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Guide de Guadeloupe


L'esclavage à Pointe Noire

(étude de monsieur Marthélius LADINE, historien)


Rédigé le Lundi 22 Novembre 2010 à 08:44 commentaire(s)
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La convention en 1794 avait aboli l'esclavage. A la demande de son épouse, Joséphine de Beauharnais, Napoléon l'a rétabli en 1802 !


Des lieux encore présents dans les mémoires.

Acomat
Acomat
Les noirs des habitations n'ont pas voulu revenir à l'état d'esclaves. Ils se sont enfuis dans les forêts de l'arrière pays qui leur offraient un asile sûr et qui était un piège pour tous ceux qui voudraient s'y aventurer. Quelques noms de ces lieux sont encore présents dans les mémoires: Fond à congo aux Mamelles, (Morne à Louis), Sueur de mon front, Derrière l'enfer, Fenfouque à Acomat, Bois noir aux Gommiers, Sioka à Trou caverne!
Ils communiquaient avec les nègres marrons de la Ramée de Sainte Rose par un tracé appelé aujourd'hui, Trace des contrebandiers!

Un sentier secret

A Pointe Noire, un sentier secret reliait Mahault, Acomat Thomy, Fetty aux Plaines, Bellevue, Gommiers en passant par Beauregard sur les terres des sieurs Varin et Biron, pour redescendre à Baillargent, traversant les habitations des sieurs Saint Amour de Beau Soleil et les chevaliers Garniers, vicomte de Migneret au fond Baillargent pour continuer sur les terres du sieur Bordenave, qui à lui seul, comptait 600 esclaves!
L'intérêt de ce tracé permettait aux nègres marrons de circuler sans être inquiétés par les coureurs de bois ou chaseurs de primes, que le gouvernement avait mis en place dans les communes ayant pour mission essentielle de capturer les nègres marrons et de les ammener dans les bourgs de Bouillante et de Pointe noire!
là, les propriétaires devaient les reconnaitre. après deux ou trois jours sans réclammation, ils étaient conduits à Basse - Terre pour être vendus aux enchères aux bénéfices des hôpitaux!

David de Saint Malo

chasseur d'esclaves
chasseur d'esclaves
Originaire de Saint Malo en Bretagne, David était à la tête de ces chasseurs de primes. il avait juré de débarrasser le sol guadeloupéen de tous les nègres jugés hors la loi!
Un jour, Salomon, (Grand Goulou), chef d'une importante bande de nègres marrons de Bouillante et de Pointe Noire, qui avait son quartier général sur l'islet de Pigeon, le tua le 8 février 1823 dans la prison de Pointe Noire qui lui servait d'appartement.
L'autopsie du chirurgien royal de la basse Terre dépêché sur les lieux a constaté la mort par un coup de pistolet en pleine poitrine.

Les soulèvements d'esclaves.

Roué de coups
Roué de coups
Déjà en 1734, sous le gouverneur du marquis de Larnage, un soulèvement d'esclaves avait fait trembler les colons de Pointe Noire et de Bouillante. Ce soulèvement dénoncé par quelques traitres a été durement réprimé. A titre d'exemple: pour éviter une nouvelle révolte, ces esclaves ont été roués de coups. A Bouillante, précisemment, après leur avoir brisé les membres avec une barre de fer, ils ont subi le supplice du collier. Certains ont été brûlés vifs devant les esclaves de toutes les habitations sur la place de l'église. Leurs cendres furent jetées à la mer!
Ceux de Pointe Noire, à cause de la topographie qui rendait inaccessible leur refuge, ont été épargnés à l'exception de quelques uns qui se sont fait piègés dans la nuit alors qu'ils essayaient de se trouver un peu de farine en l'occurence de la pâte que préparait les boulangers.

Un soldat napoléonien
Un soldat napoléonien

Deux garnisons de protection

Il y avait deux garnisons, une à la rue Corps au Sol qui protégait le bourg des ataques des nègres marrons, l'autre, située sur la Pointe Batterie, qui protégeait les attaques venant de la mer, en particulier, les pirates!

Conclusions du soulèvement de 1734.

Lors de ce soulèvement de 1734, monsieur Filassier de Mont - Gommiers, qui avait 500 esclaves a été tué.
Dégoûtée, sa femme vendit la propriété à monsieur Saint - Oléron - Séraphin Deblaine et s'enfuit vers les isles voisines.

Le plus méchant des colons de Pointe Noire fût le sieur Saint Léon de Capdeville, il mettait un nègre dans une barrique piquée de clous et la lâchait au sommet d'un morne devant ses esclaves!


M. Ladine