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Noirs et blancs encore en opposition

ou l'élection de la première puissance mondiale résumée à une couleur de peau


Rédigé le Jeudi 17 Janvier 2008 à 14:35 commentaire(s)
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Remarquant dans un kiosque un périodique guadeloupéen (Sept magazine), hebdomadaire régional d'information générale (dixit), j'ai été choqué, de prime abord par son titre : « Un Noir à la conquête de la Maison Blanche » (les majuscules respectées). Outre le fait d'une opposition Noir-Blanc, je n'ai pas trouve ce titre pertinent (on parle quand même d'élection présidentielle aux USA). Première impression : on parle encore Noir-Blanc et ce pauvre Barrack OBAMA va encore être communautarisé, sectorisé, réduit à sa plus simple expression, sa couleur de peau...puisqu'il n'est pas seulement noir, je tenais à porter à votre connaissance le parcours de cet homme INCROYABLE


Noirs et blancs encore en opposition

Petite définition : edito

A chaque fois que j'écris un édito qui me tient à coeur, j'ai toujours des petits mails de désapprobations, des regards insistants, des remarques sur la forme et pas le fond, bref des mesquineries qui me désobligent, afin de clarifier les choses, voici deux définitions de l'édito :

article qui reflète la position de l'éditeur ou de la rédaction sur un thème d'actualité. Il peut aussi servir à mettre en valeur un dossier publié dans le journal. Originellement cantonné aux premières pages des journaux de presse écrite, l'éditorial se retrouve aussi dans des émissions de radio et de télévision, sur des sites Web d'information et sur des supports multimédias. Il est généralement signé par le rédacteur en chef du journal.
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Abréviation de “éditorial”. Rédigé par le rédacteur en chef ou le directeur de la rédaction, l'éditorial est un texte de réflexion et de commentaire, soit réaction à une actualité donnée, soit réaffirmation périodique de l'orientation de la publication.


Site internet du Ministère de la Culture

Ceci étant clarifié, passons à l'actualité.

BARACK OBAMA : un noir originaire du Kenya ?

Barack Obama est hawaien, il est né à Honolulu, son père est effectivement d'origine kenyane et d'éducation musulmane ( le deuxième prénom oublié des médias pour l'instant est d'ailleur Hussein, mais effectivement ce n'est pas le moment des révélations !?! ), depuis que Mr Omaha Barack à deux ans il a vu son père une seule fois (pas facile pour transmettre les traditions afraicaines !) sa mère est chrétienne est directement descendante de Jefferson David, le président des États Confédérés d'Amérique qui le 29 avril, devant le Sénat de Montgomery, Jefferson Davis prononce des propos racistes, traitant les noirs de sauvages et qualifiant l’esclavage des noirs de mission civilisatrice et de devoir chrétien ...
Vous en découvrirez de bien pire dans l'histoire récente des Etats Unis, pour autant j'imagine bien que ce n'est pas ce passage dans l'histoire de sa famille qui sera mis en avant aux prochaines élections...
« Barack » signifie « béni » en hébreu, en arabe et swahili, Barack Obama a également une ascendance irlandaise, un de ses grand-pères a émigré du comté irlandais d'Offaly, il possède également une décendance française à la huitième génération, aprés un rémariage de sa mère et un début d'enfance en indonésie il sera scolarisé à l'école Punahou, un prestigieux lycée où fut inscrite autrefois la famille royale d'Hawaï. (ca c'était pour la présentation du pauvre américain qui s'attaque à la maison blanche).
Obama étudie deux ans au Collège occidental de Californie avant d'entrer dans la prestigieuse Université Columbia de New York. Il en sort diplômé en science politique et en relations internationales. Il quitte Chicago pendant trois ans pour étudier le droit à la prestigieuse faculté de droit d'Harvard (Harvard Law School) dont il sera diplômé magna cum laude. (nous nous permettons de vous rappeler que les coûts d'université au USA sont horriblement chères, Harvard représente, par exemple, l'élite des étudiants américains, mais l'élite de ceux qui peuvent payer (les droit d'inscription s'élèvent à eux seuls à $45600 -32 000 euros par an auxtaux actuel, nous aurons la descence de ne pas vous parler des frais de scolarité en sus....)
Barack Obama a déclaré avoir été musulman mais être passé par l’Eglise unie du Christ de la Trinité pour finir officiellement membre de la United Church of Christ , une église ‘congrégationaliste’ de la nébuleuse protestante. Il a prété serment sur la bible et des leaders juifs sont venu à l’aide d’Obama lorsque ces électeurs recevaient des mailing attestant qu'il était encore musulman....
Pour finir le tour d'horizon et mes sous entendus sur le titre « un Noir à la conquète des la Maison Blanche », ce titre a été utilisé par beaucoup de journaliste et magazine comme AFP, Libération,
express, tribune de genève
..... et tant d'autres, pour autant en savez vous plus ?
Noir, kenyan, musulaman, protestant, chatolique, riche, ancetres racistes,........est ce vraiment un de ces détails qui doit résumer un homme dans son entité et ses possibilités ? N'est ce donc que CA la politique, découvrons ensemble Barack Obama !

