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Guide de Guadeloupe

Commémoration de l'abolition de l'esclavage en Guadeloupe

Devoir de mémoire et respect des anciens


Rédigé le Jeudi 5 Mai 2011 à 03:00 commentaire(s)
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Loin de toute polémique de date ou d’abolitionniste, nous avons juste voulu vous fournir quelques textes et orientations pour vous aider dans ce devoir de mémoire.


Atout Guadeloupe et écrire sur l'esclavage en Guadeloupe

Le 10 mai et le 27 mai, la Guadeloupe, commémorera l'abolition d'une infamie : l'esclavage.
Le sujet est tellement brûlant dans les âmes guadeloupéennes que nous nous risquons à aider ce devoir de mémoire en écrivant cet édito qui, nous l'espérons, vous sera utile

LES RUBRIQUES D'ATOUT GUADELOUPE SUR L'ESCLAVAGE EN GUADELOUPE
Vous pouvez déjà relire ce qui a été écrit depuis le début de la vie de ce site sur ce sujet :
esclavage : dernière vision de goret
abolition de l'esclavage : abolition dans le monde
abolition aux antilles : abolition aux antilles, Guadeloupe et Martinique
10 mai 1802 : Proclamation de Louis Delgrès
Guadeloupe, esclavage : le futur musée de l'esclavage
''la parole des anciens est la mémoire du peuple'' : Par Marthélus ladine , historien
'esclavage, paradis des colons et enfer des Nègres'
un tyran parmi les tyrans
Edito de SABATTINI SEBASTIEN sur le 10 mai : commémoration de l'abolition de l'esclavage : La polémique de date

La période précolombienne - De la découverte de la Guadeloupe à 1848 - De l’abolition de l’esclavage à l’assimilation (1848-1946) - De 1946 à nos jours

La période précolombienne

Les premiers occupants de l'archipel : les populations amérindiennes.

La Guadeloupe, comme la plupart des îles des Petites Antilles, a été visitée dés que l'homme a appris à naviguer, c'est à dire il y a 4 000 à 5 000 ans.

Les premiers amérindiens connus sont des groupes dits "précéramiques" de chasseurs collecteurs, non sédentaires venus de l'actuel Venezuela, en passant par Trinidad.
Ces petits groupes de nomades s'installaient de préférence dans les zones de mangrove riches en coquillages et en gibier.
Une fouille archéologique réalisée à Saint-François en 1992 a permis la découverte d'un niveau archéologique profond contenant de nombreux restes alimentaires et un outil rudimentaire en coquillage, qui a pu être daté par le radiocarbone de 1000 ans avant Jésus Christ.
A Saint Martin ,les archéologues ont découvert plusieurs sites précéramiques daté de 1000 à1600 avant Jésus-Christ.

Ces groupes de chasseurs ont été suivis par une population plus organisée d'agriculteurs venus des hauts plateaux de l'Orénoque et baptisés Huécoîdes.
Ce sont les premiers agriculteurs venus coloniser les Petites Antilles : ils apportent avec eux tabac, manioc, patate douce.
L'archéologue a découvert derrière eux platine à manioc, inhalateurs et, comme à Morel (commune du Moule) des sépultures accompagnées de splendides amulettes en pierres semi précieuses, visibles au musée Edgar Clerc.

Il sont suivis, au début de notre ère par des groupes dits saladoïdes, également agriculteurs originaires de l'est du Venezuela.
Ces "saladoïdes"s'installent de façon plus durable (prés de six siècles en Guadeloupe) et s'adaptent au milieu insulaire.
Ils sont à l’origine de nombreux sites de roches gravées (ou pétroglyphes), de très belles poteries ornées de figurines mystérieuses (les fameux adornos) ou colorées par des teintures minérales.

Vers 600 après J.C une nouvelle migration originaire des côtes de Guyane s'installe au sud des Petites Antilles et monte des expéditions guerrières vers les îles situées au nord.
Ces expéditions marquent la fin des groupes saladoïdes.

En 800 après J.C une nouvelle culture dite « Suazey » est implantée sur presque toutes les Petites Antilles.

La dernière migration amérindienne est historiquement attestée: il s'agit des Galibis de Guyane française qui s'installent en Guadeloupe un ou deux siècles seulement avant l'arrivée de Christophe Colomb, le 4 novembre 1493.

Les fouilles menées par le service archéologique de la région Guadeloupe sur la plage de Roseau à Capesterre Belle Eau ont attesté leur présence entre 1450 et 1520 soit au moment de l’arrivée de Christophe Colomb.



De la découverte de la Guadeloupe à 1848

La colonisation européenne

L'arrivée de l'Amiral Christophe Colomb et sa rencontre avec les Caraïbes n'a pas été immédiatement suivie d'une colonisation de l'île par les européens : la Guadeloupe ne présentait pas de grand intérêt pour les premiers conquérants principalement en raison de l'absence de gisements aurifères. Par contre, elle a longtemps servi d'escale aux navires venant directement d'Europe, afin de s'alimenter en eau et de faire parfois provision auprès des occupants caraïbes.
La rivière du Gallion , à Basse Terre aurait été un de ces lieux "d'aiguade", d'où son nom.
Ce troc était assez fréquent entre le moment de la "découverte" et l'occupation de l'île par les français en 1635.
C'est le 28 juin 1635 que Charles Liènard de l'Olive et Jean Du Plessis d'Ossonville occupent et se partagent la partie de l'île la plus propice à la culture : la Guadeloupe, que nous appelons aujourd’hui la Basse Terre.
Une colonisation qui connaîtra des débuts très difficiles en raison du manque de préparation et de l'inadaptation des européens aux conditions climatiques.
Des centaines de colons périront de la famine et des maladies comme la fièvre jaune.
C'est ainsi d'ailleurs que périra Jean Du Plessis.
Des deux gouverneurs de l'île, c'était le plus pacifique, et sa mort laissera le champ libre à de l'Olive, qui mènera une guerre sans merci aux indiens caraïbes .
Cette guerre prendra fin en 1660 avec la signature, au Fort de Basse Terre d'un traité de paix avec les caraïbes qui leur concédera quelques maigres territoires sur les parties les plus désertiques de l'île.
Après avoir tenté diverses cultures comme le tabac, l'indigo, et le café les colons développeront la culture intensive de la canne à sucre en faisant appel au savoir-faire des colons hollandais chassés du Brésil et, de façon massive, à une main d'œuvre d'esclaves africains.
Dès 1642, les colons français acheminent des esclaves noirs venant d’Afrique de l’Ouest jusqu’aux Antilles pour développer la production de sucre de canne.
En 1759, pendant la guerre de Sept ans (1756-1763), la Guadeloupe est occupée par les Anglais qui fondent le port de Pointe-à-Pître. En 1763, le traité de Paris met fin à la guerre et restitue la Guadeloupe et la Martinique à la France. C’est en 1775 que l’île obtient son autonomie vis-à-vis de la Martinique.C'est durant cette période que le port de Pointe à Pitre pris de l'importance au détriment du Port du Moule.

Schématiquement, à la fin du 18e siècle, la population de la Guadeloupe se compose :
• des blancs, tous de condition libre.
• des libres de couleurs. Ce sont des affranchis ou des descendants d’affranchis, généralement métis. S’ils sont libres, ils ne sont pas considérés comme les égaux des blancs.
• des esclaves, principalement noirs, mais aussi métis. Ils représentent environ 80 % de la population. On ne peut échapper à l’esclavage que par l’affranchissement, rendu de plus en plus difficile, par la fuite ou par la révolte.

