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Pointe Noire, paradis des colons et enfers des nègres - chapitre 7


Rédigé le Vendredi 29 Juin 2007 à 08:56 commentaire(s)
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Ignace avec une poignée d'hommes, combattait avec acharnement l'infamie du fer et des boulets.


Le passage d'Ignace à Pointe Noire en 1802

La signature d'Ignace
La signature d'Ignace
Pointe Noire vit passer, venant de Petit Canal, du Lamentin, de Sainte Rose et de Deshaies, une masse de volontaires amenée par Ignace qui combattait avec acharnement l'infamie du fer et des boulets. La foule nourrie de liberté, s'amassait le long de ces pavés autrefois foulés par les plaies des chaines pour rejoindre avec véhémence et hargne la troupe des insurgés.

En véritable défenseur de la liberté, Ignace fut assurément après Delgrès, la plus haute figure de ceux qui prirent en mains la défense du pays et portèrent haut son honneur et son drapeau en cette période révolutionnaire.

Homme noir, charpentier de profession, il avait brisé sa chaine bien avant 1794 et s'était retiré dans les bois avec ceux que l'on appelait ''les Nègres Marrons'' dont il avait une troupe bien organisée!

Rallié dès le premier jour avec sa bande à Victor Hugues, il avait combattu les anglais et était devenu un brillant officier. Il était commandant à l'arrivée de Richepance. Ne sachant ni lire, ni écrire, n'ayant aucune instruction, brutal, grossier et impitoyable, c'était avant tout l'homme de sa classe. Il détestait farouchement tout ce qui se rattachait à l'esclavage et sa haine pour ceux qui ne méritaient que haine avait singulièrement aiguisé sa sagacité, il rappela Dessalines, par plus d'un trait!

Lui seul avait su concevoir dès le début de la révolution, c'est à dire, après l'expulsion de Lacrosse, un programme cohérent pour l'avenir de la Guadeloupe. Ce programme avait le mérite de transformer la résistance de l'oppression en une lutte pour l'émancipation politique. Avec Massoteau, mort prématurément, il avait lancé le mot d'ordre d'indépendance, proposé de former un gouvernement purement guadeloupéen et de lever une armée capable de résister à toute tentative de reconquête. Mais son influence n'était malheureusement pas assez grande pour faire admettre ce point de vue!

Magnifique soldat, n'ayant pas la prétention d'être autre chose, il était resté dans les tergiversations de Pelage. on sait comment il s'enfuit de Pointe à Pitre après la trahison de ce dernier et se jeta dans la résistance. Ignace sillonnait toutes les habitations du pays et donna comme point de ralliement aux insurgés de la côte sous le vent, les trois chemins des Plaines, ou s'élève aujourd'hui la stèle commémorant ces temps de lutte au nom de la liberté à l'égalité et l'émancipation des noirs.

Exaspérés par l'arrivée de Richepance, capitaine délégué par le gouvernement consulaire pour rétablir dans la colonie, la fronde de l'esclavage, des fervents volontaires tels que Séraphin Mamie, Pencrasse Pocrain et un des esclaves du sieur Migneret François, le dénommé Félix accouraient de Basse - Terre pour prêter main forte à Louis Delgrès!

Né en 1777 dans la paroisse de Sainte Anne en Guadeloupe, Séraphin Mamie qui mourut à Pointe Noire, de son vivant connu tous les grands évènements riches en soulèvements, en décrets, en symbolismes, en antagonismes, en trahisons qui jalonnèrent les chemins libérateurs pour l'émancipation à savoir:
* 1794, première abolition
* 1802, rétablissement de la servitude
* 1848, abolition imminente de l'esclavage

Au même titre que la combattante Christine Barlagne née en 1774 à Antigues qui arriva à Pointe Noire en pleine nuit en 1794 et décéda bien après 1858.
Le sieur François Bianay né également à Antigues en 1780, époux de Sophie Sophayar, arriva à Pointe Noire quelques jours plus tard à l'âge de quatorze ans avec son père Joseph François Bianay. Toutes ces personnes sont représentatives dans la lutte pour l'émancipation des Nègres!










Marthélus Ladine