Guadeloupe, le jour de grève est arrivée...


Rédigé le Jeudi 23 Septembre 2010 à 12:42 | Lu 1119 fois | 0 commentaire(s)


C'est avec un peu d'avance que les hostilités ont commencées en France métropolitaine, décalage horaire oblige, en ce jour du 23 septembre de l'an de grâce 2010, battons pavés citoyens, le jour de grève est arrivé


La liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix
La liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix

La grève toujours partant mais....pourquoi ?

La plus vieille spécialité française est de retour : la grève et son chatoyant petit jeu du meilleur menteur, les chiffres des institutions et des syndicats varieront à n'en pas manquer d'un facteur pouvant aller jusque trois, et dire que deux de nos compatriotes viennent d'obtenir la médaille Fields...alors aujourd'hui c'est grève pour ras de bol général, l'objectif n'est pas de discuter, échanger ou même avancer une quelconque opinion, c'est juste faire mieux que le 7, ah oui, si vous n'aviez pas la chance d'être là le 7, une répétition générale avait déjà eu lieu pour sensiblement la même chose.

En tête des revendications : les retraites

Parce qu'aujourd'hui, chaque français présent dans la rue va pouvoir vous expliquer en quoi la réforme des retraites est inacceptable tout simplement parce que.....on lui a dit

Ben oui, c'est tellement compliqué que même les spécialistes en perdent leurs PIB alors imaginez le français moyen !!!

Si on me demande si je préfère partir à 60 ans ou 62 ans à la retraite, de but en blanc, il y a de grandes chances que je réponde tout chiffre le plus proche de 0 mais si on me demande les tenants et aboutissants de cette reforme.... là, j'avoue que je passe la main. Mais après tout, j'étais persuadé que c'était ca une élection démocratique dans une 5ème république, une majorité qui dicte une feuille de route sous le contrôle d'un parlement, alors c'est quoi cette nouvelle grève, une atteinte à la 5ème république et les prémices d'une 6ème dans laquelle il y aura contre pouvoir et referendum en masse comme en Suisse ou un énorme antidépresseur géant qui nous permettra de passer la crise ?

Pourquoi reformer la retraite ? Pour en toucher une un jour !
Pourquoi reformer la retraite ? Pour en toucher une un jour !

Pour ceux que cela interessent vraiment : synthèse

1. Porter l’âge légal de droit commun à 62 ans en 2018, en l’augmentant chaque année de 4 mois à partir de la génération 1951, et augmenter parallèlement de deux ans l’âge d’annulation de la décote.
2. Relever l’âge d’ouverture des droits dans la fonction publique et dans les régimes spéciaux :
- relèvement à 62 ans en 2018 pour tous les fonctionnaires dont l’âge d’ouverture des droits est aujourd’hui de 60 ans ;
- relèvement de manière parallèle à l’âge légal de droit commun pour tous les fonctionnaires en « catégorie active » : passage à 52 ans lorsque l’âge d’ouverture des droits est de 50 ans ; à 57 ans lorsque
l’âge actuel est de 55 ans etc. ;
- relèvement de l’âge d’ouverture des droits dans les régimes spéciaux à compter de 2017, pour tenir compte du calendrier de la mise en oeuvre de la réforme de 2008.
3. Appliquer le principe d’une augmentation de la durée de cotisation en fonction de l’espérance de vie jusqu’en 2020, conformément à la loi de 2003 :
- en application de ce principe, passage à 41 ans et 1 trimestre pour les générations 1953 et 1954 ;
- compte-tenu des estimations actuelles de l’INSEE, la durée de cotisations devrait être de 41,5 ans en 2020.
4. Ne pas demander le même effort à tout le monde, mais au contraire prendre en compte l’usure des salariés, en permettant aux salariés qui ont une vie professionnelle plus dure de partir à la retraite plus tôt que les
autres.
4.1 Pour les salariés qui ont commencé avant 18 ans : dans le cadre du dispositif « Carrières longues », départ entre 58 et 60 ans, sous réserve, comme c’est le cas aujourd’hui, d’avoir la durée
de cotisation + 2 ans. Au total le dispositif concernera 50 000 personnes en 2011 et 90 000 personnes en 2015.
4.2 Prendre en compte la pénibilité :

