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Guide de Guadeloupe


La crise en Guadeloupe et ses conséquences

Ce qu'en pensent les acteurs politiques et économiques


Rédigé le Mardi 24 Février 2009 à 01:58 | 0 commentaire(s)
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La situation en Guadeloupe est grave, chacun s'inquiète des conséquences à court et à long terme sur l'économie et la société guadeloupéenne. La récupération politique des politiciens de métropole, n'est pas du goût de chacun!


Ségolène Royal, le 2 février 2009 à Point-à-Pitre, photo : Julien Tack , AFP
Ségolène Royal, le 2 février 2009 à Point-à-Pitre, photo : Julien Tack , AFP

Madame Ségolène Royale persona non grata sur l'archipel ?

Le Medef régit à la venue de madame Royal, actrice du parti socialiste français:

Mme Royal "très mal placée pour venir mettre de l'huile sur le feu"

Jean-Luc Lubin, secrétaire général du Medef Guadeloupe, a estimé dimanche que l'ancienne candidate à l'élection présidentielle Ségolène Royal "est très très mal placée pour venir mettre de l'huile sur le feu" en Guadeloupe et lui a recommandé de "se casser".

"Dans la situation actuelle, Mme Royal est très très mal placée pour venir mettre de l'huile sur le feu, aujourd'hui on a besoin de sérénité dans ce pays et non pas de politiciens arrivistes, qui viennent nous donner des leçons" et "nous dire ce qui est bon, ce qui n'est pas bon", a déclaré M. Lubin à l'AFP.

"Maintenant çà commence à suffire cette affaire là, maintenant si elle n'a rien à dire, qu'elle se casse, çà commence à bien faire cette affaire là", a ajouté le responsable patronal.

"On n'a rien vu en Guadeloupe, donc qu'ils viennent pas nous raconter des histoires", a ajouté M. Lubin à l'égard des responsables politiques, affirmant à propos de Mme Royal qu'elle sera mieux en Poitou Charente qu'en Guadeloupe".

Ségolène Royal s'exprime dès son arrivée sur l'archipel

Mme Royal, arrivée samedi en Guadeloupe, a demandé dimanche aux grands patrons d'accorder 200 euros d'augmentation aux salariés ainsi qu'aux PME avec l'aide de l'Etat, alors que les négociations entre le patronat et le collectif LKP doivent reprendre lundi.

"Ce qui manque c'est le geste des gros patrons qui se sont enrichis pendant des années sur le système néo-colonial", a affirmé Mme Royal, ciblant "deux gros patrons qui contrôlent la quasi-totalité des importations et de la grande distribution" mais sans vouloir les nommer.

"Il faut que ces grands patrons fassent un signe et donnent les 200 euros dès lundi matin" à la reprise des négociations, a-t-elle ajouté.

"Aujourd'hui, on a atteint un seuil extrêmement critique, un seuil limite", a-t-elle mis en garde tout en réfutant "être venue mettre de l'huile sur le feu".

Ségolène Royal a demandé dimanche à François Fillon d'assister aux négociations sociales en Guadeloupe et au patronat de "lâcher" dès lundi 200 euros d'augmentation des salaires comme le réclame le LKP, mettant en garde contre un risque de "révolution".

Dans le cas contraire, le gouvernement jouerait selon elle une "stratégie de pourrissement" ou serait sous la "pression du Medef". "Ceux qui nous gouvernent et qui sont enfermés dans leurs palais dorés, il faudrait qu'ils viennent ici".

"Je serais en responsabilité, je puis vous assurer qu'il y aurait un ministre en permanence nuit et jour pour accompagner les négociations", a-t-elle assuré estimant que dans "aucune autre région" française les choses se seraient "passées" de cette manière.


"Il faut que ces grands patrons fassent un signe et donnent les 200 euros dès lundi matin" à la reprise des négociations, a-t-elle ajouté. "Si lundi les grands patrons ne lâchent pas les 200 euros, si lundi l'Etat ne fait pas le geste d'accompagner les petites entreprises pour qu'elles puissent faire la même chose, alors ils seront responsables de ce qui arrive".

"Le Medef est sur une position de blocage systématique, il faut que ça cesse", a déploré Mme Royal, en demandant aussi aux médias de jouer un rôle de "médiateurs".

"Dans certaines familles, on n'arrive même plus à manger. Quand des parents n'arrivent plus à donner à manger à leurs enfants, en général ça va mal finir. Souvenons-nous de la Révolution française", a également dit la présidente de Poitou-Charentes.

Quant aux "attaques de récupération politicienne" venant de l'UMP, elle les a qualifiées d'"injurieuses" pour la mémoire de Jacques Bino, le syndicaliste tué. Elle a assisté dimanche après-midi à ses obsèques.

Mme Royal a décidé vendredi de venir en son nom propre en Guadeloupe. Le président PS du conseil régional, Victorin Lurel, s'est plaint sur Radio Caraïbes international de ne pas avoir été prévenu.


Sources AFP

Les chefs d' entreprises à bout de souffle ?

