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Guide de Guadeloupe


Sucre de canne et cannes à sucre de Guadeloupe


Rédigé le Samedi 14 Août 2010 à 10:24 commentaire(s)
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ATOUT GUADELOUPE - Le sucre de Guadeloupe, provient de sa propre production de cannes à sucre.


Introduction à la canne à sucre et sucre de canne en Guadeloupe

En traversant les campagnes et les villes de Guadeloupe, vous ne pourrez pas faire autrement que de les voir, elles sont partout : dans les champs, sur les tracteurs, dans le ti puch ou cocktails tropicaux, dans des bouteilles ou à la main d'un guadeloupéen, la canne et tous ses dérivés comme le sucre de canne ou le rhum agricole ravit nos palais et nos yeux

Vaste bal des véhicules vers la sucrerie ou les distilleries de l'ile au moment de la récolte, calme apaisé d'un champ battant sous les alizés le reste du temps, la canne est présente aux côtés des guadeloupéens sous toutes ses formes et elle ne laisse jamais indifférente...

Découvrez au travers de Sucre de canne et cannes à sucre de Guadeloupe
Production de canne à sucre en Guadeloupe, usine Gardel
Les origines de la canne à sucre
Techniques de blanchiment du sucre de canne
Le sucre de canne aujourd'hui en Guadeloupe.
Filière sucre en Guadeloupe
Récolte de la canne à sucre
Extraction du sucre de canne
Les sous produits de la canne
Histoire de la canne à sucre
Continuez vos recherches et références

La canne en fleurs
La canne en fleurs

Production de canne à sucre en Guadeloupe, usine Gardel

Le sucre, issu de la tige de canne, reste encore une production importante en Guadeloupe, seule l' usine Gardel en Guadeloupe continentale continue à produire le sucre.

Le saviez vous? La canne à sucre ne fût introduite seulement qu'en 1674, ce qui est fort tard par rapport à Saint christophe en 1625 et à la Martinique.
Les colons ont travaillé seuls la terre jusqu'en 1738, ce, durant presque un siècle, jusqu'à l'arrivée des noirs d'Afrique réduits en esclavage.

Arrivée de Christophe Colomb aux Antilles
Arrivée de Christophe Colomb aux Antilles

Les origines de la canne à sucre

Elle aurait été découverte aux Indes, ce qui est traduit en faux d'après d'autres chercheurs.
Ceux ci affirment que la canne à sucre était déjà cultivée en Chine il y a plusieurs milliers d'années! La canne à sucre est bien originaire d'Asie. Elle serait apparue en Perse vers 510 avant Jésus Christ et deux siècles plus tard, les Grecs et les Romains importèrent le sucre seulement à titre thérapeutique.......et aromatique?

La découverte de l'Amérique par Christophe Colomb ''booste'' la production du sucre!
c'est à Saint Domingue que la canne est plantée pour la première fois, puis exportée dans toutes les isles des Caraïbes!

Esclaves préparant les sols
Esclaves préparant les sols

Techniques de blanchiment du sucre de canne

Les colons français ne savaient pas transformer la canne en sucre. Il a fallu l'immigration forcée des juifs brésiliens qui se sont installés majoritairement en Guadeloupe, (suite à des évènements importants. En 1654, le Brésil, pour des questions religieuses, a chassé les juifs du pays. Les colons ont appris d'eux les techniques de transformations! )

Au début, ces juifs sont venus avec de l'or, puis les techniques de blanchissement du sucre. A l'époque, le sucre était brut, transporté en France par bateaux. Les secrets livrés par les juifs brésiliens ont libéré le commerce du sucre entre les isles et la France!

usine désaffectée de grosse montagne
usine désaffectée de grosse montagne

Le sucre de canne aujourd'hui en Guadeloupe.

Lors de l'introduction de la canne au 17éme siècle en Guadeloupe, le développement de cette industrie a été constante, en particulier après la grande guerre de 1940/1945.
Depuis, le sucre a connu une importante régression. Les unes après les autres, les usines fermeront, ne laissant en activité que l'usine Gardel au Moule en Guadeloupe continentale et l'usine de Grand Bourg de Marie Galante!

