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Guide de Guadeloupe

Affaire PARAQUAT

la Martinique et la Guadeloupe sont en état de 'catastrophe écologique avérée'.


Rédigé le Dimanche 12 Août 2007 à 00:00 commentaire(s)
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Le ''gramoxon'', appelé également ''paraquat'', vient d'être interdit, à nouveau, par la cour européenne.

La Martinique et la Guadeloupe grondent


L'état d'urgence, doit être décrété !

pollution en guadeloupe
pollution en guadeloupe
Jenny Marc, toute nouvelle députée de la Guadeloupe, a pris le mors aux dents et entend bien mettre le nouveau gouvernement devant ses responsabilités, elle réclamme avec force, que l'état de catastrophe écologique soit appliqué dans les meilleurs délais. Les populations ne peuvent plus supporter les riques pour leur santé, ainsi que pour leurs enfants. L'urgence est déclarée, dit elle, faisons jouer la solidarité nationale!

Elle reprend aussi un vieux dossier légué par le président de la région Guadeloupe, Victorin LUREL qui a tiré la sonnette d'alarme bien avant tout le monde dans l'archipel
Voir cet article

Voir la réaction de Victorin LUREL a l'interdiction

Michel Barnier, ministre de l'agriculture, mardi dernier, lors de la commission environnement et territoire, a été interpellé par Jenny Marc, pour faire entendre la détresse des guadeloupéens et des populations d'outre mer!

Source France Antilles

Comme d'habitude, les conclusions rapides fustigent et aucun dossier complémentaire n'est proposé à la lecture des Guadeloupéens.

Au moment où le chlordécone déchaine les passions, nous allons tenter de vous éclairer complétement sur l'affaire PARAQUAT


le Paraquat

Le paraquat est un Biocide pesticide herbicide utilisé en agriculture. Étant hautement toxique, son utilisation nécessite des précautions particulières.

Le Paraquat a été produit à des fins commerciales pour la première fois en 1961 par ICI (maintenant Syngenta) et est actuellement un des herbicides les plus communément utilisés.

Le paraquat-chlorure se présente sous la forme de cristaux incolores et inodores. Il n’est pas volatil.
Très soluble dans l’eau, il l'est légèrement dans l’éthanol et l’acétone. il est insoluble dans les hydrocarbures.
Les sels de paraquat et leurs solutions aqueuses ne sont pas inflammables.

Il se décompose au dessus de 300°C produisant des fumées toxiques.

Il attaque les métaux, notamment le fer.


Ce composé est l'un des herbicides les plus couramment employés au monde. C'est un produit non-sélectif qui agit sur la plante par contact. Il diffuse dans le végétal mais ne détruit pas l’extérieur de la plante. Herbicide, il vise à protèger les récoltes contre un large éventail de plantes pluriannuelles dites nuisibles, car réduisant le rendement et la qualité de la récolte par compétition avec la plante cultivée pour l'eau, les nutriments, et la lumière.

Quelques caractéristiques le distinguent d'autres substances actives d'herbicides de contact:

non-sélectivité (il détruit un large éventail de plantes);
Action rapide;
La pluie survenant quelques minutes après application ne diminue pas son efficacité;
Il est réputé devenir biologiquement inactif pour les plantes au contact du sol car il y est rapidement et très fortement adsorbé, mais on ignore ses éventuels effets sur les invertébrés du sol.
Les préparations utilisées en France sont des solutions aqueuses contenant au maximum 40g /litre de Paraquat sous forme de dichlorure. Il existe également des spécialités contenant en plus du Paraquat d’autres matières actives (simazine, diuron ou diquat). Ces préparations sont colorées en bleu et dénaturées par adjonction d’une substance odorante, répulsive et émétique. Le produit est utilisé en pulvérisation après dilution dans l’eau.

