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Guide de Guadeloupe

Ignace

Un des officiers refusant de se soumettre à Richepance


Rédigé le Mercredi 26 Janvier 2011 à 10:26 commentaire(s)
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Bien des histoires courent sur Ignace, que beaucoup voit comme symbole d'insoumission des noirs facent aux blancs. La quête d'identité et de vérité du peuple guadeloupéen a divisée l'histoire : Ignace était-il noir ou mulâtre, était il esclave ?


Ignace
Ignace

Biographie d' IGNACE

Selon l'hypothèse la plus vraisemblable, Ignace, mulâtre, natif de Capesterre, est le fils d'une négresse libre appelée Robertine et d'un blanc, dont le nom est inconnu. En 1790, il se marie à Petit-Bourg avec la métisse libre Sophie.
Il apparaît dans le contrat de mariage comme mulâtre libre et appelé simplement Ignace.
Ignace est donc libre de couleur avant l'abolition de l'esclavage. Sa mère lui donne trois esclaves lors du contrat de mariage. Au début de 1792 à l'époque où la colonie est administrée par les aristocrates, il est geôlier de sa commune natale.

A la fin de 1792, Ignace est mentionné comme fervent partisan des royalistes à Trois-Rivières (commune voisine de Capesterre). Un arrêté du 5 septembre 1793, donne la possibilité aux libres de couleur de choisir un nom de famille.
Bénéficiant de cette mesure, Ignace prend comme patronyme Ignace et utilise le prénom de Joseph.
Ignace semble absent de Guadeloupe en 1793 et 1794.
Le 24 février 1795, Rose, fille de Sophie Ignace, décède à Saint-Pierre (paroisse du Mouillage). Il est possible que cette Sophie Ignace soit la femme de Joseph Ignace.
Le couple aurait alors émigré avec les royalistes en 1793, en Martinique.
Cette hypothèse expliquerait que Joseph Ignace n'apparaisse pas dans les sources en 1793 et 1794.
Joseph Ignace aurait profité de la reconquête de la Guadeloupe par Victor Hugues, pour rentrer dans la colonie. Il apparaît comme lieutenant du 2ème bataillon stationné à Basse-Terre, le 16 mars 1795.
En 1798, toujours en garnison à Basse-Terre, il est capitaine du 4ème bataillon. Transféré à Pointe-à-Pitre, en 1798, il est capitaine du 1er bataillon qui devient le 2ème, en juillet 1801. Le 14 novembre 1798, à Port-de-la-Liberté (Pointe-à-Pitre), Joseph Ignace reconnaît son fils naturel Joseph-Chéry, d'une union illégitime avec Louise-Emilie.
En mai 1800, il est membre du conseil de guerre.
Un document de juin 1801, indique que pendant sa carrière militaire, les enfants mineurs d'Ignace ont pour tuteur officieux, Jean François Fabien, petit-fils de Jean-Baptiste Fabien, aubergiste dans le bourg de Capesterre.

Ignace est à l'origine de la journée du 21 octobre 1801.

C'est encore lui qui arrête Lacrosse, le 24 octobre. Il est ensuite nommé, chef du 2ème bataillon, stationné à Pointe-à-Pitre.
A l'arrivée de Richepance, il commande la garde d'honneur chargée d'accueillir le général français, le 6 mai 1802.
Il refuse de se soumettre à Richepance et s'échappe dans la nuit du 6 au 7 mai.
Il rejoint Basse-Terre, en passant par Petit-Canal et la Côte-sous-le-Vent.
Il participe aux combats de Basse-Terre et du Fort Saint-Charles, du 10 au 22 mai.
Il est vaincu à la bataille de Baimbridge par les troupes de Gobert.

Sur le point d'être fait prisonnier, il se suicide, le 26 mai 1802.

Contrairement à une idée trop répandue, Ignace n'est pas noir, mais mulâtre. Il n'est pas esclave, mais libre de couleur. Il sait d'ailleurs signer et écrire.

Source : LAMECA, Médiathèque Caraïbe - Conseil Régional Guadeloupe


sébastien sabattini