La période révolutionnaire sera, pour la Guadeloupe, une époque agitée : l’île est occupée en 1794 par les Anglais mais aussitôt reprise par l’énergique commissaire de la Convention, Victor Hugues, qui proclame l’abolition de l’esclavage. En 1802, le général Richepance vient, sur ordre de Bonaparte, rétablir l’esclavage et réprimer le soulèvement du chef de bataillon Louis Delgrès.





De l’abolition de l’esclavage à l’assimilation (1848-1946)

La révolution de 1789 fut l'occasion pour les blancs "patriotes" et pour les planteurs de s'affronter afin de contrôler la colonie.
Ce fut également l'occasion de brèves mais violentes révoltes d'esclaves qui conduiront, le 4 février 1794 à la première abolition de l'esclavage par la Convention ; sa mise en œuvre fut cependant de courte durée, puisque, sous la pression de la société martiniquaise dont l'impératrice était issue, le premier Consul Bonaparte rétablit l'esclavage en 1802, malgré la résistance et le sacrifice de Delgrès et de ses compagnons.
Il s'ensuivit une période très confuse de rétablissement de l'ordre esclavagiste bien ébranlé, perturbée par la reprise de la guerre entre la France et la Grande Bretagne. C'est le 27 avril 1848 qu'intervient l'abolition définitive et le déclin de la vieille société coloniale grâce en particulier à l'action de l'humaniste Victor Schœlcher.
En Guadeloupe, l’abolition de l’esclavage n’est effective que le 27 mai 1848.

Les premiers travailleurs volontaires venus des Indes arrivent à Saint-François en 1853, ils sont recrutés afin de remplacer une main d'œuvre devenue défaillante dans les plantations.

En 1880, le sucre de canne perd de sa rentabilité avec l’apparition du sucre de betterave.
Dès le début du 19e siècle, la Guadeloupe diversifie ses axes de production, commercialise le rhum et se tourne vers l’exploitation d’autres ressources telles que la culture de la banane, la pêche et plus tardivement le tourisme.



De 1946 à nos jours

Comme la plupart des colonies, la Guadeloupe subira les contrecoups des crises économiques et celui des deux conflits mondiaux : elle fit d’ailleurs à cette occasion preuve de patriotisme en envoyant ses enfants au combat, comme le témoignent les nombreux monuments aux morts édifiés par les municipalités de l'île.

Les lois coloniales sont abolies en 1946, faisant de la Guadeloupe un Département français à part entière.

Département français puis Région française en 1982, la Guadeloupe, comme la Martinique et la Guyane, a les mêmes institutions politiques que les Régions de France métropolitaines.
Le déclin de l'économie sucrière la conduira à développer les cultures bananières puis maraîchères.
Mais la concurrence venue des pays à faibles revenus, comme l'Amérique latine, la contrainte des règlements européens conduisent les acteurs locaux de l'économie à multiplier les structures d'accueil à vocation touristique.

Site à la Une : Paroles d'esclave

Atout Guadeloupe a découvert un site qui nous sommes d'une grande qualité, nous souhaitons vous le faire découvrir :

L’esclavage raconté à ma fille
60 ans après l'abolition de l'esclavage, le journaliste Serge Bilé recueille les témoignages de descendants d'esclaves. Il souhaite rendre la mémoire des «anciens» accessible aux jeunes sur Internet.

Ils étaient 250 000 esclaves en Guyane, Martinique, Guadeloupe et à la Réunion lorsque fut aboli l'esclavage, en 1848. Le site http://www.parolesdesclavage.com, créé il y a un mois par Serge Bilé, propose une trentaine de témoignages en ligne de descendants d’esclaves martiniquais, qui font revivre les récits que leurs grands-parents ou arrières grands-parents leur faisaient de leurs vies d’esclave.

Les témoins rencontrés par Serge Bilé évoquent les souvenirs de leurs aïeux : dureté des travaux agricoles, fugues, sévices, mais aussi traditions musicales.

Yvonne Gaspard raconte, les larmes aux yeux, que tous les membres de sa famille, enfants compris, travaillaient «comme des boeufs» dans les champs de canne. Avec l’abolition, les «marrons» ont reçu un nom, «ont pu s’instruire, retrouver une certaine fierté», explique Gaston Jean-Michel, 96 ans, dont la grand-mère a vécu l’abolition en 1848.

L'émotion est contagieuse. Eugénie Goya explique que l’esclavage a toujours été un tabou dans sa famille. La parole est aujourd’hui une libération. Serge Bilé a aussi recueilli le témoignage de Christian de Reynal, qui descend d’une famille qui posséda des esclaves. Traumatisé par cet héritage, il explique qu'il est devenu prêtre pour rapprocher les hommes. Eugène Nestoret interprète un chant célébrant l'abolition : «La liberté, la liberté a posé son drapeau pour ne plus jamais voir revenir l'esclavage».

Né en Côte-d’Ivoire, journaliste à FR3, puis pour RFO, Serge Bilé s'intéresse à la condition des Noirs. On se souvient de son best-seller de 2004 «Noirs dans les camps nazis» ou du provoquant «la légende du sexe surdimensionné des Noirs». Il a également fondé l’association Akwaba, qui promeut les échanges culturels entre l’Afrique et les Antilles. Aujourd'hui sa démarche vise à perpétuer la mémoire des derniers esclaves de France, et il compte bien visiter d’autres territoires d’outre-mer pour continuer à amasser les témoignages.

Retour sur l'infamie : la traite négrière

LA TRAITE PAR L'ATLANTIQUE


"...Nous le savons maintenant, traite des noirs ne rime pas seulement avec la traite européenne et atlantique. Celle-ci modifie cependant considérablement les choses. Plus courte, sans doute intensive, de loin beaucoup mieux renseigné que les autres traites négrières, elle focalise les recherches, les affrontements, et est à l'origine de la plus part des images que l'on se fait du trafic négrier. Sa naissance, comme sont essor, au XVIIIe siècle, s'explique par les mutations d'un monde devenu soudainement plus gigantesque, grâce aux grandes découvertes. On pourrait la définir comme la réactivation et le développement, sur une grande échelle, d'une forme d'esclavage à des fins essentiellement productives, dans le cadre d'un début de mondialisation de l'économie parallèle à l'essor de la civilisation matérielle occidentale..."

"...Le premiers Européen à faire trafic d'esclave appartient à un peuple qui, le premier de tous en Occident, abolit chez lui le servage... Duguesclin, Jean de Béthencourt il soumet les indigènes berbérophones, que l'on nomme Guanches et dont la race est aujourd'hui totalement éteinte. Les Guanches seront donc les premiers esclaves africains déporté hors de leurs continents .Mais le geste de Béthencourt n'instaure pas un commerce régulier. L'année 1402 ne marque ni le début de la traite ni la naissance d'une tradition esclavagiste..."
" ...Les premières manifestations atlantiques de la traite n'ont pas lieu vers les rives américaines, pour la raison évidente que les amériques ne sont ni découvertes ni exploitées avant la fin du XVe et le début du XVIe siècles. C'est, par la mer, d'Afrique en Europe, d'Afrique en Afrique, puis vers les îles relativement proche de l'ouest africain. Dans les années 1503-1510, de faibles contingents de déportés du côté américain de l'Atlantique y forme les premiers éléments d'un peuplement noir. Pendant un siècle environ, les portugais exercent sur la côte d'afrique un monopole plusieurs fois confirmé par l'autorité pontificale, mais de plus en plus contesté : les nations européennes manifestent et leur refus et leur présence..."

