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Guide de Guadeloupe


MONCHY an tan lontan

Souvenirs, Souvenirs.


Rédigé le Samedi 4 Juillet 2009 à 07:29 | 1 commentaire(s)
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Dans l'ancien temps, MONCHY, ne possédait pratiquement pas de routes, la route nationale et la plupart des routes communales n'existaient pas. C'était le temps des traces, des sentiers, des chemins empierrés.


MONCHY an tan lontan  est maintenant sur Bouillante.net

Section de Monchy

Vieille kaz an tan Saurin, remaniée par la famille
Vieille kaz an tan Saurin, remaniée par la famille
Curieusement la section de MONCHY, n'est pas très connue des bouillantais. Coincée entre la commune de VIEUX HABITANTS, les sections bouillantaises de VILLAGE, de MATONE et de COREIL, MONCHY est une section paisible, qui s'est transformée petit à petit depuis une dizaine d'années avec de nouvelles habitations, de nouveaux riverains, de nouveaux commerces.
Dans l'ancien temps, MONCHY, ne possédait pratiquement pas de routes, la route nationale et la plupart des routes communales n'existaient pas. C'était le temps des traces, des sentiers, des chemins empierrés. Les enfants allaient à l'école à VILLAGE, (il n'y a toujous pas de classes à MONCHY), cela est dû à la situation géographique de la population. L'école de VILLAGE rassemble tous les enfants des environs, elle est centralisée dans le bas de VILLAGE.
Man NONO, raconte qu'au temps SAURIN, période 1940/1944, la population vivait avec les cartes d'alimentation. Chaque mois, un policier arpentait à pieds les chemins et les sentiers de MONCHY, clochette à la main, la faisant sonner jusqu'aux arrêts nécessaires et programmés par la municipalité de l' époque: avis aux familles nombreuses, coups de clochettes plus ou moins sonores, vous êtes priées de vous rendre auprès du responsable de la mairie pour recevoir vos cartes d' alimention et les aides dispensées par la municipalité! Les familles se rendaient ensuite après des responsables de la mairie, à pieds, une dizaine de kilomètres aller et retour, pour avoir le droit de nourrir les enfants.La clochette existe toujours, l'ancien maire monsieur Philippe CHAULET, l'utilisait pour obtenir le silence, lors des conseils municipaux! D'après les renseignements obtenus auprès des anciens, les policiers de BOUILLANTE auraient officiés de cette façon jusque dans les années 80, vêtus d'un uniforme kaki et coiffés d'un chapeau colonial également de couleur kaki!

Le texte officiel des avis a été retrouvé par les services de police municipaux de BOUILLANTE:<< La population des sections de MONCHY, COREIL et MATONE est informée que la distribution de vivre commencée cette semaine, continuera pour ceux qui n'ont pas bénéficiés à la maison RACON Denis de VILLAGE.>>

Quand il y avait un mort, tout MONCHY se rendait au cimetière du BOURG, accompagnant en silence et en prières le cercueil porté sur les épaules par les hommes de la famille et les amis tout au long du chemin empierré.
En 1928, le cyclone JEANNETTE, qui, d'après les aînés de MONCHY, aurait été plus fort que HUGO, avait détruit toutes les kaz en bois de la section, peu de maisons en dur existaient à cette époque.
L'eau courante n'existait pas, les femmes, les enfants allaient chercher dans des couis, des bassines portés sur la tête, l'eau nécessaire pour la maison à la rivière BEAUGENDRE. Pour éviter de salir l'eau des récipients, ceux ci étaient recouverts de feuilles de bananes. La lessive était faite sur les berges de la rivière. Pour y accéder, il fallait prendre la trace en haut de MONCHY, qui amenait la petite troupe à l' ANSE à la BARQUE et ensuite prendre le chemin jusqu'à la rivière BEAUGENDRE, c'était un long et dur périple pour les femmes, (la trace encore accessible est devenue un parcours pittoresque pour les touristes et les amoureux de BOUILLANTE). Après le travail au bord de la rivière, chacun se déshabillait, nu, il prenait collectivement un bain de rivière sans heurter la sensibilité de l'autre, sans qu'il n'ai jamais eu, un geste déplacé, c'était an tan lontan!

Le samedi soir, c'était le moment de l'amusement, tout MONCHY y participait. D'après les souvenirs de Man NONO, il existait un endroit bien plus haut que le stade actuel où toute la section se réunissait, soit pour danser sur le Ka soit pour danser la biguine et le quadrille avec un orchestre hétéroclite, composé d'hommes de MONCHY! Les jeunes gens se déplaçaient en groupes, riant, dansant sur le chemin en se trémoussant.........c'était le bon temps!

Man Nono

MONCHY an tan lontan


Jean-Jacques Coudiere