore la route, que la vie trouve du rythme et de la cadence.

Seulement – ce qui est tout de même vrai, et il faut l'admettre ! – toutes les Civilisations n’ont pas atteint le même degré de perfectionnement, la même habilité, le même niveau de précision dans la production et la manipulation de la Science. Il y a même des civilisations entières qui, avec un pan de leur histoire, ont disparu, se sont écroulées et ont laissé la place à d’autres. Dans toutes les sociétés donc, même celles qui sont jugées les plus primitives, il y a eu une attitude humaine face à la mort, face à la vie ; il y a toujours eu une certaine forme de génie dont les formes d'expressions touchent toutes les dimensions de l'Homme : aussi bien matérielles que spirituelles.

En Afrique, beaucoup de civilisations ont pu prospérer, et cela même bien avant l’incursion brutale et dramatique des Européens sur nos terres ancestrales. Certes, ces civilisations noires ont prospéré pendant longtemps un peu à l’écart des grandes émulations du monde, mais il y avait déjà ici, comme partout ailleurs, une volonté de triompher de la Vie, une envie de porter le combat le plus loin que possible, le poing haut et la torche allumée parmi les ténèbres. Des royaumes se sont construits autour d’un clan, autour d’une tribu de chasseurs ou de guerriers ; des empires sont nés par la poigne d’hommes de fer qui voulaient des espaces plus grands ; des terres se disputaient entre chefs rivaux avec le sang de braves gens qui portaient leur courage au bout de leurs sagaies…Mais ce ne sont pas là signes d’une barbarie singulièrement africaine comme on aurait aimé nous le faire croire. Comme toute naissance qui se fait inévitablement douloureuse, vagissante, chancelante, ces signes sont plutôt les symptômes d’États en composition, de Nation en devenir ; ce sont là les prémices de frontières en perspective. Le processus a été le même en Europe, où les frontières actuelles ont été dessinées par la force, les guerres permanentes, les annexions qui ont dressé les nations entre elles, déchiré des royaumes entre eux. Seulement au moment où l’Afrique s’était levée et se construisait, avec d’ailleurs beaucoup de retard sur les autres continents, les Européens sont venus jeter leurs bottes sur ces territoires fragiles, où les rivalités entre tribus étaient fortement présentes et pouvaient être utilisées à n’importe quel moment pour briser ces équilibres précaires et faciliter le grand travail de la conquête. Devant une Afrique fragile, minée par les dissensions internes, rongés par les guerres tribales, devant une Afrique faiblement consolidée sur le plan politique, nous avons des nations européennes, politiquement bien organisées, techniquement mieux outillées, mentalement bien préparées, et donc mieux armées pour mener leur politique de conquête et de domination. Ces nations ont fini de se pacifier, de se respecter, de coloniser les terres qui étaient à leur portée, de dominer la nature, de dompter tous les obstacles, en créant de vastes empires avant de se lancer à la grande aventure de la mer qui va finir par les mettre au contact des peules de contrées diverses, des peuples différents, des peuples faibles, mal organisés, mal équipés et donc facilement domptables. Nous sommes au XV° siècle, faut-il le rappeler, dans une époque ténébreuse, et n’importe quelle autre Nation, fut-elle un peu brillante, forte et puissante, ne se garderait pas de dompter et de porter sa « civilisation » ailleurs en embarquant dans ses voiles ses préjugés, ses prétentions, ses rêves et ses folies. D’ailleurs toute l’Histoire de l’Humanité a été faite de domination, de conquête : conquête arabe, conquête turque, européenne, chinoise, japonaise, mais également conquête…. Africaine.

Maintenant, la question que l’on se pose, nous autres africains, ne se retrouve pas dans la réécriture de ce passé, dans la hantise que représente pour nous ce moment de trouble, mais il s'agit plutôt de songer à nous interroger sur notre immobilisme qui, depuis au moins près d’un demi-siècle d’indépendance, nous a placé à la remorque de la mondialisation. Comment expliquer ce mal africain, pourquoi l’Afrique reste-t-elle toujours au peloton du progrès économique, social, politique et scientifique ? Faut-il toujours, pour toute autre explication, se retourner vers le passé et convier sur la table des douleurs tous les démons d’hier ? Je crois que s’il y a leçon à tirer du passé, c’est bien notre désorganisation, notre désunion, et il faudrait qu’on travaille à nous rassembler autour d’un même projet, d’un même idéal, d’un même rêve, celui là même qui a été généreusement lancé par Nkwamé Nkrumah quand il dit : « Africa must Unit ». Voilà la voie à suivre, pour les générations d’aujourd’hui, pour ne pas trahir les convictions de nos anciens qui nous observent et nous bénissent du fond de leur sommeil éternel.