Pourquoi la main-d'oeuvre africaine ?

" ...Le fait qu'en amérique la mise en valeur s'effectue par le biais du travail forcé peut s'expliquer, à une époque où les techniques sont encores rudimentaires et la disproportion grande entre les nombre des hommes et l'étendue des territoires concernés, par la théorie des richesses naturelles ouvertes de H.Nieboer . Mais remarquent H.Germey et J. Hogendorn, celle-ci ne peut rendre du choix entre les deux types de travail ayant initialement coexisté en Amérique. Pour eux, le déclin du système des engagés blancs et l'essor de la traite ne peuvent se comprendre sans l'existance d'une "source élastique de main-d'oeuvre forcée". Le côut du voyage, le mercantilisme (peu compatible avec de trop importants flux migratoires vers l'exterieur), le fait que les Européens répugnaient à être mis en concurrence avec les esclaves noirs ... auraient conduit à une moindre élasticité de la main-d'oeuvre blanche.
On ne pouvait augmenter durablement sont importance que moyennant finances (soit par l'augmentation des salaires, soit par la réduction du nombre des années de travail prévues par contrat). Les premiers stade de la mise en valeur passés, l'ont vit décliner les cultures diversifiés ainsi que le tabac. L'essor du sucre,et, sur une grande échelle, celui de plus en plus massifs de travailleurs. Les colons auraient alors opté pour l'esclavage ( du fait du calcul assez sommaire à nos yeux mais parfaitement rationnel), considérant que la durée d'amortissement d'un captif est courte ( à la Barbade, en 1645, son prix d'achat est remboursé en un an et demi par le produit de son travail), qu'il représente un capital toujours disponible, peut être à l'origine de profits non monétaire, et , de ce fait, ajoute au prestige de son propriétaire. La théorie repose sur un postulat parfois discuté, celui de l'existance en afrique d'une importante et disponible source de main-d'oeuvre servile n'attendant que des incitations exterieures pour être mise sur le marché..."
"...Leur travail coûte en effet moins cher que celui d'un blanc libre. C'est la naissance d'un nouveau type d'esclavage et le début de la traite des noirs et la fortune des négriers.Ainsi commença l'un des plus importants déplacements de population de l'histoire de l'humanité : la déportation de quelque douze à quinze millions d'hommes et de femmes.
Au XVIe siècle, les Espagnols et les Portugais, grâce à leurs voyages de découvertes, ont acquis un véritable empire colonial. Puis se sera la Hollande, la Grande-Bretagne, la France... Toutes ces puissances coloniales pratiquent une politique appelé mercantilisme : importer le minimum de matières premières, exporter le maximum de produits fabriqués. Les colonies fournissent à la métropole ce qu'elle ne peut pas produire elle-même...Les plantes qu'on ne peut pas cultiver sous le climat tempéré européen, poussent très bien sur le climat tropical américain : canne à sucre, café, cacao, coton, riz, tabac, indigo. Et ce climat, les Noirs le suportent mieux que les blancs..."
  • Une dizaine de milliers d'esclaves en provenance du Sénégal, de Mauritanie et du golf de Guinée arrivent sur les plantations de canne à sucre des Canaries espagnoles, de Madère et des Açores.
  • Plus de 75 000 Noirs des côtes africaines arrivent aux îles portugaises du golf de Guinée en un siècle.
  • 300 000 esclaves venant d'afrique sont " livrés " en amérique au début du XVIIe siècle mais ils coûtent encore cher et la traversée de l'atlantique reste un exploit. En un siècle, tout va changer.
  • Plus de 6,5 millions d'esclaves sont exportés en amérique au XVIIIe siècle
Au XVIIIe siècle, les Européens se prennent de passion pour le " petit déjeuner à la parisienne"... le café au lait sucré. Il faut du café. Il faut du sucre. Il faut donc de plus en plus d'esclaves.

Le commerce triangulaire :

"... Sur les eaux de l'Atlantique, un gigantesque trafic se dessine : c'est le fameux commerce triangulaire qui comporte trois étapes.



Première étape : d'Europe en Afrique. Les négriers vont chercher les esclaves noirs sur la côte occidentale de l'Afrique, entre Gorée (une petite île en face de Dakar) et le Mozambique. Les esclaves y sont échangés contre des produits européens vendus aux chefs de tribus : laine, coton, rhum, eau-de-vie, barres de fer, barils de poudre, fusils et perles de verre.

Deuxième étape : d'Afrique en Amérique. Les esclaves sont transportés par bateaux et vendus dans l'archipel antillais, au Brésil et dans le sud des "treize colonies" qui forment la côte est des Etats-Unis actuels. Quelques-uns arrivent dans l'empire continental espagnol : Mexique, Pérou, Colombie, Vénézuela.

Troisième étape : d'Amérique en Europe. Ayant vendu "leurs" esclaves, les négriers retournent en Europe les cales pleines de produits tropicaux..."




"... Ainsi le bénéfice est triple : en Afrique, en Amérique et en Europe. On échange en Afrique les cargaisons de "bois d'ébène" (nom pudique donné aux esclaves par allusion à la couleur noire de ce bois) contre les marchandises apportées d'Europe : cuivre, quincaillerie, verroterie, armes, poudre, et surtout un grand nombre d'étoffes spécialement fabriquées pour le marché africain. S'y ajoutent des quantités importantes d'eau-de-vie, coupée de plus de moitié d'eau. On complète parfois la cargaison d'esclaves par quelques produits locaux : gomme, ivoire, bois précieux. Pour ces trocs, la monnaie d'échange est le cauris, un coquillage des îles Maldives de l'océan Indien qui sert de monnaie en Afrique depuis l'Antiquité..."
"...Les marins professionnels qui entouraient Christophe Colomb à son premier voyage de découverte suaient d'angoisse après trois semaines de navigation sans avoir vu la terre. De cela, nous sommes parfaitement sûr. Qu'en peut-il être de ces nègres, des terriens ? Que vivent-ils, par dizaines ou centaines, dans les volumes clos de navires roulant et tanguant sous la chaleur des latitudes équatoriales et tropicales, soumis, un mois, deux mois, quelquefois trois mois, aux interminables ? Littérature du pathos ? Ils sont faciles à surveiller lorsqu'ils sont peu nombreux. Ils prennent l'air tous les jours, quelques heures, dans l'intérêt de l'armement. L'équipage en profite pour "parfumer" leur faux-pont, entendons le désinfecter aux vapeurs de vinaigre.
Nombreux dans les cales, on les mène à respirer par roulements d'autant plus courts qu'ils sont en nombre, et on les reconduit à leurs déjections, vomissures, relents de "flux" intestinaux, blanc ou rouge, senteurs d'épidémie ou de fièvres putrides épicées de goudron. On reconnaissait de loin, dit-on, un navire négrier à son odeur. Ces Noirs terriens coexistent avec la mort, même si stratégiquement ils meurent moins que les équipages blancs.
Des cargaisons se révoltent ? Matée, l'action est suivie d'un sermon moral, et souvent douloureusement physique, avant de s'achever par la pendaison à quelque vergue, et l'équipage s'exerce au mousquet sur les cadavres des meneurs.


