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Guide de Guadeloupe


Segolène Royal en Guadeloupe : tourisme électoral ?

Royal soulève une polémique en s'invitant en Guadeloupe


Rédigé le Lundi 23 Février 2009 à 06:18 | 0 commentaire(s)
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Vendredi, Jacques Bangou, le maire de la ville, proche du PS, dénonçait les «tentatives de récupération du mouvement» et confiait au Figaro «avoir même cherché à dissuader plusieurs délégations socialistes» amies de venir.


polémique Royal
polémique Royal
Ce devait être le week-end du recueillement à la mémoire de Jacques Bino, le syndicaliste tué par balle sur un barrage. Ce fut finalement le week-end de Ségolène Royal avec son cortège de petites phrases. Alors que les négociations entre le patronat local et les représentants du collectif LKP, à l'origine de la grève générale qui paralyse l'île depuis maintenant trente-deux longs jours, ont été suspendues vendredi soir pour trois jours, l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle 2007 est arrivée samedi en Guadeloupe. Attirant à elle télévisions et photographes.

S'est-elle invitée elle-même ?

C'est ce que beaucoup pensent à Pointe-à-Pitre. L'effet de surprise, en tout cas, est réussi. Vendredi, Jacques Bangou, le maire de la ville, proche du PS, dénonçait les «tentatives de récupération du mouvement» et confiait au Figaro «avoir même cherché à dissuader plusieurs délégations socialistes» amies de venir. Il y a en effet eu, il y a quinze jours, la délégation conduite par l'ex-secrétaire d'État aux DOM-TOM de Lionel Jospin, Christian Paul. Pas la peine, donc, pensait-il, d'en rajouter. Bangou s'est-il fait forcer la main par Royal ? Il l'a en tout cas accueillie et n'a pas manqué de s'afficher à son côté ce week-end. Quant au président PS du conseil régional, Victorin Lurel, il s'est plaint de ne pas avoir été prévenu........

Dès sa descente d'avion, samedi après-midi, Royal a récusé «toute tentative de récupération». «Ayez du respect», s'est-elle justifiée. Comme pour n'importe quelle personnalité arrivant dans l'île, quelques badauds la saluent et sortent leurs téléphones pour une photo souvenir. Toute à son affaire, la présidente de Poitou-Charentes l'assure : «Je suis là à titre personnel et non pour le PS.» Il est vrai que Martine Aubry n'a pas souhaité que «l'ancienne présidente de la République», comme elle l'a dit mercredi sur France Inter, en commettant un joli lapsus, représente le parti.

L'ex-candidate n'en a cure : «Je suis venue en amie des peuples antillais et guyanais, d'abord pour rendre hommage à un syndicaliste tué», a-t-elle déclaré, affirmant vouloir «que la justice soit là pour que la paix revienne».

Mais, alors que le calme semble revenir dans l'île, Royal a jeté de l'huile sur le feu, même si elle s'en est défendue. À l'issue d'une rencontre avec le leader du LKP, Élie Domota, elle a demandé à François Fillon d'assister aux négociations sociales et au patronat de mettre sur la table 200 euros d'augmentation des salaires, sous peine, selon elle, d'une «révolution». Elle a accusé le gouvernement de jouer une «stratégie de pourrissement» et critiqué les «gros patrons qui se sont enrichis pendant des années sur le système néocolonial».




Ségolène Royal en Guadeloupe
Ségolène Royal en Guadeloupe

Dès qu'il y a un peu de sang et qu'elle peut mettre en cause l'État, elle vient traîner ses guêtres sans que personne ne l'invite - Dominique Bussereau

Dimanche, à Petit Canal, pour la cérémonie en hommage à Bino, des milliers de Guadeloupéens, vêtus de blanc, couleur du deuil, s'étaient réunis. Tous n'approuvaient pas que des élus métropolitains, à l'instar de Royal, se mettent ainsi en avant. Sur une banderole, une femme avait peint à la main : «Nous étions en marche, pas soutenus, écrivant notre histoire. Pas de récupération politique.» Arrivée quinze minutes après le début de la cérémonie, Royal est restée très discrète, sobrement vêtue et se plaçant au troisième rang des élus......

Ces derniers jours, outre Royal, José Bové était déjà venu apporter sa «solidarité». Ainsi que le leader du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot, venu «apprendre» les méthodes de grèves dures du LKP.



Rodolphe Geisler, envoyé spécial à Pointe à Pitre