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EXISTE-T-IL UNE TRADITION ARTISTIQUE GUADELOUPEENNE ?

Conférence de Alain Caprice au lycée Gervile Réache de Basse - Terre


Rédigé le Mercredi 25 Février 2009 à 08:49 commentaire(s)
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Tout peuple a besoin de fondements et de traditions fortes pour exister et se projeter dans l’avenir. Le fait pour nous de l’existence d’une “tradition guadeloupéenne” est donc une évidence.


TRADITION

Danseuses de Gwo Ka, festival de Menton, photo IOCP info France
Danseuses de Gwo Ka, festival de Menton, photo IOCP info France
“Manière d’agir, de penser, transmise de génération en génération à travers les doctrines, légendes, us et coutumes.”

C’est également:
Ce qui nous a été transmis et qui fait aujourd’hui partie des caractères
propres de la “personnalité guadeloupéenne”:
- La musique (gwoka, biguine, quadrille…)
- La danse (léwôz, biguine, zouk…)
- Le chant (bouladjèl, léwôz…)
- L’art culinaire (court-bouillon de poisson…)
- L’art vestimentaire (robes créoles, têtes “maré”… bijoux créoles)
- L’habitat (rue cases-nègres, maison de maître…)
- Les contes et légendes (oralité: zamba, tig, lapin, léfan)
- La navigation maritime (yole, gommier, pripri…)
- Le langage (communication)
Ces divers éléments, même s’ils sont devenus, avec le temps,constitutifs d’une “tradition,”étaient avant tout basés sur des fonctions socioéconomiques <essentielles comme se nourrir, s’abriter, se vêtir, se déplacer, communiquer, sans, à priori, aucune part laissée au plaisir, (les colonies étant avant tout des mines à exploiter, avec une main d’oeuvreplus animale qu’humaine) la “tradition guadeloupéenne”s’est construite de manière originale, sur des fondements divers tant amérindiens qu’européens, africains ou indiens utilisant des matériaux préexistants,lesquels, toujours basés sur une fonction socio-économique de l’utilitaire, de l’immédiateté et du mimétisme (dans le rapport hégélien de la dialectique du maître et de l’esclave) ont permis l’émergence du concept de “CREOLITE”.
La force d’exister des peuples francophones de la Caraïbe réside dans leur faculté de “créoliser” le vécu.
Nous sommes un peuple jeune, d’à peine 150 années. Nés pour une grande part de l’esclavage, nous sommes avant tout un peuple d’oralité. Toutes nos traditions, à l’inverse de beaucoup de peuples du monde, se sont transmises par la voie de l’oralité, de bouche à oreille, avec toutes les
pertes que cela a pu engendrer au gré des mauvaises transmissions et des déformations. L’on peut donc comprendre que la non-accession, par le fait même de l’esclavage, à la réflexion et à l’outil scriptural n’a pu permettre la naissance d’une écriture ou de représentations picturales
d’aucune sorte.
En outre, le système colonial français de domination (à l’inverse des systèmes coloniaux espagnol et anglais qui eux, ne tiraient profit que dans le pillage systèmatique des ressources naturelles des pays conquis, faisant peu de cas de “l’Homme”) s’acharnait, par la destruction des structures mentales des peuples qu’il colonisait, à les transformer, les aliéner au point de leur faire accepter le fait que la seule finalité de leur vie était de devenir blanc. Le catholicisme concourrait alors pleinement à ce projet, détruisant croyances, us et coutumes, panthéon, les remplaçant par les divers outils d’évangélisation (et malgré une certaine résistance que l’on peut retrouver dans les contes mettant en scène compère Zamba, compère tigre, compère lapin, compère éléphant…)

ART: - Expression désintéressée et idéale du Beau.-

Ensemble des activités humaines créatrices qui traduisent cette expression.
- Ensemble des disciplines artistiques notamment celles qui sont consacrées à la beauté des lignes et des formes.
- Beau : qui suscite un plaisir, un émerveillement admiratif.
Il faut maintenant se poser la question : S’il existe une tradition artistique, comment la transformation, le passage de “Tradition” à “l’Art” a-t-il pu se produire?

N’oublions pas que les nègres esclaves étaient considérés comme du bétail.
Même les animaux les plus robustes, dans les efforts qui leur sont demandés, font l’objet de temps de repos. De même en a-t-il été pour les nègres esclaves.
Le maître l’ayant ainsi compris, ils furent gratifiés d’une journée de repos toutes les semaines. Ils purent dès lors se retrouver entre eux dans un contexte autre que celui du travail forcé, avec une certaine liberté accordée de se délasser en jouant du tambour, chanter, danser, conter, boire.
Ainsi naquirent les premières manifestations “artistiques”, non prédéfinies comme telles, mais regroupant tous les ingrédients constitutifs de l’émergence d’une CULTURE, dans un espace de LIBERTE laissé aux esclaves.
- Le tambour (réminiscence ancestrale, base culturelle)

Alain Caprice


Jean-Jacques coudiere