o en maintenant la retraite à 60 ans pour les salariés qui, du fait d’une situation d’usure professionnelle constatée (maladie professionnelle ou accident du travail produisant les mêmes
effets) ont une incapacité physique supérieure ou égale à 20 %. 10 000 personnes concernées ;
o en développant la prévention de la pénibilité, pour éviter l’usure physique des salariés : mise en place d’un carnet de santé individuel retraçant les expositions.

5. Aide à l’embauche pendant 1 an pour les recrutements de seniors demandeurs d’emploi de plus de 55 ans ;
6. Renforcer le tutorat entre les seniors et les jeunes pour faciliter la transmission de savoir avant le départ à la retraite.
7. Augmenter les recettes destinées au fonctionnement solidaire des régimes de retraite, pour un montant de 3,7 Md€ en 2011:
- mise en place d’un dispositif de recettes supplémentaires sur les hauts revenus et les revenus du capital :
o création d’un prélèvement de 1 % sur la dernière tranche de l’impôt sur le revenu ;
o augmentation d’1 point des prélèvements sur les plus-values de cessions mobilières, les plus-values de cessions immobilières et du prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes et les
intérêts.
- augmentation des prélèvements sur les stock-options : passage de la contribution de l’employeur de 10 à 14 % ; passage de la contribution du salarié de 2,5 à 8 % ;
- augmentation des prélèvements sur les retraites chapeaux :
o prélèvement de l’entreprise désormais appliqué dès le 1er euro de rente versé et non plus à partir de 1 000 € ;
o mise en place d’une contribution sociale de 14% pour le bénéficiaire ;
- suppression de deux niches fiscales : le crédit d’impôt sur les dividendes des particuliers ; le plafonnement de la quote-part pour frais et charges sur les dividendes des entreprises ;
- taxation au 1er euro des plus-values de cession mobilières, comme c’est le cas pour les prélèvements sociaux, et non plus à partir de 27 000 € ;
- calcul annualisé des allègements de charges, pour qu’il s’applique aux salaires et primes versés par l’employeur sur toute l’année, alors qu’il est aujourd’hui appliqué mois par mois.
8. Renforcement de la convergence entre les régimes public et privé : En complément de l’application dans la Fonction publique et les régimes spéciaux du relèvement de l’âge et de l’augmentation de la durée de
cotisation :
- alignement du taux de cotisation du public sur celui du privé (passage de 7,85 à 10,55 %), étalé sur 10 ans ;
- fermeture du dispositif de départ anticipé sans condition d’âge pour les parents de 3 enfants ayant 15 ans de service à compter de 2012. La possibilité de partir au bout de 15 ans pour les parents ayant déjà
3 enfants en 2012 sera préservée ;
- application de la même règle d’obtention du « minimum garanti » que dans le secteur privé. Il faudra désormais, comme c’est déjà le cas dans le secteur privé, que les fonctionnaires aient tous leurs trimestres
ou attendent l’âge d’annulation de la décote pour pouvoir bénéficier du minimum garanti.
9. Améliorer la couverture des chômeurs non indemnisés, pour tenir compte de la difficulté d’insertion des jeunes sur le marché du travail. Le nombre de trimestres validés par la solidarité lorsqu’une personne est au chômage
non indemnisée sera augmenté de 50 % (passage de 4 à 6 trimestres) ;
10. Améliorer les retraites des femmes. Pour que le congé maternité ne fasse plus baisser la pension. L’indemnité journalière perçue pendant le congé maternité sera en effet désormais intégrée dans le salaire de
référence pour le calcul de la pension ; sanction pour les entreprises qui ne font pas de diagnostic de situation en matière d’inégalités salariales.
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11. Régler deux difficultés en matière de retraites agricoles :
- faciliter l’obtention par les femmes exploitantes agricoles du bénéfice de la revalorisation du minimum de pension agricole, par un assouplissement des conditions d’accès à ce dispositif ;
- changer les règles du minimum vieillesse, pour que les agriculteurs ayant peu cotisé puissent avoir au moins 709 € de revenu au titre de la retraite pour une personne seule. Les terres agricoles et le corps de ferme seront à cette fin exclus du recours sur succession, compte-tenu de la spécificité de ces biens, afin d’inciter les agriculteurs à demander le minimum vieillesse
12. Transmettre à tous les nouveaux assurés lorsqu’ils valident leurs premiers trimestres un document d’information sur le système de retraite, en particulier sur les règles d’acquisition des droits à retraite et sur l’impact que peuvent avoir sur ces droits les événements qui affectent le déroulement d’une carrière ;
13. Mettre en place un « point d’étape individuel retraites » à 45 ans pour leur permettre de faire très tôt les bons choix en matière de retraite ;
14. Mettre en place un relevé de carrière en ligne couvrant tous les régimes de retraite
15. L’ensemble des mesures d’augmentation de la durée d’activité et des recettes permettront de remettre les régimes de retraite à l’équilibre en 2018 ;
16. Les déficits accumulés durant cette période seront intégralement transférés à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES), qui aura la propriété des actifs et des ressources du Fonds de réserve
des retraites. Le FRR restera le gestionnaire de ces actifs et de ces ressources, pour le compte de la CADES ;
17. Mettre en place un comité de pilotage des régimes de retraite chargé de suivre des indicateurs essentiels pour le succès de la réforme et l’avenir du système, notamment le taux d’emploi des seniors, la situation financière des régimes et le taux de couverture des engagements financiers.