L'usine de Grosse Montagne, aurait été fermée pour permettre la restructuration de la filière sucre en Guadeloupe?

Coupe de la canne
Coupe de la canne

Filière sucre en Guadeloupe

Aujourd'hui en Guadeloupe, seuls 12.310 hectares sont cultivés, la surface cannière ayant été divisée par deux depuis près de vingt ans!

La Guadeloupe produit actuellement bon an mal an, 600.000 tonnes de cannes et 150.000 tonnes pour Marie Galante, avec une sérieuse baisse en 2003, avec seulement 572.000 tonnes?

Le sucre et le rhum, restent les secteurs numéro 1 de l'industrie agro-alimentaire de la Guadeloupe.

Sucre de canne et cannes à sucre de Guadeloupe

Récolte de la canne à sucre

La récolte de la canne à sucre intervient après onze à dix-huit mois de culture, avant la floraison. Elle débute avec le début de la saison sèche et se poursuit après les premières pluies. Afin de déterminer la période la plus favorable pour la coupe de la canne, la quantité de saccharose de la tige est mesurée à l’aide d’un réfractomètre. Les cannes sont coupées au ras du sol, soit manuellement à la machette, soit de façon mécanisée au moyen de moissonneuses spécialisées. Ces machines découpent, tronçonnent et chargent dans des véhicules les morceaux de canne Dû au faible contenu en sucre la partie supérieure de la plante, ainsi que les feuilles, sont abandonnées dans les champs.

La méthode dite « australienne » consiste à mettre le feu aux plantations à couper et de procéder seulement à la coupe de la base des chaumes, les feuilles ayant été préalablement brûlées. Cette méthode aurait un effet d’appauvrissement des terres. Les souches rejètent ensuite en nouvelles tiges pour une prochaine récolte. Ce processus peut se renouveler jusqu’à huit à dix années consécutives. Au-delà de ce temps, il faut renouveler les plantes pour s’assurer d’une bonne teneur en saccharose.

La durée et la période de la campagne varient selon les pays, les climats et les traditions locales. L’usine est en général située à proximité des lieux de culture. Le transport à la sucrerie doit se faire le plus vite possible, car une fois coupée, la canne se détériore rapidement et perd son sucre. Si les cannes sont laissées trop longtemps dans les champs, la température élevée activera les invertases endogènes de la plante qui agiront sur le saccharose et transformeront une partie de celui-ci en sucres non-cristallisables. Cette transformation, qui est irréversible, peut présenter une perte importante de saccharose, car une période d’attente de 2 à 3 jours peut provoquer une perte de 50 % de saccharose sur à un potentiel de rendement qui n’atteint que 8 % à 14 % par rapport au poids total de la tige de la plante. La perte peut être plus élevée avec la méthode australienne, car la présence de cendres fait augmenter la température ambiante et, en conséquence, l’activité enzymatique des invertases.

Le ramassage de la récolte se fait dans les champs par camions, remorques et tracteurs. La réception des cannes par l’usine se fait directement à la balance de la sucrerie. Les camions sont pesés, puis on prélève un échantillon de cannes à l’aide d’une sonde mobile pour procéder à une analyse afin de vérifier la teneur en saccharose. Par la suite, les cannes peuvent être soit, entreposées pour la nuit, soit envoyées directement à la transformation.

Un échantillon, au coeur de la cargaison, est prélevé à l’aide d’un tuyau d’un diamètre de 200 à 250 mm tournant sur lui même et de longueur ajustable Le tube sectionne la canne et produit un échantillon de 10 à 20 kg représentatif de la livraison. Le cultivateur est rémunéré en fonction de la teneur en sucre de cet échantillon.

Une fois reçus à la sucrerie, les morceaux de canne sont séparés et lavés, s’il y a lieu. Ces morceaux passent dans trois coupes cannes appelés défibreurs où les fibres de canne sont séparées. À ce stade, les morceaux de canne ont une taille de l’ordre de 100 mm de longueur et 4 mm de diamètre. Cette étape de broyage est déterminante et facilite considérablement l’opération d’extraction.