Réussie, près de la terre, cela se traduit par la fuite en pirogue ou en canot vers le rivage, avec toute chance d'être rattrapé, et revendu ; réussie en mer, cela explique peut-être les pertes de navires dont on reste "sans nouvelle", ceux qui n'arrivent jamais nulle part : les Africains massacrant l'équipage n'ont plus à leur disposition les techniciens de la navigation hauturière dont ils sont eux-mêmes incapables. Parfois, des accouchements : combien vit le nouveau-né ? Combien meurent de ces enfants "à la mamelle" vendus avec leur mère à la côte ? Soyons clair : de nombreux passages par l'Atlantique ont atteint au paroxysme de la terreur et de l'horreur, au point de donner à considérer comme vivable ce qui sera le sort futur et commun des esclaves.


Les instructions des armateurs négriers à leurs capitaines définissent une théorie générale de la meilleure préservation possible de la cargaison humaine, dans l'intérêt économique de l'armement. En somme, cela cherche à se donner le plus grand nombre de chances possibles à la loterie. Sous l'ère négrière, environ huit millions de déportés en furent l'enjeu. Bien que l'on ne puisse poser que des ordres de grandeur, la valeur des Noirs vendus aux Amériques représenterait une somme autour de 300 millions de livres sterling, ou sept milliards et demi de livres-tournois. De surcroît, la préparation de cette formidable opération économique donnait de l'emploi à beaucoup de monde, en Europe et en Afrique. Dès lors, pourquoi la faire cesser, et comment ?..."
"...Lors d'une véritable "foire aux esclaves", chaque Noir est examiné, scruté, mesuré, pesé, palpé...
Réunis par lots de trois ou quatre, les esclaves, hommes et femmes, sont nus. L'acheteur blanc examine avec soin la bouche, les yeux de chaque esclave.Un esclave en mauvais état vaut moins cher: il y a une réduction pour une taie à l'oeil et pour chaque dent qui manque. On fait courir les esclaves, on les fait sauter, parler, bouger bras et jambes. Tel un maquignon, le capitaine tente de dépister les imperfections, les symptômes d'affection comme ulcère, gale, scorbut, vers. Si l'esclave ne présente aucune malformation, aucune trace de maladie, s'il n'est ni trop vieux, ni trop jeune il est désigné pour le redoutable voyage vers l'Amérique.
Alors commence avec le marchand d'esclaves la fameuse discussion sur les prix qui peut être longue. Les rois noirs imposent progressivement des normes plus élevées en quantité comme en qualité des produits d'échange. C'est ainsi qu'en 1772 les négociants nantais se plaignent que les esclaves leur reviennent le double de ce qu'ils valaient dix-sept ans plus tôt.
Enfin, quand l'affaire est faite, le lot des esclaves, poignets serrés par des chaînettes, est embarqué à l'aube dans des canots. Ils arrivent bientôt contre la coque du navire. On ôte leurs liens pour qu'il puissent grimper à l'échelle qui tombe jusqu'a la crête des vagues. Les hommes sont dirigés vers la partie avant du bateau. Les plus forts d'entre eux sont enchaînés deux à deux, par la cheville. Les femmes et les enfants sont entassés à l'arrière..."
"...En cas de mauvais temps, la vie devient atroce. La quasi-obscurité, l'eau qui s'engouffre, les bailles à déjection qui se renversent, affaiblissent et terrorisent des Africains qui, ne connaissant rien de la haute mer et des motifs de leur déportation, croient qu'ils sont destinés à être dévorés par les Blancs. La durée de la traversée, l'état sanitaire des captifs au moment de leur embarquement, leur région d'origine, les révoltes, quelques naufrages, surtout (pour Klein et Engermann) l'eau et la nourriture insuffisantes, l'hygiène et les épidémies (dysenterie mais aussi variole, rougeole...) - aggravées par la promiscuité - sont les autres facteurs d'une mortalité qui n'a pas besoin d'être exagérée pour témoigner des souffrances endurées. C. Coquery-Vidrovitch (1985) l'estime autour de 13 % pour l'ensemble de la traite atlantique. Moyenne générale qui masque une très grande irrégularité de fait. Alors que la majeure partie des expéditions, quelle que soit l'époque ou la nation négrière, connaissent des taux de mortalité le plus souvent compris entre 10 et 20 %, certaines atteignent 40, voire 100 % (H. Klein). Dès lors, on peut penser que c'est la réduction de ces expéditions marginales, excessivement meurtrières, qui serait à l'origine de la diminution de la mortalité moyenne au cours du XVIIIè siècle. R. Anstey estime qu'elle se situe autour de 10 % vers 1750. C'est le cas de la traite hollandaise, dont la mortalité passe 16,1 % à 10,1 % (ici, un tiers des décès ont lieu au cours des dix premiers jours).
Le capitaine ayant tout intérêt à conserver intacte sa cargaison humaine, la mortalité parmi les captifs serait inférieure à celle que connurent de nombreux européens, entassés au siècle dernier, lors de la ruée vers l'or, sur les navires en partance vers les Etats-Unis. Elle est effectivement moins importante que celle touchant les équipages négriers (17,8 % pour 1 190 expéditions françaises bien renseignées au XVIIIè), composés en partie des rebuts des populations maritimes. Mais la "densité" de la mortalité noire, lors des quelques semaines de la traversée de l'Atlantique est bien supérieure à celle des marins, calculée, elle, sur l'ensemble d'une campagne dont la durée dépasse l'année (même si l'essentiel des décès correspond souvent à la période de stationnement en Afrique). En fait, la mortalité noire, sur un négrier du XVIIIè siècle, correspond en gros à la mortalité de crise des populations européennes sédentaires de la même époque. A cela s'ajoutent les pertes lors de la vente des captifs aux Amériques et, surtout, celles de la première année de leur mise au travail forcé. On ne le dira jamais assez, c'est la mortalité du système d'exploitation esclavagiste qui nourrit la traite..."


"...Les esclaves arrivent en longues files, tel du bétail humain, le cou emprisonné dans des sortes de fourches en bois. Ils sont conduits par un courtier noir ou un marchand arabe. Le marchand est en tête. Il a chargé sur son épaule le manche de fourche du premier captif. Chaque esclave porte de même sur l'épaule le manche de la fourche de celui qui suit. Si le marchand veut arrêter la chaîne, il laisse tomber la pièce de bois qui repose sur son épaule. Le premier captif est obligé de s'arrêter, et tous les autres avec lui.
D'où viennent-ils, ces hommes et ces femmes à l'air hagard, promis à un si terrible sort ? La première source, c'est la guerre. Ou plutôt les razzias. Une tribu en attaque une autre, s'abaat à l'improviste sur des villages endormis. Qui n'a pas été tué est emmené, encadré de guerriers l'arme au poing : les captifs sont amenés à la côte pour être vendus..."
"...Enchaînées mais sans entraves de pied, elles sont conduites à la côte, chargées du matériel des marchands. Un voyage de cauchemar, prélude à la traversée vers l'Amérique, que relate lord Palmerson dans ses récits de la traite : "les prisonniers étant faits, on procède au choix. Les individus robustes des deux sexes et les enfants à partir de six ou sept ans sont mis de côté pour former la caravane qui doit se diriger vers la côte.
On se débarrasse des enfants en dessous de six ans en les massacrants ; vieillards et infirmes sont abandonnés, condamnés à mourir de faim. Les prisonniers, hommes, femmes et enfants sont mis en route dès que possible, traversant les sables brûlants et les défilés rocailleux des monts africains, presque nus et sans rien pour protéger les pieds. On stimule les faibles à coups de fouet : on s'assure des plus forts en les attachant ensemble avec des chaînes ou en leur mettant un joug..."
"...Si les Britanniques cherchent à devenir les rois de la traite des noirs, les Français ne cessent de les talonner, pour essayer de leur ravir cette très immorale mais fort lucrative couronne. Pourtant, ils sont arrivés les derniers dans la course au bois d'ébène. Par principe ? Peut-être, si l'on songe qu'un arrêt du Parlement de Bordeaux proclame en 1571 que "la France, mère de la liberté, ne permet aucun esclave..."