Barack Obama : Une carrière aux côtés des pauvres contre Bush !

« Yes we can » (« Oui, nous le pouvons »).
« Yes we can » (« Oui, nous le pouvons »).
Il commence une carrière professionnelle dans les finances, s'installe à Chicago. Il choisit alors de travailler comme animateur social dans les quartiers pauvres.
Il deviendra plus tard le rédacteur en chef de la prestigieuse Harvard Law Review, son premier fait d'armes. Au lieu de choisir d'intégrer un grand cabinet d'avocats comme la plupart des diplômés, il choisit de défendre les victimes des discriminations raciales et va acquérir une situation privilégiée dans un cabinet juridique spécialisé dans les droits civiques

En 1996, Obama est élu au Sénat de l'État de l'Illinois dans la circonscription des banlieues sud de Hyde Park à Chicago. Il préside la commission de santé publique quand les démocrates reprennent la majorité au sénat local.
Barack Obama est alors catalogué comme un élu libéral (progressiste au sens américain). Il soutient les législations en faveur de l'extension de la couverture médicale aux plus démunis, se fait le défenseur de la cause des gays et des lesbiennes et fait augmenter les fonds destinés à la lutte contre le SIDA.
Barack Obama reste donc au Sénat de l'État où il fait voter une réforme progressiste sur l'application de la peine de mort dans l'Illinois.
En juillet 2004, il se fait remarquer en prononçant un des discours clés de la Convention démocrate à Boston désignant John Kerry comme candidat du parti à l'élection présidentielle. Il y fait l'apologie du rêve américain, de l'Amérique généreuse en les reliant à ses origines familiales. Il en appelle à l'unité de tous les Américains et dénonce les « errements » et l'« extrémisme » diviseur de l'administration de George W. Bush.
Le 2 novembre 2004, après avoir balayé quelques mois plus tôt ses adversaires démocrates lors des primaires, Barack Obama est élu au Sénat des États-Unis avec 70 % des voix contre 27 % à son adversaire républicain, l'ancien ambassadeur et chroniqueur politique conservateur afro-américain Alan Keyes. Le score ne fut pas une surprise car pendant plusieurs mois, Obama avait fait une grande partie de sa campagne électorale sans aucun opposant désigné contre lui à la suite du retrait en dernière minute de Jack Ryan, le candidat républicain vainqueur des primaires, englué dans une affaire scabreuse avec son ex-épouse. Ce n'est que deux mois avant l'élection, que Alan Keyes fut désigné comme candidat républicain en dépit du fait qu'il résidait au Maryland, n'avait aucun lien avec l'Illinois et qu'en 2000, il avait dénoncé le parachutage d'Hillary Clinton à New York.
Le 16 janvier 2007, il annonce la création d'un comité exploratoire en vue de lever des fonds pour une candidature aux élections présidentielles de 2008 et le 10 février 2007, a officiellement déclaré sa candidature à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle américaine de 2008 et ce, malgré son inexpérience relative et la concurrence dans le camp démocrate d'Hillary Clinton, jusque-là favorite pour les primaires. Le 15 décembre 2007, il a reçu l'appui du prestigieux quotidien national, le Boston Globe
Tout au long de l'année 2007, pendant la campagne aux primaires du Parti démocrate, il a insisté sur le fait qu'il incarnait le changement et qu'il s'opposait à la politique partisane. Sa candidature enthousiasme une partie des électeurs indépendants et des jeunes
Le 3 janvier 2008, Barack Obama a remporté les élections primaires dans l'État de l'Iowa (les caucus) avec 38% des suffrages exprimés, loin devant le sénateur John Edwards (30%) et l'ancienne First Lady Hillary Clinton qui a obtenu 29%. Le 8, il perd dans le New Hampshire (37%) contre Hillary Clinton (39%) malgré des sondages l'annonçant grand favori avec 10 points d'avance. Son discours de défaite est teinté d'espoir et de remotivation. De cette défaite Barack Obama tire son nouveau slogan : « Yes we can » (« Oui, nous le pouvons »).

Présidentielle aux Etats Unis : sexe, religion et couleur de peau ?

Présidentiable parce qu'il a toutes les capacités à être Président
Présidentiable parce qu'il a toutes les capacités à être Président
Par ce sous titre provocateur nous résumons des faits établis : toute une comunauté et antillaise incluse, souhaiterait résumer son élection à sa couleur de peau, les élus martiniquais et guadeloupéens sous le charme, soulignant tous en coeur la preuve d'un changement de mentalité dans ce pays..... Mais est ce vraiment la carte que joue Obama ? Le futur président des Etats Unis serait juste élu pour une question de sexe, de religion ou de couleur de peau? (avec Hillary Clinton c'est femme contre homme ; avec Barack Obama, c'est Noir contre Blanc, entre eux c'est catholique contre protestant (musulman...) ?).....