FICHE TOXICOLOGIQUE DU PARAQUAT

LE TRIBUNAL ANNULE LA DIRECTIVE AUTORISANT LE PARAQUAT COMME SUBSTANCE ACTIVE PHYTOPHARMACEUTIQUE

Fiches Internationales de Sécurité Chimique : DICHLORURE DE PARAQUAT

Vers une interdiction

L’Union européenne avait (à la demande de la France qui l'utilise notamment dans les bananeraies des Antilles et par l'Angleterre où il est fabriqué) réautorisé le Paraquat en 2003 en dépit de sa toxicité pour l'Homme et l'environnement. La Suède, soutenue par le Danemark, l’Autriche, et la Finlande, a alors saisi la commission européenne : Après 3 ans d'investigations complémentaires, le verdict de l’UE devait être annoncé au printemps 2007. Ce n'est que le 10 juillet 2007 que le Tribunal de première instance des Communautés européennes a finalement annulé la directive réhomologuant (et donc autorisant) l'usage du paraquat dans les états-membres, considérant qu’il n’avait pas suffisemment été tenu compte du lien entre le paraquat et la maladie de Parkinson, ainsi que d'autres effets de la substance sur la santé des travailleurs et des animaux sauvages.

L'arrêt T-229/04 Suède / Commission du Tribunal de première instance européen a été publié le 11 juillet 2007. Le tribunal a donné raison à la Suède. La Directive autorisant le paraquat a été annulée

conséquence paraquat
conséquence paraquat

Paraquat, la mort au bout de la sulfateuse - Libération attaque ....

La France a oeuvré contre l'interdiction en Europe de ce pesticide très toxique. Quand les intérêts économiques priment sur la santé publique.