DEBARQUEMENT
"...Avant d'accoster sur le sol américain, le navire est mis en quarantaine : pendant quarante jours, personne n'a le droit de débarquer avant qu'on ait vérifié qu'il n'y ait aucune épidémie à bord. Passé la quarantaine, le capitaine soigne sa "marchandise". Cette opération s'appelle le blanchissement ; le chirurgien du navire en détient les secrets..."
L'arrivée des esclaves est un grand moment dans la vie de la colonie.
On expose les esclaves par lots appelés "pièces d'Indes", en les faisant monter sur le pont les uns après les autres afin de ne pas avoir d'invendus. Les esclaves malades sont quand même achetés, mais moins cher, par les petits planteurs, les pauvres blancs", qui considèrent avoir fait une bonne affaire quand il guérrissent.
Le Noir mis en vente doit monter sur une table ou un tonneau pour être visible du plus grand nombre. Il est examiné par les acheteurs qui lui font prendre différentes attitudes et remuer bras et jambes afin de juger de sa force et sa santé.
Le prix de l'esclave est débattu entre le capitaine et les planteurs. Il dépend de l'âge (un esclave est vieux à 35-40 ans), de l'état de santé, de la force physique, de l'aspect général. Il dépend aussi des fluctuations du marché, c'est-à-dire de la rareté ou de l'abondance des esclaves à ce moment. Parfois, ils sont mis en loterie..."


CONDITIONS DES ESCLAVES AUX ANTILLES
"...Le père jésuite Charlevoix, missionnaire, écrit dans son Histoire de Saint-Domingue (1730-1731) : "Rien n'est plus misérable que la condition de ce peuple. Quelques racines font toute sa nourriture ; ses maisons ressemblent à des tanières. Ses meubles consistent en quelques calebasses. Son travail est presque continuel. Nul salaire ; vingt coups de fouet pour la moindre faute".
Le travail dans les plantations est épuisant et la mortalité atteint un taux effrayant. Le tiers des Nègres de Guinée meurent d'ordinaire dans les trois premières années de la transplantation, et la vie laborieuse d'un Nègre, même bien fait au pays, ne peut être évaluée à plus de quinze ans. Le repos dominical, prescrit par le Code noir, est en effet mal observé. La moindre faute est châtiée impitoyablement et la fuite devient un crime. Le Code noir a minutieusement prévu les supplices : "le fugitif - celui que les auteurs du temps nomment "le Nègre marron" - doit avoir les oreilles coupées et être marqué à l'épaule ; la seconde fois, il aura le jarret coupé et sera marqué à l'autre épaule, et la troisième fois il sera condamné à la peine de mort."
Parfois, pris d'une incoercible nostalgie du pays natal, un Noir se suicide. Les planteurs n'aiment pas ce geste dont la répétition dégénère souvent en épidémie et risque de les ruiner. Alors il faut enrayer ce goût de la mort en faisant appel aux divinités ancestrales. Les Noirs croient que l'esprit est vivant et libre quand le corps est mort. Ainsi "un Nègre Ibo imagina de se pendre pour retourner dans son pays, mais on mit sa tête sur un piquet et ses compatriotes assurèrent qu'il n'oserait jamais se montrer sans tête dans leur patrie..."


ABOLITION
"...Décidée par l'Occident, imposée à l'Afrique, l'abolition de la traite est diversement interprétée. Deux thérories opposées tentent de l'expliquer, mettant en avant des considérations soit morales et humanitaires, soit économiques. En fait c'est en fonction de leur originalité et de leurs intérêts du moment que les différentes nations occidentales concernées adhérent peu à peu au mouvement. D'où une abolition lente, complexe, parfois inégale, marquée de brusques accélérations et de coups de théâtre. S'effectuant dans un contexte changeant( indépendances sud-américaines, mutations du système économique et colonial, évolution des moeurs, mise en place d'un nouvel ordre politique planétaire), elle est à bien des égards symptomatique des mutations du XIXè siècle..."


LE COMBAT ABOLITIONNISTE
"...Pour nombre d'Européens, l'Afrique est alors un continent inconnu et l'Africain un personnage discrédité, au mieux un exotique "bon sauvage", au pire un esclave "naturel", proche de l'animalité. Afin de montrer combien la traite est infâme, les abolitionnistes doivent donc convaincre leurs contemporains de l'humanité du Noir. D'où un slogan, inventé par les Anglais, comme presque tout l'argumentaire abolitionniste : Am I not a man and a brother ? L'inscription orne au départ un camée, dessiné par W. Hack Wood, où l'on voit un africain agenouillé et enchaîné. Elle est bientôt largement diffusée sur des bijoux portés en bracelets ou montés en épingles à cheveux. La société française des amis des Noirs en emprunte le dessin afin de faire graver son sceau. En 1788, pour édifier les incrédules, Clarkson enquête à Liverpool. Il en ramène le plan d'un navire négrier, le Brooks. Pour la première fois on y a figuré les captifs, donnant ainsi une idée de leur entassement..."
"...Aboli par la Grande-Bretagne en 1833 et par la France en 1848, l'esclavage persiste dans les colonies néerlandaises jusqu'en 1860. L'Espagne ne l'abandonne à Porto Rico qu'en 1872. Il ne disparaît à Cuba et au Brésil qu'en 1885 et 1888. Le décalage chronologique avec l'abolition de la traite étant flagrant, le trafic ne peut que continuer, alimentant des sites en pleine activité, notamment Cuba dont l'essor est prodigieux depuis la fin du XVIIIè siècle. Au Brésil, où la traite nourrit une économique souterraine à l'échelle internationale, il faut entendre l'intervention de la Royal navy (1849) coulant les négriers dans leurs rades de Bahia et Rio..."
"...On voudrait applaudir sans réserve au mouvement antiesclavagiste qui va naître. Hélas ! Lorsqu'on se reporte aux textes et aux faits, on ne peut se défendre d'un malaise. Car, si quelques Européens finissent par agir, c'est par haine de leurs adversaires idéologiques personnels bien plus que par amour des Noirs. La réclamation contre l'esclavage n'est souvent qu'un prétexte pour vider des querelles métropolitaines, d'ordre politique en France ou de nature religieuse en Angleterre.
Les premiers à protester resteront anonymes. Dès 1720 paraît ainsi une brochure où l'auteur, avec la hardiesse que donne la clandestinité, n'hésite pas à affimer : "Rien n'est plus incompatible avec le christianisme que le commerce des Nègres". Cette affirmation provoque un beau tollé chez ces messieurs de la "Compagnie des Indes", dont aucun ne veut oublier la parole du grand Bossuet, défenseur des pauvres en France, comme disciple de Monsieur Vincent, mais resté scolastique à propos de l'esclavage, qu'il n'a jamais vu, de ses yeux vu : "Abolir l'esclavage serait condamner le Saint-Esprit, qui ordonne aux esclaves, par la bouche même Saint-Pierre, de demeurer en leur état et n'oblige pas les maîtres à les affranchir..."

