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10 mai commemoration de l'abolition de l'esclavage

en métropole !


Rédigé le Vendredi 10 Mai 2013 à 05:00 commentaire(s)
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Au 10 mai, date officielle pour commémorer l'abolition de l'esclavage par la France, on oppose le 23 mai.


Jour anniversaire officiel pour commémorer l'abolition de l'esclavage par la France, le 10 mai ne fait pas l'unanimité, notamment auprès des populations les plus concernées, Outre-mer, où on défend le 23 mai.

Concrètement, chaque département d'Outre-mer fête cet événement en ordre dispersé: le 27 avril à Mayotte --en souvenir du 27 avril 1848, date de l'abolition officielle de l'esclavage par la France par un décret de Victor Schoelcher--, le 22 mai à la Martinique, le 27 mai en Guadeloupe et le 10 juin en Guyane.

Et il a fallu attendre le 30 janvier 2006 et Jacques Chirac pour que la métropole choisisse aussi une date pour célébrer la fin de l'esclavage, cette "barbarie civilisée" selon le poète martiniquais Aimé Césaire.

Proposée par le Comité pour la mémoire de l'esclavage (CPME), présidé par l'écrivain guadeloupéen Maryse Condé, la date du 10 mai ne correspond historiquement à aucun moment clef de la lutte contre l'esclavage.

Le seul événement correspondant à ce jour est la lettre aux citoyens de Guadeloupe écrite par le colonel Delgrès, un officier mulâtre, le 10 mai 1802, lorsqu'il prit la tête d'un groupe de militaires opposés à la décision de Napoléon de rétablir l'esclavage.

L'idée est en fait de rappeler le 10 mai 2001, date de l'adoption définitive par le Parlement de la loi "Taubira" reconnaissant la traite et l'esclavage comme des crimes contre l'humanité.

Pour Christiane Taubira, Ministre de la Justice, cette querelle autour du 10 mai est "un faux problème". "Ce n'est qu'une date repère, en fait il faudrait que le mois de mai en totalité devienne un mois de souvenir et de commémoration, un peu comme le "black month" aux Etats-Unis, en février", a-t-elle plaidé

Reste que pour la plupart des associations Outre-mer, c'est la date du 23 mai qu'il aurait fallu retenir. Pour une triple raison:
  1. c'est le 23 mai 1848 que les esclaves martiniquais ont vécu leur premier jour de liberté
  2. c'est le 23 mai 1998 que plus de 40.000 descendants d'esclaves ont marché silencieusement dans les rues de Paris
  3. c'est le 23 mai 2001 qu'a été publiée la loi "Taubira" au journal officiel.

"La date du 23 mai s'imposait, car il s'agit de commémorer les victimes de l'esclavage, et non les abolitionnistes", explique ainsi Victorin Lurel, Ministre de l'Outre-mer


Mais l'adversaire le plus acharné du 10 mai pour célébrer l'abolition de l'esclavage est sans doute Jacques Attali, ex-conseiller de François Mitterrand. Pour lui, cette date doit "revenir" d'office au seul président socialiste de la Ve République, élu pour la première fois à l'Elysée en 1981, un 10 mai.

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Abolition de l'esclavage par l'assemblée nationale

1848 : l'abolition définitive

« Nulle terre française ne peut plus porter d'esclaves » : un débat à l'Assemblée nationale constituante le 1er décembre 1848

Rétabli sous Bonaparte par la loi du 27 floréal an X (17 mai 1802), l’esclavage est définitivement aboli le 27 avril 1848. Le décret du Gouvernement provisoire du 4 mars 1848 créant la commission d’abolition de l’esclavage précise que « nulle terre française ne peut plus porter d'esclaves » (voir le décret du Gouvernement provisoire du 4 mars 1848 instituant une commission pour l'émancipation des esclaves dans toutes les colonies de la République et l'arrêté fixant la composition de la commission).

Selon les considérants du décret d'abolition du 27 avril 1848, « l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine ; [...] en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; [...] il est une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Égalité, Fraternité. L'abolition de l'esclavage s'applique dans toutes les colonies et possessions françaises dans les deux mois de la promulgation du décret dans chacune d'elles. 250 000 esclaves noirs ou métis aux Antilles, à la Réunion et au Sénégal sont ainsi libérés.

Le décret du 27 avril 1848 interdit absolument « tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres ». Il interdit à tout Français, même en pays étranger, de posséder, d'acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement, à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînerait la perte de la qualité de citoyen français ». L'article 7 précise que « Le sol de France affranchit l'esclave qui le touche. »

Le principal instigateur de cette mesure, Victor Schœlcher, est élu représentant du peuple à la Guadeloupe et à la Martinique. Optant pour la Martinique, il fait ainsi entrer à l’Assemblée nationale constituante son colistier guadeloupéen Louisy Mathieu, un ancien esclave âgé de trente et un ans, ayant pour suppléant Henri Wallon.

Le 1er décembre 1848, pendant l'examen des crédits de la marine et des colonies, Louisy Mathieu répond à un discours blessant de son collègue Charles Levavasseur.

27 mai : commemoration de l'abolition de l'esclavage en Guadeloupe

La Journée nationale de commémoration de l’abolition de l’Esclavage est arrêtée au 10 mai. Retour sur cette décision et réactions de personnalités du monde politique et de la culture.


Se souvenir des victimes

Le 10 mai ne fait pas le bonheur de tous les ultramarins. Beaucoup d’associations auraient préféré la date du 23 mai, en référence au 23 mai 1998 où 40 000 personnes marchèrent silencieusement dans les rues de Paris « en mémoire des millions de victimes de l’esclavage colonial ». Le Comité du 23 mai 1998, présidé par Serge Romana et regroupant des associations antillo-guyanaises, militait pour la reconnaissance de cette date.


sébastien sabattini