Combien pèse l'avis des experts en toxicologie dans la politique française de prévention des risques liés aux pesticides ? Pas grand-chose, si on en juge par l'action récemment menée par la France en faveur de l'herbicide le plus controversé, car le plus toxique pour l'homme : le paraquat, numéro deux mondial des désherbants, et produit phare de la firme Syngenta. Le 3 octobre, lors d'une réunion des Quinze à Bruxelles dont l'enjeu était le bannissement de l'usage de ce produit dans l'Union européenne, Paris a pesé de tout son poids pour éviter un verdict d'interdiction. Grâce à la France, le paraquat a été inscrit sur la nouvelle liste des pesticides autorisés dans l'Union européenne aux termes de la directive 91/414.
Ce vote a de quoi surprendre. La France campait depuis plus d'un an dans le camp des pays (Autriche, Luxembourg, Suède, Danemark et Finlande) réclamant le retrait de ce produit du marché européen. En outre, la Commission d'étude de la toxicité des produits antiparasitaires à usage agricole (alias la «com-tox»), groupe de scientifiques indépendants chargé par le ministère de l'Agriculture d'évaluer les risques liés aux pesticides, avait conseillé son interdiction, de même que les services phytosanitaires du ministère. Etrange vote qui met en relief l'opacité des circuits de décision en matière de contrôle des pesticides et, incidemment, les carences dans le suivi de l'impact de ces substances pour la santé publique en général.
Bénédiction. Le paraquat est, de longue date, l'enjeu d'un affrontement délicat entre préoccupations économiques et sanitaires. Il est une bénédiction pour la production agricole, notamment dans les pays du Sud, qui en achètent les trois quarts. Dans les zones chaudes et humides, y compris dans les Départements d'outre-mer, où les herbes poussent vite, le désherbage des cultures de rente (café, thé, bananes...) est un poste stratégique. Le paraquat a l'avantage d'agir très vite, outre celui de ne pas polluer l'eau : il désherbe en moins de quarante-huit heures, contre un mois pour les autres herbicides «non-sélectifs». Revers de la médaille : c'est un poison violent pour l'homme, «une vraie saloperie», selon les termes d'un médecin en milieu agricole.
Suicides. Dans la nomenclature des produits chimiques, il est classé T +, soit très toxique. «En cas d'ingestion, une grande gorgée suffit, il n'y a aucun antidote. La mort survient dans des douleurs atroces, par détresse respiratoire. Au mieux immédiatement, au pire plusieurs jours après», explique Daniel Marzin, président de la «com-tox», chercheur à l'Institut Pasteur et professeur de toxicologie à l'université Lille 2. L'empoisonnement au paraquat est un mode de suicide fréquent en milieu agricole. Il est également la cause de centaines de morts par ingestion accidentelle, notamment dans les pays en voie de développement, où les produits agrochimiques sont souvent stockés «à portée de main», dans les maisons.
Pour la France métropolitaine, les centres antipoison ont enregistré 54 morts en moins de quatre ans, dont trois accidentelles. «Des mésusages» dont ils ne sauraient être tenus pour responsables, soulignent les industriels, Syngenta en tête. Mais quid des politiques qui valident les autorisations de mise sur le marché ? «Si on peut supprimer un produit qui tue de façon si atroce, il faut le faire», tempête Daniel Marzin. «Surtout qu'il existe des alternatives.» Aussi, lors de sa réunion du 15 janvier 2003, la «com-tox» a-t-elle attiré «l'attention de la DGAL (Direction générale de l'alimentation du ministère de l'Agriculture) sur le problème de santé publique posé par cette substance». Elle a recommandé sans ambages «l'interdiction de l'utilisation des spécialités (du paraquat) en pulvérisation à l'aide d'appareils à dos». C'est en effet «à dos d'homme» qu'est vaporisé cet herbicide dans les pays chauds, Antilles comprises. Et c'est ce qui est la cause de centaines d'accidents professionnels chaque année dans les pays du Sud (1).
Brûlures. Le paraquat est très irritant pour les yeux et les poumons, et surtout, il brûle la peau par contact. «Brûlures insidieuses, souligne Daniel Marzin, car on ne sent rien sur le moment.» Or les pulvérisateurs fuient, parfois, provoquant des brûlures gravissimes dans le dos ou le long des jambes. Sept cas ont été recensés en 2002 par la Mutualité sociale agricole (MSA), chiffre non exhaustif qui fait du seul paraquat le responsable d'un tiers des brûlures graves par produits phytosanitaires en France métropolitaine, où cet herbicide est pourtant essentiellement diffusé par tracteur.
Et dans les DOM, où le pulvérisateur à dos est le mode majeur d'épandage ? La «com-tox» a tenté d'avoir des chiffres. Echec. Car, «dans les DOM, il n'y a pas de centre antipoison, ni de médecine sociale agricole», explique Daniel Marzin. Cependant, nul ne conteste l'existence d'accidents - pas même Syngenta, qui insiste sur le fait que le port d'une combinaison étanche, de bottes, de gants et d'un casque rend l'usage de son produit sans risque. Protection «irréaliste» dans les pays chauds, objecte la «com-tox». D'autant que, comme le déplore le secrétaire général de l'Union des industries de protection des plantes (Uipp), Jacques My, «il n'y a en général que peu de contrôle des conditions d'utilisation des pesticides».
Consensus. Du coup, début 2003, l'idée d'une interdiction du paraquat fait consensus chez les experts français. Lors des réunions à Bruxelles, la France s'oppose à l'agrément du produit. Le 10 avril encore, une note interne à la DGAL, la direction du ministère de l'Agriculture compétente pour les homologations, conclut que la «non-inscription de cette substance active au niveau communautaire» est la «seule méthode efficiente pour résorber une source majeure d'accidents professionnels». Pourtant, le 3 octobre, la DGAL (passée sous le contrôle de Thierry Klinger, ex-préfet du Finistère, après le «débarquement» abrupt de Catherine Geslin-Laneelle, nommée par Jean Glavany sous le gouvernement précédent) donne consigne de voter à Bruxelles pour continuer d'autoriser le paraquat...
Pourquoi ? «Nous avons fait une enquête auprès des préfets des DOM. Une interdiction aurait posé des problèmes de remplacement du produit dans les Antilles, et cela demande du temps à mettre en place», plaide Thierry Klinger. Et puis, «plutôt que de rester dans l'opposition, nous avons contribué à débloquer le dossier», affirme-t-il, se réjouissant du «compromis acceptable proposé par la Grande-Bretagne» (qui abrite l'usine européenne de fabrication du paraquat). Explication de texte : l'autorisation, donnée pour dix ans, a été assortie, exceptionnellement, d'une requête : Syngenta devra présenter dans cinq ans le bilan de sa contribution à une utilisation plus sûre de son produit, via des formations et des distributions gratuites de protections. L'entreprise propose des «ponchos en toile cirée et des gants aux utilisateurs métropolitains», dit François Bonnot, responsable des phytosanitaires chez Syngenta- France. Et pour les DOM ? «On cherche un poncho en matériel allégé...»
Le paraquat, qui représenterait un chiffre d'affaires annuel de 500 millions de dollars pour Syngenta, et bientôt pèsera beaucoup plus, grâce à une nouvelle usine en Chine, vaut bien de faire un peu de shopping. D'autant que, lors de la même réunion du 3 octobre, les Quinze ont voté l'interdiction de l'atrazine et de la simazine, deux autres herbicides... produits, eux aussi, par Syngenta. Le cours en Bourse de la firme avait aussitôt plongé de 4,3 %. Si le paraquat avait été interdit, plus dure aurait été la chute...