Ile de Gorée, choisie comme symbole de l'esclavage

Offert par la Guadeloupe
Offert par la Guadeloupe
L’île de Gorée est située au Sénégal, à quelques kilomètres de Dakar, dans l'océan Atlantique. Cette île se situe dans le golfe de Dakar, à l’est du centre ville.
Cette île reste tristement célèbre car elle a été choisie comme symbole de l'esclavage qui dura pendant des décennies sur l'ensemble du territoire africain (traite arabo-musulmane et traite européenne).

Visitez l'ile de Gorée en photo en cliquant ici

Télécharger la visite l'ile de Gorée en vidéo en cliquant ici

LA ROUTE DE L'ESCLAVE :
La Route de l'esclave, c'est tout le chemin par lequel les esclaves étaient conduits à l'époque avant qu'ils ne soient jetés dans les cales des bateaux qui devaient les emmener vers leurs terres d'exils ( Europe, Amérique, Antilles). La Route de l'Esclave est constituée d'un ensemble de places qui sont :


La place Chacha


L'arbre de l'oubli


La case de Zomaï


Le mémorial de Zoungbodji


L'arbre du retour


La porte du non-retour


Autres places


Nègre marron et marronnage

Le marronnage était le nom donné à la fuite d'un esclave hors de la propriété de son maître en Amérique, aux Antilles ou dans les Mascareignes à l'époque coloniale. Le fuyard lui-même était appelé Marron.

On propose actuellement deux étymologies possibles à ce mot:

* du mot espagnol « cimarrón » : "vivant sur les cimes"; (cima = cime).
* ou emprunté à l'arawak, il aurait servit d'abord à désigner les animaux domestiques retournés à l'état sauvage.

Lieux de fuite

Les Marrons se réfugiaient généralement dans des lieux inaccessibles. À la Réunion, par exemple, ils fuyaient systématiquement dans les Hauts de l'île, dont ils furent les premiers habitants.

Parfois, ils parvenaient à se regrouper en de véritables communautés clandestines organisées dont les membres étaient alors appelés Nègres marrons. On peut citer à titre d'exemple les sociétés fondées par les Aluku et les Djukas au Suriname.

À la Réunion, ce seraient même de véritables royaumes qui auraient émergé de leur regroupement : on dit de Cimendef qu'il fut roi. Certains historiens estiment en outre que le suffrage universel fut employé pour la première fois par des Marrons réunionnais. La découverte de restes de campements dans la forêt du Tapcal devrait permettre d'en savoir plus à terme.

On note en tout cas que de nombreux sites naturels des trois cirques de l'île portent toujours le nom de Marrons. Ainsi, Anchaing a laissé son nom à un sommet de Salazie.

Chasse et sanctions

Le développement du marronnage a rapidement contraint les maîtres à engager des chasseurs d'esclaves.

Aux Antilles, ceux qui étaient rattrapés étaient châtiés par mutilation : leur tendon d'Achille était sectionné afin qu'ils ne puissent plus courir.

À la Réunion, ils étaient parfois tués lors de la chasse. Le chasseur ramenait alors au maître une oreille et une main du fuyard en guise de preuve de la réussite de sa chasse, le corps entier ne pouvant être transporté par un homme seul le long de sentiers escarpés. Ces prises étaient parfois exhibées à l'entrée des plantations pour dissuader d'éventuels nouveaux fuyards.

Selon un épisode célèbre de l'histoire de l'île Maurice, un important groupe d'esclaves n'hésita pas à se précipiter dans le vide du haut d'un rocher élevé (le Morne Brabant dans le Sud de l'île) lorsqu'ils se retrouvèrent acculés au bord d'une falaise par des hommes qu'ils prenaient pour des chasseurs. Ils n'étaient en fait que des messagers chargés de leur annoncer l'abolition de l'esclavage.

Aux Antilles et en Amérique centrale et au nord de l'Amérique du sud, les Nègres Marrons sont des esclaves fugitifs rebelles. Réfugiés loin dans les forêts (et montagnes) ces gens ont su sauvegarder et transmettre leurs modes de vie africains et même partiellement leurs langues d'origine.

Histoire

En Jamaïque, en 1738 les marrons tiennent tête à des troupes britanniques. Ils obtiennent un territoire encore aujourd'hui indépendant en contre-partie de leur collaboration avec le gouvernement. Certains vieillards descendant des Nègres marrons (Neg'Marrons) parlent encore d'anciens dialectes africains tel le coromanti. La symbolique des Neg'Marrons est très présente dans le reggae car elle véhicule, elle aussi, une image de rébellion.

En Guyane

Estimés à plus de 70 000 en Guyane, bien que ne reconnaissant généralement pas la frontière entre le Surinam et la France. Ils s'apellent aussi Busi Nenge (pronconcer buchi-nénngué), ou Bush Negroes au Surinam. Les Noirs Marrons sont les descendants d'esclaves noirs révoltés et/ou enfuis des plantations avant l'abolition de l'esclavage, ou d'esclaves libérés. Leurs ancêtres ont été capturés en Afrique occidentale (Ghana, Bénin, Côte d'Ivoire surtout) par les négriers pour être vendus comme main-d'œuvre, essentiellement pour les planteurs de cannes à sucre et de café. D'abord réfugiés en forêt profonde pour éviter d'être repris, ils se sont ensuite installés sur les rives des grands fleuves, et surtout sur le Maroni. Ils sont encore constitués de 6 groupes ethniques :

* les Bonis (ou Alukus),
* les Saramacas,
* les Paramacas,
* les Djukas,
* les Kwintis,
* les Matawais.

Ils parlent aujourdh'ui le Sranan-tongo (ou Taki-Taki), mélange complexe d'origines africaine, hollandaise, anglaise, d'espagnole, portugaise, française ayant incorporé des mots hébreux et amérindiens.

