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Guide de Guadeloupe


Pointe Noire, paradis des colons, enfer des Nègres - chapitre 8


Rédigé le Vendredi 29 Juin 2007 à 15:41 commentaire(s)
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Dans les jours creusés de souffrance et d'espérance et marqué par les lys de l'oppression et du tumultueux tambour de la révolte, fleurissait la douce Rosillette!


Le combat pour un nom!

Lecture d'un acte
Lecture d'un acte
Sur les hauteurs du verdoyant gommier à la chevelure fournie de campêches, de manguiers et de quenétiers, dans les jours creusés de souffrance et d'espérance et marqué par les lys de l'oppression et du tumultueux tambour de la révolte, fleurissait la douce Rosillette des mornes teintés de splendeur et de douleur.

Fruit d'une dévorante passion amoureuse entre dame Judith, une riche métisse dont la couleur de l'épiderme embrassait plus la magie du bois d'ébène que les quotidiennes duretés des campagnes de Bretagne et de Bordeaux et un chimiste botaniste italien nommé Francius. Naquit la caramelle benjamine d'une fraterie illuminée de cinq enfants, dont Rosillette!

Quand elle eu six mois, le sieur Francius l'enleva à sa mère pour la placer chez une connaissance très fortunée et puissante, le sieur François Séraphin, Laurédan, Duchateau, Deblaine qui avait la tradition de l'hospitalité. C'était lui qui recevait tous les notables, tous les hommes d'honorable profession de passage à Pointe Noire.

Dame Judith qui résidait à Marigot avait la passion du commerce et passait son temps à parcourir les isles anglaises pour ces multiples négoces. Propriétaire terrien, elle vendait son café au sieur augustin Andrieux, un riche négociant du bourg de Pointe Noire qui exportait les matières premières vers la métropole. Mais en dépit de son travail, elle ne coupa jamais le cordon ombilical avec sa Rosillette, elle allait allaiter son enfant chez les Deblaine!

Caresséee par les frais effluves du vent des vertes collines, la petite Rosillette écoulait ses jeunes pluies d'hivernage et ses lumières de carême avec les enfants de son tuteur.
Le sieur Francius, chimiste, botaniste était très sollicité sur les habitations où l'on pratiquait la polyculture et la poly production de cacao, de vanille et de canne. Le père de Rosillette se sentant menacé par les frondes révolutionnaires quitta la Guadeloupe pour ne plus y revenir, laissant à sa métisse concubine et riche propriétaire que les douleurs d'un adieu, foulard terrible et les souffrances d'un adieu madras déchirant. A sa fille chérie, il laissa les souvenirs d'une complicité d'amour et de respect, mais il ne quitta pas le pays sans semer sur les chemins de sa fille, les grains d'un avenir de luxure et de protection!

Voulant pérenniser son nom, il rédigea une patente qu'il remit en main propre à son ami le sieur François Séraphin, Duchateau Deblaine, qui pendant des années fut tenue secrète. La Rosillette aux yeux bleus, brûlait ses jours dans l'insouciance et la sérénité. Son doux sourire ravissait les âmes de la propriété Deblaine jusqu'à faire bourgeonner dans les reins de François Séraphin, Marie Cécile Deblaine, le fils de son tuteur, le flamboyant de l'amour.
De cette histoir d'amour, elle enfanta successivement neuf monuments et des entrailles de sa descendance sortirent le peuple pointe noirien de Baillargent, de Gommiers, de Grenade. Ces enfants se nommaient Euranie, Jean Bâptiste, Volcide, Jeannette, Junior, Mérantier, Jeanille, Rosélius et Fernand, tous des monuments. Jean Bâptiste était le chef d'édilité de Pointe Noire de 1876 à 1882. Volcide était policier à Bouillante et Jeanille, la patronne de la pérénité du café et de la vanille. Quand à Junior, le grand père du policier Audebert Francius toujours en fonction, était conservateur historique de la famille!


''Chochotte'', (Rosillette),comme l'appelait son tuteur exerça son métier de blanchisseuse pendant des pluies et des pluies à l'habitation ''Pérou'', le nom de la propriété Deblaine. Puis, elle devint propriétaire terrien.
Quoique jouissant d'une liberté chez les Deblaine et affranchie dès sa naissance du fouet de l'esclavage, Rosillette n'était pas inscrite sur les registres communaux. Officiellement, elle n'existait pas! Ce n'est qu'après le décès du patriarche des clans Deblaine, le sieur François Séraphin, Laurédan Duchateau Deblaine, que le père de ses enfants, François Séraphin Marie Cécile Deblaine lui remis la patente de reconnaissance que le sieur Francius, son père avait pris soin de remettre au père Deblaine avant son départ définitif de la Guadeloupe.
Le 8 novembre 1845 à 9 heures du matin, ''Chochotte'' se présenta devant monsieur le Maire et officier d'état civil, Marc Michel Quin. elle devait se faire accompagner de deux témoins en l'occurrence, de messieurs Ismael, âgé de cinquante ans, exerçant la profession de tonnelier et de Léonard Jacobi, âgé de vingt sept ans. Elle présenta au Maire, l'extrait de l'arrêté de monsieur le gouverneur daté du 7 novembre de la même année qui la déclara libre de retrouver son nom patronymique de reconnaissance. Elle donna également au Maire, son testament et requit de faire sur les registres communaux, selon l'article 5 de l'ordonnance royale du 12 juillet 1832, l'inscription de son non FRANCIUS!

Son père issu de la haute bourgeoisie italienne lui laissa un héritage colossal, mais les mains ballantes du clan Deblaine dilapidèrent une partie de son patrimoine dans des extravagances financières. mais l'important pour la Rosillette des Gommiers, pour la ''Chochotte'' des mornes sentant le café, c'est d'avoir défier l'outrage de l'âge pour récupérer la dignité de son nom, reconnaissance de son combat pout sa descendance:
Rosillette FRANCIUS!


















Marthélus Ladine