conséquence paraquat
conséquence paraquat

Les effets du PARAQUAT sur l’homme.

Le PARAQUAT est considéré comme l’herbicide, utilisé à grande échelle, le plus toxique au monde. En Allemagne,
345 herbicides différents sont autorisés. Un seul a été classé comme hautement toxique : le PARAQUAT.
Il doit être marqué avec le symbole « tête de mort » et l’indice T+. Des produits tels que l’arsenic ou l’acide
cyanhydrique, qui peuvent provoquer en très faible quantité des dommages de santé lourds pouvant aller
jusqu’au décès, portent cette indication.

Lésions oculaires :
Kératite et conjonctivite,
lésion de la surface oculaire.

Lésions cérébrales :
Soupçon qu’une exposition prolongée
au Paraquat augmente le risque
de développer la maladie de Parkinson.

Lésions internes et insuffisance respiratoire:
Les effets observés du PARAQUAT associent
une atteinte hépatique modérée, une nécrose
tubulaire rénale et surtout une fibrose pulmonaire
provoquant le décès par déficience
respiratoire. De plus, des dommages du
foie, des reins, du tube digestif et du
système cardio-vasculaire sont possibles.

Atteintes des voies
respiratoires :
Atteintes pulmonaires
chroniques

Lésions des ongles :
de la décoloration
jusqu’ à la chute.

Lésions cutanées :
lésions corrosives cutanées
(érythèmes, dermatoses bulleuses,
brûlures graves), dermatite, avec
risque de pénétration dans l’organisme
et d’intoxication générale.


conséquence paraquat
conséquence paraquat

Des employés de plantations et des cultivateurs utilisent

La plupart des victimes d’empoisonnement au PARAQUAT sont des employés
de plantation et des cultivateurs qui l’utilisent dans leur plantation sans être
protégés. Un vêtement de protection approprié n’est pas disponible pour la
majorité des utilisateurs de PARAQUAT des pays en développement.
Souvent, les ouvriers agricoles ne peuvent pas acquérir des tenues et des
lunettes de protection à cause de leur coût trop élevé. Il y a aussi un manque
d’information à propos des risques qu’ils encourent. En outre, pour de
nombreux utilisateurs, le port du vêtement de protection lourd de protection
lourd sous un climat tropical n’est tout simplement pas envisageable.
Plusieurs décennies de campagnes d’information de la part de l’industrie
productrice de ce pesticide n’ont pas réussi à modifier cet état de fait.
Des enquêtes dans les pays en développement ont montré de quelles
manières de nombreux ouvriers agricoles s’exposent sans protection à ce
pesticide: au Vietnam, 85% des utilisateurs de PARAQUAT ne portent pas
de gants, 89% n’ont pas de chaussures ni de bottes et 56% ont dû travailler
avec des vaporisateurs ayant une fuite.