Dans ce dessein, il faudrait que la jeunesse s’engage, dans une prise de conscience totale, à être la force de demain, l’énergie de demain, puisque après tout c’est à elle de se battre, c’est à elle de porter les cris de sa colère qui vont crever les tympans de nos dirigeants, faibles et incohérents qu’ils sont. Le développement est un processus de transformation globale, pas seulement matérielle mais aussi et surtout spirituelle, qui arrive, de manière progressive et irréversible, à assimiler et à accumuler la connaissance, la stratifier, en la mettant au service du progrès social et économique. Et c’est l’homme qui doit être artisan de cette mutation ; c’est grâce à son intelligence propre, à son génie créateur, à son désir inébranlable de vaincre les obstacles que lui dresse la nature, avec pleine d’hostilité, qu’il doit pouvoir apporter des solutions pour non seulement dépasser ces contraintes, mais également être au-dessus d’elles et les dominer. C’est toujours dans ce rapport de force, dans ce face à face inévitable de l’homme avec la nature que les grandes résolutions trouvent leur aboutissement, que les grandes mutations se produisent, que les barrières les plus infranchissables se brisent. D’un autre côté, les sociétés qui n’ont pas pu créer en elles les élans nécessaires, les énergies utiles, les forces essentielles, sont celles qui ont pendant longtemps pactisé avec les esprits et dormi dans une sorte de torpeur millénaire, sans créer de mouvement véritable en affrontant la nature, mais à vivre près d’elle, en conformité avec ses codes, avec ses mystères, et sans jamais chercher non plus à briser l’ordre des choses établies. Ce n’est pas que dans ces sociétés il n’y ait pas eu d’Histoire ou de Civilisation – au demeurant, comme nous l'avions dit un peu plus haut, partout où il y a eu des hommes, il y a toujours eu des modes de vie, et donc Histoire et Civilisation - seulement dans ces sociétés, pour des raisons objectives qui leur sont propres, il n’y a pas eu de processus de transformation entretenu et maintenu sur une longue période afin de renverser les tendances et créer une rupture nécessaire entre l’Ancien et le Nouveau… Le blocage vient donc de là, de cette absence de rupture, de cet éternel recommencement, de cet entretien perpétuel des modes anciens, des habitudes désuètes, des normes obsolètes qui ne donnent pas la force à la grande aventure de l’homme. Cette grande aventure, commencée par les premiers hommes, a touché tous les domaines allant de la Philosophie à la Science, de l’Art à la Politique, tous marqués par des hommes dont la seule folie réside dans leur obstination à susciter et partager le rêve. Car si le propre du Poète est de rêver, le Politique doit faire rêver et le Scientifique traduire le rêve en réalité en établissant des formules, des procédés grâce à la maîtrise savante de la technique.

Aujourd’hui dans ce XXI° siècle fait de vertige et vitesse, il est temps de nous interroger, nous autres africains, sur notre place dans ce monde et sur le rôle que nous comptons jouer pour être plus dynamiques, plus visibles sur l’échiquier mondial et plus actifs dans cette grande effervescence qui fait vibrer le cœur de l’humanité et porter la fièvre jusqu’en ses poumons. Pendant que de nouveaux pôles de croissance sont en train de naître en Asie, donnant parfois une poussée de fièvre à l’économie mondiale, le continent africain se caractérise encore, sur le plan économique, par sa grande marginalisation puisqu’il ne représente qu’à peine 1% du commerce mondial. Malgré les multiples potentialités dont il regorge, c’est-à-dire une population jeune, dynamique et des ressources naturelles abondantes, il n’a pas pu profiter, historiquement comme aujourd’hui, de la modernité scientifique, économique et politique. Il n'a pas intégré dans son système de fonctionnement les possibilités énormes que donne la maîtrise de la science et de la technologie, lesquelles sont d’ailleurs, bien plus que les ressources naturelles, déterminantes pour la marche vers le progrès. Le continent ne s’est pas donné les moyens de dynamiser son économie, d’aménager de manière rationnelle son espace économique vital par l’ouverture sur le marché en créant un cadre optimal de confiance qui autoriserait des investissements étrangers rentables.

