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Le Chevalier Saint-Georges dans les Annales de la Révolution Française


Rédigé le Jeudi 29 Mars 2007 à 04:25 commentaire(s)
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C’est sans aucun doute la toute première fois qu’un Historien se penche véritablement sur le Chevalier de Saint-Georges. C’est dire l’intérêt de cet article d’une vingtaine de pages qui comporte une centaine de références précises et intéressantes.


Chevalier Saint-Georges
Chevalier Saint-Georges
Le titre de l’article révèle l’agacement qui a du être celui de l’auteur à la lecture des différents écrits consacrés au Chevalier et ou chacun tire à hue et à dia selon ses propres préoccupations.

Luc NEMETH accepte cependant d’admettre que le terrain exploré était propice à l’erreur compte tenu du caractère lacunaire des archives de la paroisse du Baillif et du mauvais traitement infligé au Chevalier de Saint-Georges entre autre au cours de sa carrière militaire.

Monsieur Luc NEMETH nous balade alors à travers les siècles et les écrits des Escrimeurs, Musiciens, Musicologues, Chroniqueurs, Journalistes, Philosophes, Romanciers, Historiens Amateurs et autres curieux. Il analyse ces documents en explicitant leurs conformité aux faits historiques et en extrayant les différentes anomalies ou erreurs commises.

Les deux récits de La Boëssières fils et d’Henry Angelo sont alors très précieux et précis face par exemple à « l’aventureuse » notice de la Biographie universelle ou au roman « très louis-Philippard » de Roger de Beauvoir.

Mais nous voici déjà au 20ème siècle avec cette bizarrerie que révèle Monsieur Luc NEMETH : sur une étude de cinquante deux pages un musicologue (Lionel de La Laurencie) en consacre quarante à faire un travail qu’aucun historien n’avait eu envie de faire.

Monsieur Luc NEMETH admet que la Guadeloupe aura toujours manifesté un certain intérêt pour le personnage de Saint-Georges : le Conseil Municipal de Basse-Terre par exemple qui donne le nom du Musicien à une rue de la Ville en 1912 ; les manuels scolaires d’histoire qui mentionnaient avant la départementalisation l’existence du Chevalier au milieu de beaucoup d’autres hommes illustres et remarquables.

Monsieur Luc NEMETH évoque le cas de Gaston Bourgeois et ne s’explique pas comment cet ancien « Chef du Service de l’Enregistrement à Basse-Terre » a pu se tromper dans la désignation du Père du Chevalier, alors même que ses courriers de remerciement au service de Documentation qui de Paris lui envoyait des photocopies, affirment qu’il détenait la quasi vérité de cette paternité bien mystérieuse.

Il faudra alors attendre 1972 les recherches de notre compatriote Odet DENYS, Avocat de profession qui même si il n’a pas appliqué les critères stricts de la recherche donne enfin la bonne identité du père du Chevalier de Saint-Georges.

Monsieur Luc NEMETH ouvrir une très longue parenthèse pour évoquer l’histoire du parcours collectif des protestants français persécutés qui allèrent en hollande, puis au Brésil, puis en Martinique, pour enfin être reçu en Guadeloupe.

Monsieur Luc NEMETH confirme donc la paternité de Georges Bologne de Saint-Georges. Il rend hommage au travail d’historien accompli par le regretté Emil Smidak et trouve pour le moins « original » l’ouvrage commercialisé en 1999 sous le titre de « Monsieur de Saint-George ».

Dans une autre partie, Monsieur Luc NEMETH conduit une analyse fort intéressante en menant la réflexion sur état-civil et identité historique. Il explicite le « silence complet » sur le Chevalier de Saint-Georges confronté aux deux évènements de cette fin de siècle des lumières : la révolution française d’une part et l’esclavage d’autre part. Tabou et désintérêt expliquent cette situation de « non information », laissant la liberté à chacun de s’interroger sur ce que cet homme a pu ressentir lorsqu’il évoque « ses frères » dans une lettre déchirante aux autorités militaires ou lorsqu’il s’interroge sur cette possible troisième voie.

Passant sur la commémoration très parisienne que Monsieur Luc NEMETH qualifie de « triomphalisme de mauvais aloi », il arrive à une conclusion que beaucoup de Guadeloupéens partageront sans doute ; « au-delà de sa personne qui concerne l’historien, Saint-Georges incarne tous ces hommes et toutes ces femmes, Noirs et mulâtres qui là où il se trouvaient, participèrent à la grande révolution. Peu importe qu’ils y aient participé à un moindre rang hiérarchique que le sien, l’important est qu’ils y aient participé à part entière. »


Jean-Claude Halley