Une consommation involontaire peut avoir des conséquences dramatiques.

Sans cesse surviennent de nouveaux incidents. Par exemple, le PARAQUAT
est versé incidents. Par exemple, parce que le PARAQUAT est versé dans des
bouteilles de consommation et peut ainsi être bu par erreur. Dans les pays
en développement, il est souvent conservé dans la cuisine ou dans la chambre
à coucher. Cela explique pourquoi des enfants comptent aussi parmi
les victimes de cet herbicide.

Le PARAQUAT est aussi utilisé pour se suicider.

Parce qu’il n’existe aucun antidote, les tentatives de suicide au PARAQUAT
se terminent généralement par le décès de leurs auteurs. C’est une agonie
atroce et lente qui peut durer des jours voire des semaines. Il est scientifiquement
prouvé que l’accès facile à un produit tel que le PARAQUAT, augmente
le taux de suicide. Dans certains pays, c’est la raison pour laquelle, sur la
recommandation des experts en santé publique, le PARAQUAT a été interdit.

témoin accident paraquat
témoin accident paraquat

Deux victimes du PARAQUAT témoignent

Des études révèlent que chaque année, des dizaines de milliers de travailleurs agricoles et de cultivateurs souffrent d’une intoxication au PARAQUAT. En Corée du Sud, on compte près de 2000 cas d’intoxication, dont 40 à 50 % sont mortels. Au Costa Rica, 20% des intoxications causées par des pesticides sont dues au PARAQUAT. Il s’agit du produit le plus souvent mentionné lors d’intoxications, tant dans des conditions de travail normales que lors d’accidents, mais également lors de tentatives de suicide. La plus grande partie des victimes du PARAQUAT n’apparaissent dans aucune statistique. C’est par exemple le cas en Amérique centrale, où plus de 90 % des intoxications causées par des pesticides, ne sont pas répertoriées.



Marco Tulio
48 ans, Costa Rica

Marco Tulio était chargé de la dispersion du PARAQUAT dans une plantation
de bananes. Le pulvérisateur fixé sur son dos n’était pas complètement
étanche et du liquide a coulé sur son bras. Après trois heures de travail, il a
ressenti une brûlure et son bras s’est mis à prendre une couleur rougeâtre.
Il a ensuite interrompu son travail pour aller se doucher complètement. Le
lendemain, son chef l’a renvoyé au travail. Avec le même matériel défectueux.
Trois heures plus tard, il était à nouveau contraint d’interrompre son
travail en raison de nausées, de douleurs à l’abdomen et d’irritations buccales.
Le médecin du village lui a conseillé d’étendre du dentifrice sur sa plaie.
Quatre jours plus tard, lors d’une visite au service sanitaire de l’entreprise,
la plaie sur son bras était couverte de cloques, comme c’est le cas lors de
graves brûlures. Comme sa plaie ne cicatrisait pas, il a dû être hospitalisé à
deux reprises pour subir des greffes de la peau. Lorsqu’il a pu reprendre
son travail, après neuf mois d’incapacité de travail, il aurait à nouveau dû
s’occuper de l’épandage des pesticides. Face à son refus, Marco Tulio a
été licencié.