Il est vrai qu’avec une démographie aussi galopante et une production quasi négligeable, qui de plus ne fait que décroître de manière aussi inquiétante, les problèmes économiques et sociaux ne peuvent que s’aggraver pour mettre plus en péril les populations les plus vulnérables, notamment la masse de paysans désœuvrés. Dans de telles conditions, il est des gens qui, au lieu de susciter des débats essentiels autour de notre mal-être collectif ; au lieu de remettre en cause nos structures de bases traditionnelles qui, pour certaines d’entre elles, sont incompatibles avec le progrès dans la mesure où elles inhibent et étouffent le génie, l'esprit créatif, ceux-ci préfèrent prendre, par excès de laxisme, le parti de se verser dans la critique de l’ordre économique instauré par la mondialisation. Ils sont nombreux ceux qui, peut-être poussés par leur grand désespoir, se prennent à stigmatiser la colonisation comme si elle nous avait, de toute notre vie, marqué nos esprits par une sorte de péché originel qui nous condamnerait, quoi que l’on fasse, à la fatalité et à l'immobilisme. Il n'est pas question pour nous d'occulter les grands désordres induits par la mondialisation, qui elle-même a besoin d'être soignée par l'introduction de quelques doses de morale ; il n'est pas non plus question pour nous de ne pas prendre conscience à quel point la colonisation a brisé l'élan vers lequel la plupart des peuples africains s'étaient élancés pour mettre en place des structures politiques, certes fragiles, mais d'une remarquable ingéniosité. Mais pendant combien de temps doit-on en Afrique ressasser les mêmes mots, nous renfermer dans le même cycle de fatalisme et de défaitisme, sans chercher à déplacer les frontières et, partant de là, concevoir un avenir qui aura tout au moins le mérite de marquer notre présence dans ce monde de compétitivité ?

Nous devons comprendre que l'époque dans laquelle nous vivons n'est pas un conte de fée ; il demande aux nations plus de détermination, de sens de sacrifice, pour être là, au moment précis et à l'heure où tout se décide. Le monde, tel qu’il est aujourd’hui configuré, est régi par l'idéologie dominante des pays les plus puissants qui, grâce à leur machine économique, financière, militaire et même diplomatique, établissent leur tentacule partout où ils peuvent assouvir leur soif de domination. Ils se retrouvent donc non seulement au centre du dispositif tentaculaire et vertigineux de la mondialisation, mais ils commandent également ce système, l'organisent et l’orientent dans le sens de leur intérêt. Et cela est de bonne guerre... La non-violence évangélique ne peut pas prospérer dans les relations internationales ; il faudrait être naïf pour ne pas comprendre que la stratégie de guerre, de domination, de rapport de force, a toujours été inhérente à l'histoire des civilisations. Nous nous retrouvons donc nous, pays africains, contraints à marcher avec ce système, non pas en allant à contre courant de lui et risquer de courir à notre perte, mais en faisant un travail sur nous-mêmes, sur nos sociétés, sur nos blocages, pour déverrouiller le verrou de l’immobilisme en nous organisant, en nous insérant dans un premier temps dans le système et ensuite dans un second temps en bousculant l'ordre des choses établies pour donner peut-être une autre orientation au même système.

Les pays développés, de par leur puissance financière, économique, dessinent la carte du monde à leur façon, remodèlent les enjeux stratégiques selon leur propre appétit et donnent un visage du monde où les maîtres mots sont et restent la concurrence, la compétitivité et la précision de l'intelligence. Bien vraie que cette économie monstre qui ne croie qu'aux vertus du taux de croissance, au capital et au gain, crée d'énormes distorsions sur le marché mondial, et mérite qu'on y introduise un peu d'humanisme et de morale sans lesquelles la sécurité mondiale serait perpétuellement remises en cause, il est tout de même difficile de la remettre totalement en cause. Même des pays comme le Brésil ou l’Inde qui, tout en se proclamant du Sud et tenants de l’alter mondialisme, savourent sans modération les vertus du capitalisme. La Chine communiste aussi de son côté, avec des taux de croissance réguliers à deux chiffres, s’y est aussi mise depuis fort longtemps au capitalisme, reléguant au second rang la morale en se comportant, surtout en Afrique, avec beaucoup de cynisme. Pourquoi dans ce cas, en Afrique, on s’épuise à nous battre pour des causes perdues d’avance en organisant des combats de façade alter mondialiste alors que la bataille se gagne, non pas dehors, mais à l’intérieur et au cœur même du système ? Il faut savoir que jamais le monde ne s’arrêterait pour courir à notre rythme, nous attendre au prochain carrefour pour nous tenir la main et nous apprendre la marche à suivre. C’est à nous de faire une introspection profonde de notre système de fonctionnement total, d’y déceler les failles, et de nous adapter pour, ainsi dire, à la compétition, aux lois du marché, au vertige de la vitesse, à la cadence de la danse planétaire de la mondialisation.

