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La clef de la réussite, propos de Raymond Guillod ancien maire de Bouillante, décédé.


Rédigé le Vendredi 20 Avril 2007 à 07:06 commentaire(s)
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Le certificat d'études crée en 1884, vécu 103 ans, beaucoup le regrette après sa disoparition le 9 juillet 1987!


Le CEP, un diplôme d'importance!

En 1945, à mon arrivée en tant que directeur d'école dans la commune de Bouillante, il n'y avait plus de résultats scolaires comme il le fut dans le passé. Cela faisait bien des années qu'il n'y eu,ne serait - ce qu'un élève certifié dans la dite commune. Le certificat à l'époque était un diplôme très important. Celui ou celle qui en était titulaire était une référence et possédait une capacité intellectuelle honorable.
d'ailleurs, c'était le seul diplôme qui ornait les murs des salons des cases créoles. Ce diplôme ouvrit les portes de la réussite à beaucoup de bouillantais en les élevant à de très nobles fonctions. Prenons l'exemple d'un président du sénat en l'occurence, René Monoury, qui entra dans les arènes politiques avec un CEP!
Crée en 1884,le CEP a vécu 103 ans, iol cessa malheureusement d'exister le 9 juillet 1987.
Les enfants de Bouillante ne fréquentaient pas l'école régulièrement. Les parents préféraient les emmener à la campagne,dans les champs pour travailler la terre et pour ramasser le ''café rat''.
Mon équipe pédagogique et moi se donnèrent comme objectif premier d'inciter tous les petits bouillantais à remonter les mornes qui les conduisaient à l'école et à reprendre le chemin de l'instruction en promettant à ces bouquets de marmailles une meilleure ambiance et un avenir certain!
La fréquentation scolaire augmenta tant et si bien, qu'il existait en tout, onze classes primaires, 4 dans le Bourg, 5 à Pigeon et 2 à Village.
En 1946, avec la départementalisation, les crédits augmentèrent et le nombre de classes aussi. Des écoles furent construites à Malendure et à Thomas. Cependant à cette époque, le Bourg de Bouillante était un important foyer de maladies tropicales, comme le ''pian'' et notamment le paludisme qui touchait non seulement les élèves mais aussi les instituteurs.
Ces derniers étaient très souvent contaminés par leurs élèves. Alors, certains préféraient fuir la commune rongée par la vermine, il arrivait souvent qu'un poste restait vacant pendant des semaines entières. tous les gens qui s'aventuraient à Bouillante, tombaient malades. La section de Mahault Pointe Noire, limitrophe à Bouillante fut elle aussi contaminée. Une célèbre poétesse d'origine mornalienne de visite à Bouillante fut contaminée en moins d'un mois. Evacuée, elle n'y remis plus jamais les pieds!
En décembre 1945, je fus touché par le fléau, hospitalisé au camp Jacob à Saint Claude. A mon retour au mois de janvier 1946, jai reçu la visite du chef de l'enseignement en Guadeloupe, monsieur MITARD, qui était aussi à l'époque, proviseur du lycée Carnot, accompagnée par son épouse, elle même inspectrice des écoles. Les époux Mitard, constatèrent tout de suite mon état de santé précaire. Ils me proposèrent alors, un poste plus élevé dans l'enseignement complémentaire à Pointe à Pitre. Mais, à leur grande stupéfaction, j'ai refusé catégoriquement. Je tenis à rester à Bouillante pour mettre en évidence la culture et les valeurs constructives. Il y avait du travail à faire et les bouillantais étaient gentils. Cette offre était vraisemblablement la meilleure que l'on puisse me proposer, mais l'intelligence était la seule faculté d'adaptation. Le travail fut prospère, si bie que dès la seconde année, il y eu 5 certifiés, la troisième année 7, puis ensuite, 12,13,14 et le nombre augmenta à tel point qu'à un certain moment, il y avait beaucoup plus d'élèves admis au CEP dans mon établissement qu'il y en avait à Pointe Noire où le niveau d'études au départ était plus élevé!
Il convient de noter que les instituteurs étaient très strictes sur la discipline et ne pardonnaient nulles négligences de comportements ni d'attitudes de langage. Les élèves ont du laisser leur doux patois créole dans leur case pour se familiariser avec les embûches de la grammaire française.
A l'école, la journée commençait par le chant, venait ensuite la leçon de morale quptidienne, suivie de la récitation....................lorsque l'enfait parait, le cercle de famille applaudit à grands cris. son doux regard qui brille, fait briller tous les yeux!
Des détails, des charades, des poésies qui sont profondémment ancrés dans les mémoires de tous ceuxqui ont obtenu le certificat d'études primaires!











Raymond Guillod