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Pointe Noire, paradis des colons et enfer des nègres - introduction et chapitre 1

Mot de l'auteur, premier chapitre sur 9


Rédigé le Samedi 30 Juin 2007 à 00:00 commentaire(s)
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Monsieur Marthélius Ladine, historien, restitue dans neuf chapitres, l'histoire esclavagiste de Pointe Noire avec authenticité et courage!


Pointe noire, paradis des colons, enfer des nègres, mot de l'auteur!

Marthélius Ladine
Marthélius Ladine
Prêtons l'oreille aux symboliques percussions nègres du devoir de mémoire qui caressent pour des temps indéfinis toutes les profondeurs du terroir Pointe Noirien.

Plongé dans un silence parfumé d'espérance et de plénitude résurectionnelle de champs de goyave, de vanille, de café, de forêts de flamboyants, de courbarils et de rivières chantantes, prêtons l'oreille de la sagesse aux éternels échos de boula de la souffrance séculaire des fils et des filles d'Afrique déportés qu'amène le redempteur vent des montagnes endormies de plaintes, de douleurs et de cris.

Entendez vous le déchirant son du ''conque à lambis''empourpré de deuil sans fin qui place en tout homme et en toute femme du pays, les écarlates notes d'un troublant passé écorché d'invasions, de déportations, de glaives, de chaines, de fouet, de semonces guerrières, de trahison et d'insurrection?

Peuple de charpentiers, menuisiers de Pointe Noire, connaissez vous les riches secrets que renferment les ''Touffus bois de Sueur de mon front, de Fendre fouque, de Derrière l'Enfer, de bois noir et de Fond à congos?

Vous n'êtes pas sans savoir que les fins fonds du pays Pointe Noirien furent un berceau de Cimarrons aux couteaux aiguisés de liberté et d'équité. Ces nègres marrons comme Salomon ''Grand Zoulou'', Mine du Congo, le Nègre Louis Manuel, ''Gueule rouge'' et bien d'autres qui combattaient l'oppression et la terreur que semait la milice esclavagiste d'un certain David!

Ces lieux de qualité étaient un piège pour tous ceux qui voudraient s'y aventurer. Pointe Noire est un monument d'histoire et de patrimoine parmi tous les monuments du papillon guadeloupéen éprise des horizons de vérité!

Ressentez vous sur votre dos d'arrières petits fils d'esclaves mes chers Pointe Noiriens les traces du génocide fouet esclavagiste administré par un Saint Léon de Capdeville de Mahault, d'un Louis Gosse de Gommiers et d'un Joseph Lanaspeze des hauteurs d'Acomat?

Connaissez vous chers collègiens, lycéens, étudiants et patriotes du pays, l'histoire romanesque de la Rosillette des mornes des Gommiers?

En cette commémoration du bicentenaire de 1802, je me permets de vous présenter ce documentaire qui est la résultante de plusieurs jours et de plusieurs semaines.

Rédiger une documentation historique n'est pas une tâche facile dans ce monde rongé par les pustules de l'avidité démesurée. La rigueur d'une telle entreprise psychosociologique qui se veut d'être le don du partage du délicieux et enrichissant pain de la connaissance, avec toutes les bouches qui veulent nourrir de la fertile manne de ces grands hommes qui marquèrent de leur vie la destinée de Pointe Noire, ne doit pas se perdre dans des dérangeants carcans et des bâtisseurs de quolibets et des beaux phraseurs des sentiers de crapulerie!

Chers concitoyens, la conservation de notre mémoire collective dépasse tous les clivages, toutes les politiques politiciennes, tous les discours emphatiques, des traces de la déraison et de la considération chétive.

L'histoire et le destin ne font pas de sentiments aussi bien que la parole des anciens, restera toujours au nom de la civilisation universelle, la mémoire du peuple!

Il convient de souligner aussi que parler de l'histoire sociologique de Pointe Noire constitue un trésor authentique d'une valeur inestimable pour la postérité future car au déclin de ma vie, s'il fallait recommencer, je n'aurai pas pu porter ce casque de courage, ce bouclier de la sagesse et d'espérance qui m'ont permis de briser cette armure du mutisme qui animait comme tradition et dévotions nos aïeux!

Bernadine le monument vivant, Elise la puissance de l'esprit, Gaston Mousson la raison cultivée et mon grand père Gabriel Fauchez le patriache de la famille, ce sont ces griots de mon enfance quand j'étais le jeune Marthélus des Plaines, qui ont mis dans mon sang, la passion de l'histoire!

Sous le soleil dardant d'aplomb, je sillonnais les sentiers battus de la commune en quête de récits et de témoignages, car dans ce monde bouleversé de souffrances les plus ignobles, où la peur muette et le souçi grandiloquent de ce que sera demain prédominent, il vaut mieux selon moi, de remonter dans le temps pour découvrir les vérités qui édifient le combat pour le salut de la bonne conscience.

Il est vrai chers compatriotes, que la science a sa grandeur, que la misère, ses faiblesses et l'injustice, ses réactions, cependant les préjugés et les bassesses sont les éléments que nous devons mépriser car ils sont néfastes pour la société et pour l'humanité, et surtout pour la guérison de l'esprit!


Sébastien Sabattini