Ils vivent principalement de chasse, pêche et de culture sur abattis. Certains commencent à avoir des activités d'entrepreneur en orpaillage (et non plus seulement d'ouvrier) et de vente d'objets aux touristes. Leur société est centrée autour de la famille et du Gran-Man, chef spirituel et religieux, qui peut être une femme, détenant les pouvoirs de juge, sage, et conciliateur. L'abolition de l'esclavage a mis fin à leur traque, mais l'orpaillage a généré une exploitation d'hommes sous-payés et menacés qui fait penser à une nouvelle forme d'esclavage. Le RMI (revenu minimum d'insertion) apporte parfois un appoint non négligeable, mais comme les amérindiens, ils sont assez peu représenté par les élus départementaux et régionaux.



culture en évolution

La culture marron fait encore vivre une partie des traditions des ancêtres africains : vocabulaire, peintures, danses, musiques, vie communautaire bien qu'ayant évolué différemment. Couleurs vives et formes géométriques symboliques et/ou décoratives caractérisent l'art Noir-Marron. On les trouve sur les portes, les pirogues, les sièges sculptés, les fresques et certains objets vendus aux touristes (sculptures, sièges pliants… présentant des formes originales qui diffèrent des sculptures africaines traditionnelles). L'accès à l'école, reste parfois difficile, mais est mieux réalisé que pour les populations amérindiennes de la forêt. Il modifie la perception et les comportements des jeunes, comme le foot-ball, la télévision, la voiture, le téléphone portable, le quadd qui deviennent objets d'intérêt éloignant les enfants de la culture de leurs parents…

N'oublions pas mais ne permettons plus, l'esclavage moderne

Sans oublier l'interêt de se souvenir des anciens nous souhaitons finir cet article par l'esclavage AUJOURD'HUI.

L'esclavage en Guadeloupe abolie en 1848 est encore trés présent dans les conversion d'aujourd'hui. Les mots repontence , responsabilité fusent

Nous souhaitons agir plutôt que parler

Interressons nous à l'esclavage moderne



Avec l'abolition officielle de la traite et de l'esclavage en 1981 en Mauritanie, le temps de la propriété de l'homme par l'homme paraissait révolu. Près d'un siècle et demi après Victor Schœlcher et l'Abbé Grégoire, l'humanité semblait en avoir terminé avec l'esclavage. Pourtant, de faits divers en rapports alarmistes du BIT, l'idée que l'esclavage n'est pas mort et que ses nouvelles formes doivent être mieux définies et combattues s'est peu à peu imposée.

Prise de conscience et définition d'un phénomène

Alors qu'à la fin du XIXe siècle, l'esclavage ancien "classique" (où l'esclave est une personne non libre, un bien,une marchandise, un instrument économique pouvant être vendu ou acheté ; un esclavage que l'on pourrait qualifier de "physique") semble définitivement aboli dans la plupart des pays du monde, quelques consciences s'inquiètent des nouvelles formes d'esclavage qui semblent ressurgir. C'est dans ce contexte que des délégués de la première conférence pan-africaine de Londres font parvenir à la reine Victoria un mémoire dénonçant "le système de travail des natifs africains en vigueur en Rhodésie, le système des engagés, un esclavage légalisé, et le travail forcé". Pour la première fois la notion d'esclavage moderne apparait, dont le travail forcé serait l'un des avatars. Le 25 septembre 1926 la Société des Nations adopte une convention préconisant notamment la répression de l'esclavage et faisant référence au travail forcé, bien que ce dernier ne soit que partiellement condamné puisqu'on reconnaissait qu'il ne pouvait "être exigé que pour des fins publiques". En 1930 toutefois, le Bureau international du travail adopte une convention visant à supprimer le travail forcé "sous toutes ses formes dans le plus bref délais possible". En 1946 les Nations unies proclament dans l'article IV de la Déclaration universelle des droits de l'homme que "nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes". En 1949, l'ONU adopte également une "Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui", renforcée en 1956 par une nouvelle Convention qui "recommande l'abandon" de la servitude pour dettes, du servage, du mariage forcé, de la vente ou cession d'une femme par ses parents, son tuteur ou sa famille, de sa transmission par succession de la mise à disposition d'un enfant ou d'un adolescent en vue de l'exploitation de sa personne ou de son travail. En 1957, c'est l'Organisation internationale du travail qui adopte une convention visant à "supprimer le travail forcé ou obligatoire et à n'y recourir sous aucune forme". Dès lors, l'arsenal législatif et réglementaire visant à abolir l'esclavage moderne n'a cessé de s'élargir, pour y englober toutes ses nouvelles formes. La diversité des formes d'asservissement rend difficile une définition claire de ce qu'est l'esclavage moderne. Ainsi les divers textes visant à la réprimer ont des champs d'actions plus ou moins larges : certains n'intègrent que les formes contemporaines de l'esclavage "classique", d'autres ont des préoccupations plus étendues. Quelques constantes permettent toutefois de dresser un premier contour de ce que l'on désigne par "esclavage moderne", il est notamment (mais pas exclusivement) caractérisé par :

* Le travail forcé, sous la menace de sévices corporels ou psychologiques ;
* Une relation de propriété ou de quasi-propriété d'un esclave par un "employeur", où l'esclave est maintenu dans cette relation de dépendance par des sévices, ou menaces de sévices, corporels ou psychologiques ;
* Une déshumanisation de l'esclave qui n'est plus traité comme un être humain, mais comme une marchandise, et acheté ou vendu comme tel (ici l'esclavage moderne apparaît en fait comme la version contemporaine de l'esclavage classique) ;
* Des entraves physiques ou une liberté de mouvement restreinte

Les différentes formes d'esclavage moderne, la situation actuelle

Ainsi, malgré les progrès incontestables en matière de textes légaux ou de conventions internationales, les situations d'asservissement restent nombreuses dans le monde. L'Organisation des Nations unies (et ses institutions spécialisées que sont le Bureau international du travail et L'Organisation internationale du travail) estime qu'il y aurait aujourd'hui 200 à 250 millions d'esclaves adultes à travers le monde auxquels s'ajouteraient 250 à 300 millions d'enfants de 5 à 14 ans au travail[1] . Ces chiffres recouvrent toutefois des situations très diverses

L'esclavage classique et ses réminiscences contemporaines

L'esclavage classique perdure toujours aujourd'hui, bien qu'officiellement aboli dans tous les pays du monde depuis plus de 20 ans (la Mauritanie n'y a officiellement mis fin par décret que le 5 juillet 1980). Certains auteurs font état de rumeur concernant la persistance de marchés aux esclaves dans certains pays, notamment au Soudan et en Mauritanie (où l'on estimait qu'en 1994 11 millions d'habitants, soit 45% de la population, sont esclaves)[2] ou dans les pays du Golfe Persique

La traite d'esclaves

Fortement liée à l'esclavage traditionnel, la traite d'esclaves existe encore aujourd'hui. On peut la définir comme le déplacement ou le commerce d'êtres humains, à des fins commerciales, par la force ou la ruse. Ce sont le plus souvent les femmes et les enfants qui sont victimes de ces pratiques. Les migrantes sont ainsi forcées à travailler comme employées de maison ou comme prostituées. Des statistiques officielles américaines d'avril 2002 estiment qu'environ 700 000 personnes feraient l'objet de traite entre 2 pays chaque année (ces chiffres excluent donc la traite à l'intérieur d'un pays).

La traite peut servir à alimenter des filières de prostitution dans le monde entier : on estime à 2 millions le nombre d'esclaves prostitués en Thaïlande, pour répondre notamment aux besoins du tourisme. La traite sert également à alimenter des ateliers de production et des activités économiques, ainsi en Afrique de l'Ouest, des enfants sont recrutés pour du travail dans des conditions d'exploitation, et sont ainsi transportés clandestinement dans l'ensemble de la région. En Chine et au Viêt Nam, des femmes sont emmenées dans des îles du Pacifique pour y travailler dans des ateliers clandestins à la fabrication de produits destinés au marché nord américain. Au Mexique, des hommes font l'objet de traite et sont emmenés aux États-Unis pour y travailler dans des exploitations agricoles[3].