Extraction du sucre de canne

Le procédé standard d’extraction du sucre de canne blanc est assez semblable à celui du sucre de betterave. Excepté pour l’étape d’extraction initiale, les opérations sont similaires. Le jus de canne subit alors les mêmes opérations que le jus de betterave.

Il est chauffé en présence d’agents, tels quel le carbonate de calcium, l’hydroxyde de calcium, le dioxyde de carbone (clarification calco-carbonique) et le dioxyde de soufre, qui précipitent les protéines et autres substances secondaires.

Par la suite, la solution sucrée est filtrée et soumise à une évaporation initiale, suivie d’une vaporation à vide jusqu’à la formation d’un sirop présentant des signes de cristallisation initiale. Ce sirop, qui eçoit le nom de masse-cuite, est soumis à une nouvelle évaporation jusqu’à ce que le processus de ristallisation soit avancé. Par la suite, les cristaux de sucre sont séparés du liquide par centrifugation. Le liquide, qui contient encore du saccharose et une petite quantité de sucres non-cristallisables, constitue la mélasse.

À la différence de la betterave, la canne à sucre est cultivée dans les pays tropicaux. De ce fait, il est exporté sous forme de sucre brut provenant des usines appelées « moulins » qui sont opérées dans le voisinage des champs de culture. Le raffinage du sucre brut est donc effectué par la suite dans les « raffineries » situées dans les pays importateurs

Les sous produits de la canne

Le sucre
Le saccharose extrait de la canne peut aussi servir à d’autres fins que la consommation. Par différents procédés chimiques, on peut transformer le sucre en de nombreuses substances chimiques (éthers et esters) aux applications très intéressantes. Des plastifiants, des adhésifs, des ernis, des cosmétiques, des détergents et même des explosifs sont quelques exemples de produits érivés du sucre.

La bagasse
La bagasse, formée de fibres végétales broyées, peut représenter jusqu’à 30 % de la matière issue de la canne. Elle renferme en moyenne 45 % d’eau, 48,5 % de fibres et 2,5 % de matière dissoute (principalement du sucre). La bagasse servait traditionnellement de source de combustible pour la sucrerie, ainsi que de fourrage pour les animaux et d’engrais. Plusieurs nouvelles applications ont été développées pour la bagasse, par exemple la fabrication de papier, carton et panneaux agglomérés; la fabrication du furfural et l’utilisation comme source d’énergie pour des centrales charbon-bagasse.

La mélasse
La mélasse, qui contient 35 % de saccharose et bien d’autres substances , peut aussi connaître une seconde vie. On produit 30 kg de mélasse par tonne de canne, soit 3 % de la matière première. Une bonne partie de la mélasse produite par les sucreries est utilisée pour la production du rhum industriel. Une autre fraction est utilisée dans l’alimentation des animaux et une petite partie se retrouve sur les tablettes des supermarchés pour la consommation humaine. La mélasse peut aussi être utilisée pour la culture des levures ainsi que, pour la production de divers produits, tels que l’acide acétique (vinaigre), l’acide citrique, le glycérol, l’acide aconitique, le glutamate, la dextrane, l’acide itaconique, la lysine et l’éthanol.

Histoire de la canne à sucre

XVIIe siècle - La révolution sucrière

Quand Charles Houët, représentant français de la Compagnie des Isles d’Amérique, débarque en Guadeloupe, en 1649, l’île est couverte de petites propriétés où l’on cultive l’indigo, le tabac et le coton. Seuls quelques champs de canne permettent de produire du sucre. mais ce produit rare est envoyé en métropole dans des tonneaux pour être raffiné.

Soucieux de développer l’économie de l’île, Houët accueille en 1654 plusieurs centaines de juifs hollandais, chassés du Brésil par les Portugais. Ces colons maîtrisent les techniques de fabrication et de « blanchiment » du sucre, qu’ils enseignent aux Français. Les petites propriétés sont transformées en d’immenses plantations de canne : c’est la « révolution sucrière ».

XVIIIe siècle - Une colonie esclavagiste

Le besoin de main-d’œuvre pour récolter et transformer les cannes favorise l’essor de l’esclavage. En 1656, ils sont déjà plus de 3000 sur une population de 15 000 habitants.