Rajammah Murugesu
46 ans, Malaysia

Rajammah Murugesu était chargée de l’épandage du PARAQUAT dans une
plantation de palmiers à huile. Lors d’une journée pluvieuse, elle a glissé
et s’est accidentellement giclée du pesticide directement dans les yeux.
Comme il n’y avait aucune possibilité de se laver à proximité, elle a marché
deux heures pour se rendre à la clinique de la plantation. Elle a ensuite
été envoyée dans un hôpital public, les yeux enflammés et enflés. On lui a
alors retiré les derniers résidus de PARAQUAT des yeux. Elle est restée
une semaine à l’hôpital et a perdu l’usage de son oeil gauche. Des années
plus tard, son oeil droit continue de la faire souffrir et coule sans cesse.


producteurs paraquat
producteurs paraquat

Syngenta : pour faire du profit, une multinationale suisse

L’entreprise, dont le siège est à Bâle, réalise plus de trois quart de son chiffre d’affaires total avec des produits phytosanitaires (6,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires). Syngenta est ainsi le plus important producteur mondial de pesticides. L’entreprise
est également le troisième producteur mondial de semences (avec un chiffre d’affaires de
1,8 milliards dollars). Syngenta compte plus de 19’000 employés.

La direction de l’entreprise est formée de
8 personnes (5 Britanniques, 1 Américain et
2 Suisses), le conseil d’administration de
11 personnes.

Le PARAQUATest disponible sur le marché depuis plus de 40 ans (sous la marque Gramoxone). Il représente l’un des produits – ou plutôt le produit – le plus important de l’entreprise. Pour l’année 2002, la Deutsche Bank a estimé le chiffre d’affaire obtenu avec le PARAQUATà environ 430 millions de dollars, ce qui représentait 7% du chiffre d’affaire total de l’entreprise. Bien que le PARAQUATsoit déclaré depuis longtemps comme produit dangereux et que son utilisation ne soit pas autorisée par plusieurs pays, dont la Suisse, Syngenta s’oppose à l’exigence internationale d’un arrêt de production
du PARAQUAT. Son motif est évident : pour Syngenta, le bénéfice est plus important que le sort des êtres humains des pays en développement.

Syngenta se prononce dans l’affaire PARAQUAT.

« Les connaissances fondamentales sur le PARAQUATconfirment que les usagers ne courent aucun risque si l’usage de Gramoxone Extra se fait de manière appropriée, en suivant le mode d’emploi. La peau est la partie corporelle la plus exposée au produit phytosanitaire.
Cependant, la peau saine et intacte est une barrière naturelle contre l’absorption du Paraquat. En respectant le mode d’emploi, le produit ne peut pas pénétrer le système pulmonaire. Des expériences menées à long terme sur des animaux ont prouvé que la substance ne se dépose pas dans le corps. Ces faits ont été confirmés par des recherches en laboratoire et des études approfondies sur la santé effectuées sur des personnes qui travaillent depuis de nombreuses années avec le Paraquat. Après plus de trente ans d’utilisation, aucun cas mortel suite à l’usage adéquat de Paraquat, selon le mode d’emploi, n’a pu être constaté. »
Concernant l’absorption à travers la peau, Syngenta explique :
« Cependant, une exposition prolongée et répétée de la peau avec Gramoxone Extra par vaporisation, due par exemple à l’emploi d’un dispositif perméable, à une hygiène corporelle négligée ou au port de vêtements de protection inadéquats, peut aboutir à une irritation de la peau voire à des lésions cutanées. Les symptômes décrits indiquent clairement que l’usager a fait quelque chose de faux.
La substance active du Gramoxone Extra -dans sa forme non diluée- a un effet irritant et nocif sur les yeux et la peau. Pour cette raison, il est nécessaire de porter des gants et des lunettes de protection (comme c’est le cas lors du mélange d’autres produits phytosanitaires). Un contact répété et prolongé de la peau avec le concentré pourra aboutir à des irritations plus fortes si celle-ci n’est pas lavée. Si cela n’est pas pris en considération, il pourra y avoir de graves lésions de la peau et des ongles. La substance peut donc être absorbée. Cependant, de telles situations se produisent uniquement en cas d’abus du produit ou si l’usager ne respecte pas les avertissements précisés dans le mode d’emploi. L’irritation de la peau et les symptômes apparentés guérissent avec l’arrêt à l’exposition au Paraquat, c’est-à-dire lorsque les parties concernées sont lavées, ou soignées en cas de
besoin. »
Syngenta développe ci-dessous son éthique en matière de production :
« L’éthique de Syngenta en matière de production exige un contrôle (surveillance) des différentes étapes de production, de distribution et d’application, soutenu par un processus de formation continue et de perfectionnement.
En outre, Syngenta a envoyé dans le monde entier des terre à fouler à des hôpitaux et à des centres médicaux. Ceux-ci sont soutenus par les entreprises de vente de protection des plantes et les collaborateurs de Syngenta. Le groupe Syngenta soutient dans le monde entier une série de programmes de perfectionnement des agriculteurs en ce qui concerne la mise en circulation responsable des produits phytosanitaires. De plus, Syngenta fournit des documents de consultation et des notices explicatives pour une utilisation sûre de la préparation. Syngenta réexamine et publie des dispositions standard pour l’emballage, le stockage et le transport des produits phytosanitaires qui vont, en partie, au-delà des règlements nationaux. » Concernant la problématique du suicide, Syngenta prend la position suivante :
« Malheureusement, le PARAQUATa aussi été utilisé dans des intentions suicidaires. Syngenta déplore cette situation. Toutefois, l’entreprise est persuadée que la suppression d’un moyen de suicide n’empêchera pas celui qui a décidé de mettre fin à ses jours de passer à l’acte. Sur ce sujet, il faudrait plutôt observer les causes du suicide. »