Les enfants sont des victimes importantes de la traite moderne (trafic d'enfants), aussi bien pour être exploités comme travailleurs que comme esclaves sexuels. Selon le BIT et Interpol on peut distinguer 5 grands courants internationaux d'enfants destinés à la prostitution : de l'Amérique Latine vers l'Europe et le Moyen-Orient ; D'Asie du Sud et du Sud-Est vers l'Europe du Nord et le Moyen-Orient ; de l'Europe vers le monde arabe ; d'Afrique noire vers l'Europe, le Canada et le Moyen-Orient ; et enfin le trafic transfrontalier à l'intérieur de l'Europe.

La traite d'êtres humains est toutefois à distinguer de ce que font les passeurs. La traite implique l'usage de la force ou de la tromperie, dans le but de réduire en esclavage alors qu'un passeur aide à franchir une frontière en échange d'une rémunération. Dans certains cas, les deux phénomènes peuvent toutefois être liés et difficiles à distinguer l'un de l'autre

La servitude pour dettes

La servitude pour dettes touche plus de 20 millions de personnes dans le monde[2] [4]. Les circonstances qui conduisent à de telles situations sont diverses : emprunt destiné à financer un traitement médical, une dot, etc. L'emprunteur est ensuite astreint à travailler sans congé pour le compte du prêteur jusqu'au remboursement de la dette. Les rémunérations étant toujours très basse, il arrive régulièrement que la dette ne soit pas éteinte avant le décès de l'emprunteur et passe ainsi aux générations suivantes. D'autres personnes peuvent s'être engagées à payer leur entrée clandestine dans un pays par leur travail jusqu'à ce que leur dette soit remboursée. Toutefois les "salaires" sont tout juste suffisants pour survivre, si bien que le remboursement peut s'étendre sur des années.

La servitude pour dette est théoriquement abolie dans le monde entier, toutefois cette pratique est encore généralisée dans certaines régions du monde. Ainsi l'Inde a aboli la servitude pour dette en 1975, sous l'impulsion d'Indira Gandhi et le Pakistan a voté une loi en ce sens en 1992, pourtant ces législations demeurent peu appliquées[4]. Le Comité Contre l'Esclavage Moderne (CCEM) estime à plusieurs dizaines de milliers de personnes en France contraintes de travailler dans des ateliers clandestins pour rembourser une dette exorbitante contractée le plus souvent pour prix de leur entrée dans le pays.

Le travail forcé

Le travail forcé constitue sans doute la forme la plus connue de l'esclavage moderne, entre autres parce que c'est la plus répandue dans les pays occidentaux. On parle de travail forcé lorsque des personnes sont recrutées dans l'illégalité par des États, des partis politiques ou des particuliers, et forcées à travailler pour eux, le plus souvent sous la menace de sévices ou d'autres punitions.

D'après les estimations du Comité Contre l'Esclavage Moderne, quelques milliers de jeunes domestiques seraient "employées" illégalement en France dans des conditions d'asservissement. Ces situations d'esclavage se caractérisent notamment par une confiscation des papiers d'identité, des horaires de travail pouvant aller jusqu'à 21 heures par jour, 7 jours sur 7 pour des rémunérations faibles ou nulles, le tout pouvant être accompagné de brimades physiques et d'abus sexuels. Des études du CCEM montrent que ce type de travail forcé en France concerne principalement des victimes originaires d'Afrique et d'autres pays pauvres. Les tortionnaires appartiennent aussi bien aux catégories socioprofessionnelles supérieures (notamment des hauts fonctionnaires) qu'à des classes plus modestes et sont le plus souvent originaires du même pays que la victime. Les victimes sont parfois même exploitées par des membres de leur famille.

Le travail des enfants

Le travail des enfants est considéré comme de l'esclavage lorsqu'il se fait dans des situations dangereuses ou impliquant exploitation. Selon le Bureau international du travail (BIT), 250 millions d’enfants de 5 à 14 ans travailleraient actuellement dans le monde, dont 50 à 60 millions dans des conditions dangereuses. On trouve par exemple en Inde, des enfants travaillant dans des fabriques de verre non aérées auprès de fourneaux dont la température approche les 1 600 °C. En Tanzanie certains travaillent 11 heures par jour dans les plantations. Des usines de tapis en Inde ou au Pakistan, sont accusées de faire travailler des enfants jusqu’à 20 heures par jour, 7 jours sur 7. Dans le meilleur des cas, ces enfants sont sous-payés, mais la plupart d’entre eux ne reçoivent pas de salaire pour leur peine, et certains sont parfois victimes de mauvais traitements.

Sur les 250 millions d’enfants qui travaillent – pour la moitié d’entre eux à temps plein –, 61 % vivent en Asie (dont un million dans le commerce du sexe), 32 % en Afrique et près de 7 % en Amérique latine. Deux millions de jeunes sont aussi concernés en Europe, notamment en Italie, en Allemagne, au Portugal et au Royaume-Uni. D'après le Sunday Telegraph, des centaines d'enfants arrivent chaque année en Grande-Bretagne pour travailler dans les restaurants, les ateliers textiles ou pour se prostituer. Ils viennent d'Asie, d'Afrique et d'Europe de l'Est[5]. Selon un rapport de l'organisation Human Rights Watch, des dizaines de milliers de très jeunes adolescents, souvent originaires du Mexique ou des pays « latinos », travaillent aux États-Unis, principalement dans les fermes des États du Sud.

Les autres formes d'esclavage moderne

D'autres formes d'esclavage et d'exploitation peuvent exister, qui surviennent au sein même des familles, hors de tout circuit "commercial" ou mafieux. Ce peut être par exemple l'exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales : des mineurs font l'objet d'une exploitation commerciale dans le cadre de prostitution, de trafic, de pornographie ; ils sont parfois enlevés ou achetés (cf. traite), ou encore forcés à se prostituer par leurs propres familles. Le mariage précoce et/ou forcé peut également apparaître comme une forme d'esclavage moderne : des femmes ou des jeunes filles sont mariées sans leur consentement et forcées à vivre en état de servitude, et peuvent aller jusqu'à faire l'objet de sévices corporels.

Ces différentes formes d'esclavage moderne sont souvent très liées entre elles et difficiles à distinguer l'une de l'autre. Elles sont toutefois très souvent liées à l'existence de réseaux de types mafieux et au crime organisé pour qui l'esclavage est une importante source de profits. Les victimes sont en général des personnes en situation d'extrême pauvreté et de grande vulnérabilité.

Si l'on comptabilise les esclaves adultes et enfants, leur nombre s'élève à près de 500 – 550 millions, soit environ 10 % de la population mondiale. Ce chiffre, rapporté à la population totale des pays les plus développés fait apparaître un ratio de 4 esclaves par ménage (en supposant qu'un ménage dans un pays développé compte en moyenne 4 personnes, et en faisant l'hypothèse que ces esclaves modernes travaillent – directement ou indirectement – pour les plus riches), soit un ratio proche de celui que donnait Carcopino concernant les esclaves à Rome du temps de Trajan : environ 4 par ménage

Sources

Wikipedia
Unesco
abolitions.free.fr
les.traitesnegrieres.free.fr
minister culture Sénégal
Assemblée nationale française
Région Guadeloupe


sébastien sabattini