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Guide de Guadeloupe


Pointe Noire, paradis des colons, enfer des Nègres - chapitre 5


Rédigé le Vendredi 29 Juin 2007 à 05:45 commentaire(s)
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Le Major, congédia sans raison apparente l'abbé Murquiez. Il remplissait lui même les fonctions de curé jusqu'à signer de son nom les registres paroissiaux!


Un tyran parmi les tyrans!

Libération des esclaves.
Libération des esclaves.
Maître Gosse était l'arrière petit fils du sieur Louis Gosse, natif de Libourne au pays basque de France. Il naquit en 1675, à l'âge de trente cinq ans, il arriva dans la pléinitude pointe noirienne. Officier dans l'armée, il obtint le grade de capitaine de la milice pointe noirienne. Il conserva ce titre jusqu'à soixante ans. Ancien lieutenant en 1745, n'étant plus en possession de la vigueur qui jadis faisait de lui un héros, il rejoignit ses parents déjà installés à Baillargent!

En 1783, un membre de sa famille un dénommé Bressy Gosse exerçait une vraie tyrannie à Pointe Noire. On l'appelait le ''Major''. Commandant de la milice, il congédia sans raison apparente l'Abbé Murquiez. Il remplissait lui même les fonctions de curé jusqu'à signer de son nom les registres paroissiaux!

Un jour, escorté d'un garde champêtre, il se rendit à l'église, ouvrit le tabernacle, enleva le ciboire et les hosties consacrées, puis porta le tout à la geôle communale. Suite à ce comportement abusif, un incendie se déclara à la prison ou l'on avait voulu mettre le Bon Dieu en captivité. Tout disparu dans les flammes, la tradition locale ne s'était point fait faute de rapporter que cet attentat sacrilège n'avait point porté bonheur à son auteur.

Maître Louis Gosse du même prénom que son aïeul, naquit en 1771 à Pointe Noire. Puissant propriétaire terrien, il cultivait la canne. Sa résidence familiale se dressait sur une butte bien aérée. Elle était construite de petites briques ocres et couverte d'essentes.
Elle était meublée d'un grand luxe. Non loin d'elle, se trouvait le jardin vivrier pour les besoins de la table. Les cases des esclaves étaient faites de planches disjointes. Elles étaient situées non loin des parcs à bestiaux. Tout autour, s'étendaient les plantations de cannes. Bien au delà, se trouvaient les jardins des esclaves. Il leur était accordé la journée du samedi pour les travailler. Individu étouffé d'arrogance et de grandeur, il les saignait des pires atrocités. Il adorait la flagellation. Cependant, il avait sept Nègres d'origine gabonaise qui lui causaient beaucoup de tracas. Plus il les rouait de coups et de sévices, plus ces derniers hurlaient d'hostilité!

Leur haine les poussèrent à utiliser ''le poison de Macandal'', qui décima la quasi totalité du bétail de la famille Gosse. ''Le poison de Macandal'', tirait son appelation du Nègre Macandal, né en Afrique et qui travaillait à Saint Domingue, actuel Haïti. Un jour, il eut la main prise dans le broyeur d'un moulin.......il eu fallu la lui couper. Infirme et ne pouvant disposer de toute sa vigueur, il fut fait gardien de bétail. C'est alors qu'il développa une connaissance d'herboriste et trouva un poison à partir des secrets des plantes. Ce poison circula de plantation en plantation, d'isle en isle!

Fatigué et impuissant face aux multiples vengeances de ses esclaves, Maître Gosse voulut se débarrasser des sept révoltés. Il accepta la proposition du sieur Delareberdière, un riche propriétaire terrien d'Acomat, qui lui suggéra de lui envoyer les sept rebelles. Le sieur Delareberdière appréciat énormement les Nègres. Il les respectait, il était aimé de tous ses sujets. Il savait être plaisant, savait faire preuve de psychologie envers les siens. Avec le sieur Desplan, il s'activa de force et de conviction à l'émancipation du Nègre!

Le 27 mai 1848, le gouverneur Layre proclamma qu'il n'y avait plus d'esclaves en Guadeloupe. A l'initiative d'anciens esclaves de Basse - Terre, cette proclammation donna lieu le 29 mai de la même année à Basse - Terre à une célébration populaire. Elle fut placée sous le signe de la liberté. Une délégation d'anciens esclaves demanda au supérieur du clergé de consacrer par une messe d'actions de grâce, l'acte d'émancipation et de bénir le drapeau qu'ils avaient préparé pour le jour de leur libération. Cette messe fut célébrée en la cathédrale du chef lieu de la Guadeloupe. Le gouverneur fut convié. Pour donner plus de solennité et aussi un caractère officiel à cete cérémonie, il invita les autorités civiles et militaires. L'autel était encerclé par un drapeau tricolore et par l'arbre de la liberté, un jeune palmiste!

Au soir de ce même jour, le maire Marc Michel Quin et son conseil municipal, invitèrent tous les esclaves de toutes habitations devant la mairie du Bourg Saint Jean à une veillée organisée à leur intention. Bon nombre d'esclaves étaient venus dans le bourg pour la première fois. Ils étaient émmerveillés par la splendeur de la place bien propre et bien amménagée. Des planches furent installées afin de permettre aux infirmes au jarret coupé d'assister à la fête!

Le maire prononça un discours dont l'accent était mis sur la paix et la tranquillité, mais aussi sur la fermeté. Après quoi, au milieu d'une gigantesque ronde, les batteurs et accompagnateurs du Ka, attirèrent les danseurs confirmés. Ils s'adonnèrent à fond dans un rythme endiablé. Peines et chagrins ou rhumatisme étaient oubliés. Aussi, est - ce à regret qu'ils abandonnèrent à l'aube ce lieu de délices. Le tafia communément appelé ''eau de vie''coula à flot!











La vengeance!

Chatiment d'un esclave
Chatiment d'un esclave
En cette année de 1848, maîre Gosse franchissait ses quatre vingt sept ans. Comme à l'accoutumée, comme chaque après midi, sous la pénombre d'un majestueux poirier dominant l'entrée de sa maison, il reposait ses vieux os. Il respirait l'air frais et salubre de la région. Le sieur Gosse aimait écouter sereinement le bruit éclatant du torrent et les miaulements de ses chats heureux. il éprouvait du plaisir à écouter l'oiseau baromètre qui indiquait sans cesse de son chant, le temps des pluies ou le soleil de carême. Il contemplait l'oiseau écarlate et gai qui expliquait pourquoi, il avait plu hier et pourquoi il fera beau demain. Cet oiseau connaissait par coeur tous les refrains de lune et toutes les mélodies du soleil. Maître Gosse ne se souçiait de rien et pas même des rancoeurs de ses esclaves fraîchement libérés. Contents d'être des citoyens libres comme tous les autres citoyens, les esclaves ne pouvant oublier les plaies du passé fabriquèrent des frondes avec l'écorce du bois ''Karapat''. Ils se jettèrent sur maître Gosse, le ligotèrent et le frapèrent avec leur fronde vengeresse juqu'à ce que ses deux yeux soient arrachés. Alertée par les douloureux cris de son mari, madame Gosse accourut pour demander grâce. Sa demande fut acceptée parce qu'elle n'avait jamais été aussi cruelle, aussi démoniaque que son cher époux, au contraire, c'était une maîtresse gentille, fragile et douce. Le martyr fut conduit dans sa chambre et mourut quelques jours plus tard des suites de ses blessures. Il fut enseveli sur son habitation à Baillargent!







Marthélus Ladine