Emmanuel Giannesini décrypte les propos tenus par l'essayiste Debra Dickerson sur le sénateur américain.

i["La course à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine se jouera probablement entre la sénatrice de New York, Hillary Clinton, et le sénateur de l'Illinois, Barack Obama. C'est-à-dire entre une femme et un Noir. Laquelle des deux « minorités » par tradition acquises à la gauche américaine sera récompensée de son attente ? Au vu du succès rencontré par le premier candidat noir pouvant accéder à la Maison Blanche, cette dernière hypothèse suscite dans les rangs de l'intelligentsia libérale
(« de gauche » en langage politique américain) une controverse aussi aiguë qu'ambiguë. La sentence provocatrice de Debra Dickerson, l'auteur du best-seller The End of Blackness, en constitue un signe manifeste. Mais comment oser accuser Barack Obama de n'être pas noir, si sa peau l'est ?
Pour Debra Dickerson, les seuls « Noirs » (Afro-Américains) sont les descendants des esclaves raflés en Afrique de l'Ouest pour servir dans les plantations des premières colonies. Africain de l'Est par son père, Blanc par sa mère, Barack Obama, d'après elle, ne partage rien de cet héritage. Pire, son diplôme de Harvard, son sourire ravageur, son côté Tiger Woods de la politique le désigne comme la figure rassurante du Noir consensuel, non revendicatif, qui offre aux Blancs l'opportunité de dire qu'ils ne sont pas racistes sans accueillir pour autant « la question noire » dans l'agenda politique. C'est ce qui explique le soutien très modéré apporté par les piliers du mouvement noir, le révérend charismatique Jesse Jackson et le NAACP (National Association for the Advancement of Colored People).
Cette controverse puise ses racines au plus profond du débat politique américain. Pour une nation née du désir de liberté et dont la déclaration d'indépendance s'ouvre sur les mots « […] tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur », l'esclavage constitue un péché originel. Nombreux sont les analystes blancs à juger qu'une sorte d'impensé autour de la question raciale entrave encore les chances d'une véritable démocratie. Tocqueville, en aristocrate libéral de son temps, observait déjà : « Le plus redoutable de tous les maux qui menacent l'avenir des États-Unis naît de la présence des Noirs sur leur sol. […] Le préjugé qui repousse les nègres semble croître à proportion que les nègres cessent d'être esclaves et que l'inégalité se grave dans les moeurs à mesure qu'elle s'efface dans les lois. »
Mais si la controverse suscite aussi un malaise, c'est peut-être parce qu'elle évoque la querelle des universaux qui a structuré la logique et la théorie de la connaissance de l'Antiquité tardive jusqu'à la Renaissance. Obama, « objectivement noir », quant à sa couleur de peau, incarne-t-il l'idée du « Noir » ? Ou, pour reprendre l'exemple donné par Thomas d'Aquin dans sa Somme théologique, un corbeau blanc est-il encore un corbeau ? Au XIIIe siècle, la querelle des universaux opposait les réalistes aux nominalistes. Pour les premiers, héritiers de Platon, l'idée du corbeau – la « corbeau-itude », si l'on veut – est une réalité en soi irréductible aux individus… Donc, un corbeau blanc n'est pas un corbeau. Au contraire, selon la réponse nominaliste de Guillaume d'Occam, il n'existe que des individus, rassemblés éventuellement par des caractères communs. La corbeau-itude n'a donc aucune réalité : il y a des corbeaux, peu importe la couleur de leur plumage. Le nominalisme a pavé la voie de la liberté du sujet, affranchi de son appartenance métaphysique à une catégorie transcendante ayant Dieu pour origine.
S'il existe un air de famille entre la controverse autour d'Obama et la querelle des universaux, c'est parce qu'est posé dans les deux cas l'enjeu de la liberté des hommes en regard de l'Humain et de son héritage . "]i

Article paru dans PHILOSOPHIE MAG N°11

Le révérend Martin Luther King Jr, est mort assassiné le 4 avril 1968 à Memphis, il était un pasteur baptiste afro-américain, militant pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis et un activiste politique, prix Nobel de la paix en 1964 pour sa lutte non-violente contre la ségrégation raciale alors très forte aux États-Unis et pour la paix. Le 4 avril 1968 à 18h01, Martin Luther King est assassiné. L'assassinat provoque une vague d'émeutes raciales dans 60 villes des États-Unis (125 au total) qui font de nombreux morts et oblige l'intervention de la garde nationale. Personne à cette époque ne s'est rappelé le principe de non violence qu'il pronait, des quartiers entiers ont été assoiffés de sang. Droit civiques, lutte non-violente, son prix Nobel de la paix, sa Médaille présidentielle de la liberté,... toutes son oeuvre, son travail, son temps et ses convictions réduits à une lutte noir / blanc .......qu'avons nous appris de plus aujourd'hui ?


sébastien sabattini