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L'opposition conteste l'élection de Yar'Adua au Nigeria


Rédigé le Lundi 23 Avril 2007 à 16:23 commentaire(s)
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Umaru Yar'Adua (photo), obscur gouverneur choisi par le président sortant Olusegun Obasanjo pour lui succéder à la tête du Nigeria, a été proclamé lundi vainqueur d'une élection présidentielle entachée par les violences et les irrégularités, contestée par l'opposition et jugée non crédible par les observateurs européens. /Photo prise le 21 avril 2007/REUTERS/Radu Sigheti - © REUTERS


Umaru Yar'Adua
Umaru Yar'Adua

Umaru Yar'Adua

Umaru Yar'Adua, obscur gouverneur choisi par le président sortant Olusegun Obasanjo pour lui succéder à la tête du Nigeria, a été proclamé lundi vainqueur d'une élection présidentielle entachée par les violences et les irrégularités, contestée par l'opposition et jugée non crédible par les observateurs européens.

Le chef de la commission électorale (Inec), Maurice Iwu, a annoncé que le candidat du parti au pouvoir, Umaru Yar'Adua, avait obtenu samedi 24,6 millions de voix, contre 6,6 millions à son rival le plus proche, le général Muhammadu Buhari, du Parti de Tout le Peuple du Nigeria (ANPP, opposition).

Le vice-président sortant Atiku Abubakar, du Congrès de l'Action (AC), a recueilli 2,6 millions de suffrages.

Yar'Adua s'est déclaré "profondément honoré" et a fait part de sa volonté de s'adresser à l'opposition. "J'ai l'intention d'inviter (les opposants) à s'associer à moi pour travailler en faveur de ce pays", a-t-il dit.

Ce scrutin, premier passage de témoin entre deux présidents civils depuis l'indépendance en 1960, a été émaillé de fraudes, de violences, de bourrages d'urnes ainsi que par une pénurie de millions de bulletins de vote.

"On ne peut pas dire que nos élections aient été parfaites", a reconnu dans une allocution à la Nation le sortant, Olusegun Obasanjo, en citant des dysfonctionnements d'ordre logistique, des violences, des vols d'urnes et la fraude.

L'orateur a accusé "certains responsables politiques" d'avoir fomenté des troubles et recruté des voyous pour parvenir à la victoire. Mais, a-t-il ajouté, les Nigérians ont fait montre de leur foi dans la démocratie.

UN SCRUTIN "GROSSiÈREMENT TRUQUÉ"

"Rien ne devrait être fait pour faire perdre à nos concitoyens leur foi dans le processus électoral et son issue démocratique", a souligné Obasanjo.

Invoquant un scrutin "grossièrement truqué", les deux principaux candidats de l'opposition ont contesté la victoire d'Umaru Yar'Adua.

"La commission nationale électorale (Inec) a annoncé à la face du monde les résultats les plus grossièrement truqués de l'histoire du Nigeria, surpassant même les fraudes massives de 2003", a déclaré Muhammadu Buhari, arrivé deuxième selon les résultats officiels. Atiku Abubakar, arrivé troisième, a également rejeté les résultats officiels.

A Kano, plus grande ville du nord du pays, des milliers de partisans du candidat Buhari, armés de gourdins, ont allumé des feux dans les rues après l'annonce du nom du vainqueur. La police est intervenue en tirant des gaz lacrymogènes et a arrêté plusieurs manifestants, ont constaté des témoins.

Max van den Berg, chef de la mission d'observateurs de l'Union européenne, a déclaré dans un communiqué: "Ces élections n'ont pas été à la hauteur des espoirs et des attentes du peuple nigérian, et le processus ne peut pas être considéré comme crédible."

Les observateurs européens se sont prononcés pour une action urgente à propos du scrutin, se gardant toutefois de réclamer son annulation et la tenue d'un nouvelle consultation.

UN QUASI-INCONNU ACCUSÉ D'ETRE UNE "MARIONNETTE"

Même attitude de la part des Etats-Unis, où le département d'Etat a parlé d'"élections imparfaites et, dans certains cas, extrêmement imparfaites".

En revanche, une équipe d'observateurs nigérians issus de la société civile (TMG) a préconisé l'annulation pure et simple du scrutin et la tenue d'une nouvelle consultation. "L'élection a été une mascarade, un système démocratique fondée sur semblable fraude ne peut avoir une quelconque légitimité", estiment-ils.

Sur la scène internationale, plusieurs pays ont toutefois émis l'espoir que le Nigeria, "locomotive" économique de l'Afrique de l'Ouest, émerge comme un facteur clé de propagation de la démocratie sur le continent.

Obasanjo, qui avait tenté en vain de faire amender la Constitution pour pouvoir se représenter une troisième fois d'affilée, a exhorté les partis s'estimant lésés à saisir la justice.

Muhammadu Buhari a demandé que le Parlement vote la destitution d'Olusegun Obasanjo, dont l'élection en 1999 avait mis fin à une série de régimes militaires.

On estime à 65 le nombre de personnes décédées de mort violente en relation avec les élections au poste de gouverneurs d'Etat du 14 avril et la présidentielle du 21 avril.

"C'est la pire élection de toute l'histoire du Nigeria (...). Il n'y a pas d'autre solution que de tout annuler", a déclaré Atiku Abubakar.

Le nouveau président, un quasi-inconnu propulsé à la tête du pays grâce au parrainage d'Olusegun Obasanjo, était accusé avant le scrutin par ses détracteurs d'être une simple "marionnette" aux mains de son prédécesseur. Cet homme de 56 ans, gouverneur de l'Etat de Katsina, dans le Nord, est le premier président du Nigeria à être diplomé d'une université.

Les cours mondiaux du pétrole ont grimpé lundi dans la crainte de troubles au Nigeria, huitième producteur mondial d'hydrocarbures.



sébastien sabattini