Seront elles là après le conflit ? Photo linternaute
Seront elles là après le conflit ? Photo linternaute
Les chefs d'entreprise guadeloupéens, dont certains se disent exsangues à cause de la grève générale, s'inquiètent aussi de leur devenir s'ils devaient augmenter les salaires, même avec une compensation partielle de l'Etat.


Un commerçant du port de la Marina, qui se plaint comme d'autres d'avoir été contraint de fermer par le collectif LKP qui mène la mobilisation, va "devoir" licencier son seul employé.

Aucun secteur n'est épargné. Ainsi à la radio RCI, qui se revendique première radio de Guadeloupe loin devant sa concurrente RFO, les recettes de la régie publicitaire sont égales à zéro depuis un mois.
"Si le mouvement se poursuit au-delà de février, les huit employés se retrouveront au chômage technique", explique le rédacteur en chef adjoint Richard Garnier. Quant à un coup de pouce salarial, il risque selon lui, de "menacer l'équilibre financier" de l'entreprise, prospère jusque là.

Colette Koury, présidente de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de l'île pousse un cri d'alarme pour l'ensemble des très petites entreprises (TPE) de moins de 20 salariés, soit 45.000 emplois au total. "12.000 emplois vont disparaître dans les TPE à cause du blocage", assure-t-elle.
"La problématique de bas salaires reste donc entière", analyse Willy Angèle qui est à la tête du Medef pour qui 97% des entreprises guadeloupéennes ont aujourd'hui moins de 20 salariés.

Selon la CCI, il faut faire du sur-mesure, entreprise par entreprise, sinon des pans entiers de l'économie risquent d'en pâtir. Le collectif contre l'exploitation outrancière que conduit Elie Domota réclame une plus juste répartition des richesses. Mais même pour les entreprises aux reins solides, l'effort semble, à les entendre, des plus risqués.

Alix Huygues-Beaufond, guadeloupéenne d'origine, dirige 35 personnes dans deux sociétés, une de formation, l'autre spécialisée dans la sécurité.

Depuis deux semaines, son activité de formation est à l'arrêt faute d'élèves. Elle espère cependant pouvoir rattraper son manque à gagner en reportant certaines sessions. Ce sera plus compliqué dans son autre activité. Mais dans les deux cas de figure, elle ne voit pas comment elle pourrait consentir une augmentation. "Dans la formation, explique-t-elle, mon principal client c'est l'Etat. J'ai négocié avec lui trois ans de contrat à un certain tarif. Acceptera-t-il de le revoir?", s'interroge-t-elle.
Quant au long terme, elle craint pour sa compétitivité si elle doit répercuter la hausse sur ses prix. Par anticipation, elle a déjà décidé de ne pas reconduire deux jeunes en CDD.

De toute façon, la question ne se posera plus si jamais la grève continue la semaine prochaine. "Je serai alors obligée de mettre tout le monde au chômage technique", explique Mme Huygues-Beaufond qui a mis près deux heures pour rejoindre son travail vendredi matin en raison des barrages.


Sources AFP





La crise en Guadeloupe et ses conséquences

La proposition sur les salaires est une redite, estime Victorin Lurel.

Le président PS du Conseil régional de Guadeloupe Victorin Lurel a jugé jeudi que la proposition de François Fillon d'une augmentation des bas salaires dans le département était une "redite", "pas de nature à débloquer la situation", de ce qui avait été "déjà acté".
"J'aimerais que le Premier ministre me donne l'occasion d'être positif mais ce qu'il vient d'annoncer était déjà acté dans l'un des 132 points actés et qui engagent la parole du gouvernement", a-t-il expliqué sur RTL.

"Je crains que ce ne soit une redite pour ne pas dire une resucée de ce qui a déjà été proposé", et "le collectif (contre l'exploitation LKP) a déjà réagi à ça pour dire qu'il n'y a pas que des travailleurs pauvres et du temps partiel en Guadeloupe", a ajouté M. Lurel.

"Nous comptons sur la compréhension du président de la République (...) pour opérer le retour à la confiance et qu'il aille plus loin que le Premier ministre ce matin", a encore déclaré le député de Guadeloupe.

On ne peut pas s'en laver les mains comme Ponce Pilate, a-t-il poursuivi, et dire que c'est au dialogue social entre partenaires (patronat et syndicats) à trouver une solution". Selon lui, "l'Etat est une partie de la solution", et les collectivités territoriales dont ce "n'était pas l'affaire", ont "mis 54 millions sur la table et fait une proposition de nature à lubrifier les choses pour faire la soudure entre aujourd'hui et l'entrée en vigueur" du projet de loi sur le développement économique de l'Outre-mer au Parlement.

DSe l'autre côté, le gouvernement va soumettre en Guadeloupe jeudi une proposition permettant une augmentation des bas salaires "proche des 200 euros" réclamés par le LKP, avait annoncé auparavant le Premier ministre François Fillon sur la même radio.


Sources AFP





Jean-Jacques Coudiere