digitaria
digitaria

Conclusions sur le PARAQUAT : pourquoi le gouvernement de 2003 à demandé une utilisation sous contrôle

Le paraquat est, de longue date, l'enjeu d'un affrontement délicat entre préoccupations économiques et sanitaires. Il est une bénédiction pour la production agricole, notamment dans les pays du Sud, qui en achètent les trois quarts. Dans les zones chaudes et humides, y compris dans les Départements d'outre-mer, où les herbes poussent vite, le désherbage des cultures de rente (café, thé, bananes...) est un poste stratégique.
Le paraquat a l'avantage d'agir très vite, outre celui de ne pas polluer l'eau : il désherbe en moins de quarante-huit heures, contre un mois pour les autres herbicides «non-sélectifs». Revers de la médaille : c'est un poison violent pour l'homme

Plusieures questions nous ont taraudées en étudiant ce dossier :

1 - Pourquoi les cultivateurs guadeloupéens ont ils besoin d'une autorisation pour ne pas utiliser un pesticide que l'on sait dangereux depuis plus de 20 ans - voir nos fiche toxico datant d'avant scandale- ? (donc pourquoi dire actuellement que la faute est uniquement gouvernementale ?)

2 - Pourquoi ne pas voir l'avenir est trouver une solution à cette affaire plutôt que polémiquer longuement et inutilement ?

Atout Guadeloupe propose plusieures pistes :

  • l’indemnisation de tous les moyens et petits agriculteurs dont les terres ont été polluées
  • Recherche de la meilleure méthode pour dépolluer nos sols : pourquoi pas le digitaria ?
    Le digitaria, plante originaire d'Afrique, pourrait avoir des propriétés dépolluantes. Les chercheurs s'y intéressent semble-t-il.
  • mise en route d’un processus de dépollution des sols contaminés (par le biais de phytoremédiation testé positivement au Canada)
  • une enquête judiciaire pour identifier les responsables

L'ordre de ces pistes a son importance pour l'avenir du sol guadeloupéen

Mise à jour le 12 août : La Martinique recupère 14 000 litres de pesticide à base de PARAQUAT

La direction de l’agriculture et de la forêt (DAF) de Martinique a annoncé avoir récupéré près de 14 000 litres de l’herbicide R.Bix dans le département. Ce produit phytosanitaire à base de paraquat a été retiré du marché et la préfecture a lancé une vaste opération de récupération des stocks auprès des agriculteurs.

Le liquide serait envoyé en métropole par contenaire


Sébastien Sabattini