Pour réaliser ce projet, je dirai toujours qu’il nous faut revenir d’abord à l’Histoire, la nôtre, à commencer par l’appréhender et bien la digérer, non pas en y collant nos regards abattus, mais restant avec un minimum de détachement nécessaire qui nous permettra d'avoir une meilleure analyse, une approche plus lucide. Il nous faut faire un travail chirurgical pour dépecer nos malheurs, et résoudre toutes nos hantises qui nous font toujours retourner au même point. Il ne faut pas qu’en parlant d’Histoire, on égare nos esprits dans les sentes ténébreuses du passé. Quand on regarde en arrière, c’est toujours pour faire un sursaut vers le futur, c’est toujours pour déplacer les lignes ; ce n’est pas pour s’apitoyer sur son sort, se culpabiliser toujours, en versant de larmes incessantes. Au contraire, c’est le lieu de se poser les questions essentielles et de tirer les enseignements utiles et intelligents. Aucun futur ne peut se construire dans la hantise du passé ; l’avenir se bâtit avec seulement quelques éléments d’hier à savoir : pourquoi avons-nous étés brisés, colonisés ? C’est tout simplement parce qu’on était faible, divisé, désorganisé. Il nous faudra donc dès maintenant, nous les jeunes, travailler à nous inventer un futur en nous ressemblant pour mettre en place des sociétés mieux outillées et aptes à produire science et prospérité. Est-ce un rêve ? Mais n’est-ce pas le rêve qui fait le monde, qui est le monde ? En 1789 à la place de la Bastille, les révolutionnaires français, dans leur déclaration des droits de l’homme, n’ont-ils pas affirmé que « tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droit » ? Jusqu’aujourd’hui leur rêve de liberté, d’égalité inspire des générations d’hommes épris de justice et de paix. Mettons donc à côté nos peurs, nos hontes, nos angoisses, nos faiblesses, et allumons en nous les germes du rêve : c’est par le Rêve que nous allons redresser notre foi en nous-même !

Pour cela, je suis convaincu, qu’il ne nous suffise pas de construire ici de ponts, là des routes, importer de la technologie qu’on ne maîtrise même pas, faire appel à l'aide étrangère, à la coopération internationale, parcourir le monde à la recherche des capitaux pour développer en oubliant que le vrai processus de développement doit prendre en compte l’homme et lui permettre de s'élever tout en assimilant, par la conscience, les dynamiques de la science. C’est l’homme qui est au centre du développement, c’est donc lui qu’il faut développer, rendre meilleur, par un effort d’éducation qui doit prendre en compte toutes les dimensions de l’homme, même les plus spirituelles. Il faut préconiser donc pour la jeunesse une vraie éducation à la Vie, une éducation à la Science, une éducation conforme à nos réalités africaines, par un effort de travail spirituel et de redressement moral, qui puissent élever en elle un certain niveau de conscience sans quoi rien de grand, de noble, ne peut se faire en toute équité. Au lieu de chercher seulement à être balayeurs de rues de Paris, chauffeurs de taxis à New York, plongeurs à Milan ; au lieu d’aller s’émerveiller devant la Tour Eiffel, s’éblouir béatement devant la statue de la Liberté, cherchons plutôt à aller partout où se trouve la Science, allons acquérir cette connaissance aux confins de la terre, tâchons-nous de nous inspirer des modèles d’ailleurs pour venir les expérimenter chez nous. Partez, partez, jeunes d’Afrique, mais revenez riches en expérience, riches en culture, riches en savoir, avec beaucoup d’idées nouvelles, de visions nouvelles ! Comme le dit souvent un ami que j’aime beaucoup pour la clarté de ses idées, le changement passe par une dynamique qui part du bas. Au lieu de penser toujours à la politique politicienne, pensons à être toujours meilleur : meilleur savant, meilleur penseur, meilleur scientifique, meilleur artiste, meilleur génie de son temps. On ne développe donc pas. On se développe par un effort d’assimilation de la science, mais pas seulement de la science, mais aussi de la conscience suprême qui situe l’action de l’homme au-dessus des égarements mesquins.

Damas Smith, (dit Djamal Sourou Smith)

Sources

Auteur :Mr Paul Mombelli

Site internet : Petit Journal de Montmain

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Sébastien Sabattini