Au début du XVIIIe siècle, l’économie sucrière a coupé la société guadeloupéenne en deux catégories que tout oppose : l’élite blanche et les esclaves. Ces derniers sont envoyés par dizaines de milliers, pour satisfaire la demande en sucre d’une métropole qui a su protéger son île des convoitises anglaises.

L’économie de la Guadeloupe devient totalement dépendante de la culture de la canne. Le nombre de sucreries passe de 111 à 278 durant la première moitié du XVIIIe siècle, au détriment d’autres cultures comme l’indigo, abandonné en 1730.

Grâce à la mise en place du commerce triangulaire, la Guadeloupe devient une véritable colonie à esclaves. En 1789, l’île en abrite 90 000, contre seulement 14 000 colons blancs.

Dans les « habitations sucrières », les propriétaires concèdent à leurs esclaves un petit bout de jardin, où ils peuvent cultiver fruits et légumes pour couvrir leurs besoins alimentaires. Ces « jardins à nègre » sont considérés dans la culture créole comme des espaces de liberté. Au XIXe siècle, ils permettront à quelques esclaves de revendre leur production et ainsi de pouvoir racheter leur liberté.

XIXe siècle - Des moulins aux usines

Au XIXe siècle, la canne n’est plus broyée par des moulins de pierre, mais par des machines industrielles. Des usines sont dressées dans toute l’île, ce qui améliore considérablement les rendements de la canne à sucre.

L’abolition de l’esclavage, en 1848, ne remet pas en question la santé économique de le Guadeloupe. Un système salarial est mis en place, grâce à la création en 1851 de la Banque de Guadeloupe, puis du Crédit Foncier colonial. Ces organismes prêtent de l’argent aux propriétaires pour payer les salariés et moderniser les usines.

Trop dépendante de la culture de la canne, la Gadeloupe plonge à la fin du XIXe siècle dans une grave crise sociale. La surproduction fait chuter le prix du sucre, ce qui incite les usines à concentrer les cultures, au détriment des petites propriétés familiales.

Xxe siècle - Une culture sous perfusion

Assurée par une quinzaine d’usines, la production de sucre redémarre et atteint son apogée dans les années 1950. Mais c’est la banane, introduite en Guadeloupe dans les années 1920, qui devient dans les années 1960 la principale culture d’exportation de l’île, devenue département français en 1946.

Depuis trente ans, les usines ferment les unes après les autres. Seule l’usine Gardel du Moule fonctionne encore, grâce aux subventions des collectivités, de l’Etat et de l’Union Européenne. Les grandes propriétés ont laissé place à un morcellement des plantations qui nuit aux rendements.

Pourtant, la filière canne/sucre/rhum demeure vitale pour l’économie guadeloupéenne, dont les exportations dépendent pour moitié des produits agricoles (canne à sucre et ses dérivés, banane, ananas…) et qui fait encore vivre au moins 30 000 personnes.

Diversifier les cultures : la solution ?

Suite aux plaintes des producteurs mondiaux de sucre, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) va faire baisser de 36% le prix de référence du sucre en 2009.

L’économie guadeloupéenne a plus que jamais besoin de varier sa production. Les petits planteurs l’ont bien compris. Pour s’assurer des revenus convenables, plus de deux tiers d’entre eux se snot lancés dans la polyculture. A Grande-Terre, ils font pousser des melons, du café ou de la vanille. Et Basse-Terre se couvre de champs d’ananas et d’igname. Mais le phénomène reste encore marginal.


Références de cet article sur la canne à sucre et le sucre de canne en Guadeloupe

Centre de recherche, de développement et de transfert technologique acéricole
www.centreacer.qc.ca

Centre Technique de la Canne à Sucre de la Guadeloupe :
www.ctics-gp.com

GEO
http://www.geo.fr

WIKIpedia
fr.wikipedia.org/wiki/Canne_à_sucre

Merci pour ses photos de Guadeloupe, canne à sucre de Mr Soberka de Photoway


Jean-Jacques Coudiere