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Guide de Guadeloupe


Pointe Noire, paradis des colons et enfer des Nègres - chapitre 2


Rédigé le Vendredi 26 Novembre 2010 à 09:29 commentaire(s)
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Déchirée, écartelée et égorgée, la colonie vivait les poings et mains liés dans une ambiance de trahison et d'exécutions sommaires.


Au temps de l'esclavage

Coureur des bois
Coureur des bois
Dans cette chartreuse hétérogénité où le vent abolitionniste de la convention de 1794 pénétrait dans leur chair, collines altières, vallées au silence atterré et les pales des moulins ébouriffées, le foudre napoléonien de 1802 s'abattit de deuils, de pleurs et de litanies sur le dos massacré des cases plaintives et sur les âmes de tout homme nègre. Les malheurs des enfants d'Afrique renaissaient des cendres. L'esclavage fut rétabli!

Mais les mains Nègres, jadis cicatrisées par le fouet du labeur et des corvées, refusèrent les douleurs des champs de cannes d'affliction et des champs de café de supputation.

Durant ces années de révoltes tendues et de luttes intestines, le boula de la liberté du Nègre tonnait partout dans la colonie et trouvait sa force et son envergure dans les trois valeurs basiques qui furent le levain de la révolution française de 1789, à savoir: liberté, égalité et fraternité!

Déchirée, écartelée et égorgée, la colonie vivait les poings et mains liés dans une ambiance de trahisons et d'exécutions sommaires. On tuait les gens comme on coupe le bois des mornes. La guillotine sanguinaire vomissait sa colère à tout moment et à toute heure de la journée.

Victor Hugues dans sa lancée, fit installer à Pointe noire la terrible guillotine qui sans cesse souffrait d'une soif inextinguible de sang royaliste et ouvrit un tribunal révolutionnaire, composé d'un conseil:
Président P. Piau et Laviolette, juge.
Ce tribunal ouvrit ses séances le 16 décembre 1794 et, ce même jour, il condamnait la femme Ursule, une mulatresse accusée d'avoir montré peu de respect pour la cocarde tricolore à la dégradation civique. Trois mois de prison et à l'exposition pendant un mois durant deux heures le matin et deux heures l'après midi, ayant sur la tête un écriteau portant: femme dégradée du nom de la citoyenneté française. Furent fusillés sur le parvis de l'église, les sieurs, Prosper Perrier, pêcheur de profession, Blanc Labarre, géreur d'habitation, Mauret joseph Desfontaines, propriétaire terrien. Des têtes tombaient tous les jours comme des feuilles mortes.

Quelques colons royalistes chassés de la Guadeloupe par Victor Hugues, ou du moins ceux qui ont échappé à la guillotine n'ont pas eu de peine à rappeler à Napoléon qu'il y allait de sa gloire de remettre l'esclavage. Il accepta l'idée de le rétablir à Saint Domingue et en Guadeloupe en 1802. Ce Bonaparte, d'un esprit étroit, rempli de préjugés, détestait la race noire!









Les pieds Nègres, les pieds de dignité prirent les sentiers aux incantations guerrières!

Nègre marron capturé
Nègre marron capturé
Les pieds Nègres, les pieds de dignité prirent les sentiers aux incantations guerrières. Ils foulèrent le cimarron engrais de la résistance et les fumiers du combat salvateur. De Fond à Congo à Morne à Louis aux Mamelles, s'élevaient les voix rédemptrices. De Sueur de mon Front à Fendre Fouque, Derrière l'Enfer à Acomat et Bois Noir aux Gommiers résonnaient les clameurs des tambours des nègres marrons!

Combien étaient elles, ces entrailles Ponti - Néri, quémandant de jour et de nuit l'égalité et la justice et qui empruntaient des pas révoltés, la trace des contrebandiers aux Plaines pour rejoindre la masse rebelle de la Ramée à Sainte Rose et du Lamentin!

Dans les hauteurs de l'arrière pays, un sentier secret reliait d'artères d'unités et d'esprit d'équité, Mahault, Acomat, Thomy, Fetty, Bellevue, Gommiers, Beauregard, Varin, Biron pour arriver à Baillargent, traversant de force et de puissance, les terres saignées d'esclavage des sieurs Saint amour et des chevaliers Garnier à Beau - Soleil, les plantation du sieur Migneret au fond de Baillargent et les hautaines habitations aux six cent esclaves du sieur Bordenave.

Les coureurs de bois et les chasseurs de primes mandatés par le gouvernement consulaire qui semaient la terreur dans les communes où les plants de la luttes libératrice bourgeonnaient, essuyèrent des cuves de déroutes face aux nègres jugés hors la loi!
Ils avaient pour mission et dévotion de les capturer pour les ammener dans le bourg de Pointe Noire pour les attacher aux anneaux de la souffrance de la Pointe Batterie!
Là, les propriétaires devaient reconnaitre les suppliciés. après deux ou trois jours sans réclammation des maîtres, les esclaves étaient conduits à Basse - Terre afin d'être vendus aux enchères aux bénéfice des hôpitaux.
Il s'est avéré que les Nègres de Pointe Noire dès l'année 1734, sous le gouvernement du marquis de Larnage portant ancrée en eux, la flamme de la révolte, firent trembler tous les colons de la contrée suite à un grand soulèvement.
Mais l'insurrection fut durement et sévèrement réprimée à cause de la trahison d'une poignée d'esclaves de salons aux machoires conditionnées dans les résidus des mets culinaires du Maître docile. Les corps des malheureux insurgés furent roués de coups avec une barre de fer et subirent le supplice du collier.
Certains d'entre eux furent brûlés vifs sur la place de l'église sous les yeux horrifiés de leurs concitoyens et les vagues de la mer Caraïbe emmenèrent vers les horizons de paix assourdissantes, leurs cendres gonflées d'infinis messages!

Il y avait deux garnisons à Pointe Noire qui protégeaient les colons des incessantes frondes insurrectionnelles, à savoir:
* la première située à la rue Corps au Sol, défendant les murailles du bourg des attaques des Nègres marrons qui dans le silence de la nuit arpentaient les habitations pour se procurer de la nourriture, en particulier de la farine pour préparer le bon et alléchant Dombret!
* la deuxième, se trouvait sur la Pointe Batterie pour protéger la bourgade des assaults répétitifs des pirates et des flibustiers.










Salomon ''grand Zoulou''

Supplice du collier
Supplice du collier
Salomon ''Grand Zoulou'', fils de l'ethnie Mandingue, grand guerrier des plaines aux entrailles ouvertes, valeureux pêcheur, connaissant dans son sang et dans ses veines la redemption des saisons de pluies et les mystères et secrets du Gambie Bilongo. Du haut de ses un mètre quatre vingt cinq, défia les crochets napoléoniens et l'oppression du sanguinaire David, natif de l'Isle et Vilaine à Saint Malo en Bretagne, chasseur de tête de Nègres marrons de la Côte sous le vent, il avait juré de débarrasser le sol guadeloupéen de tous les Nègres assoiffés de révoltes et de liberté.
Sa fureur démesurée l'ammena à répandre de jour comme de nuit, le sang des innocents Africains dans les bois des Mamelles et à souiller la reposante sérénité du lit de la rivière qui porte son nom, ladite Bois David!

La chair du Nègre Bossal, arraché à son village de la Sénégambie, à ses chefferies du Fouta Djalon et arraché à son ethnie Yorubas, Fons et Kwa, condamné dans les écarlates boulets du coton de l'opprobre aux Amériques de fers, de chaines et de fouets, avait du mal à s'adapter à cette vie de corvée, de misère et de mutilation.

Mais les pistolets de la repression et les glaives vomissant les cortèges de jarrets coupés et de ventre déchiré n'annéantissaient en rien le Congo combat de Salomon ''Grand Zoulou'', chef d'une impressionnante confrérie de cimarrons qui depuis son quartier général de l'islet Pigeon fit savoir à David, dans des incantations du dérangeant balafon et avec l'appuie incontesté de ses cammarades de bois, tels que; César ''Gueule rouge'', Manuel ''Hors Bois'', Philippe, ''Grand Jacot'', le Nègre Louis, Pierre ''Mine du Congo'', Entre deux Draps et bien d'autres, qu'il ne comptait pas trembler devant les dents rageuses de l'injustice et de l'infamie et qu'il pensait un jour, lui rendre une visite bien ciselée et bien organisée!

Blessé et outré dans son orgueil de colon et humilié dans son âme endurcie, David déchaîna plusieurs battues en semant la désolation et la mort à travers toutes les contrées de Pointe Noire et de Bouillante, mais la semence macabre de sa colère se retourna contre sa propre personne.
Ainsi, au matin du 8 février 1823, on retrouva son corps sans vie dans la prison de Pointe Noire qui lui servait d'appartement. Le chirurgien royal de Basse - Terre, dépêché sur les lieux, déclara d'une manière laconique:<< mort par coup de pistolet en pleine poitrine>>!






Sébastien Sabattini