Quand allez vous partir à la retraite

Reforme retraite
Reforme retraite

SALARIÉS DU SECTEUR PRIVÉ

Vous êtes né avant le 1er juillet 1951

L'âge légal (auquel on peut prétendre partir en retraite) reste 60 ans.
La durée de cotisation: Pour bénéficier d'une retraite à taux plein, un futur retraité doit pouvoir justifier d'un nombre minimal de trimestres de cotisation, même s'il a atteint l'âge légal de la retraite. Il est ainsi possible d'avoir atteint cet âge légal mais de ne pas avoir cotisé assez longtemps pour profiter de l'intégralité de ses droits. Une décote est alors est alors appliquée, mais on peut travailler au-delà de l'âge légal pour ne pas être pénalisé. Auparavant de 160 trimestres, la durée de cotisation pour profiter d'une retraite à taux plein progresse de 1 trimestre par an depuis 2009. Elle est aujourd'hui de 162 trimestres pour la génération des assurés nés en 1950, soit 40 années et deux trimestres. Cette durée de cotisation, conformément à la loi de 2003, doit passer à 163 trimestres pour la génération 1951.

Vous êtes né entre le 1er juillet 1951 et le 31 décembre 1951

L'âge légal passe à 60 ans et 4 mois.
Durée de cotisation est de 163 trimestres.

Vous êtes né en 1952

L'âge légal passe à 60 ans et huit mois.
Durée de cotisation: 164 trimestres.

Vous êtes né en 1953

L'âge légal est de 61 ans.
Durée de cotisation : 165 trimestres.

Vous êtes né en 1954

L'âge légal est de 61 ans et quatre mois.
Durée de cotisation : 165 trimestres.

Vous êtes né en 1955

L'âge légal est de 61 ans et huit mois.
Durée de cotisation : 166 trimestres.

Vous êtes né en 1956 et après

L'âge légal de départ à la retraite atteint 62 ans.
Durée de cotisation : 166 trimestres.
La retraite «plein pot» à 67 ans: L'âge auquel une personne peut prendre sa retraite sans aucune décote quelle que soit la durée de cotisation, sera repoussé de 65 à 67 ans en 2018. Cette disposition concernera tout le monde, mais elle intéresse surtout les personnes ayant eu des carrières incomplètes comme les mères de famille ayant interrompu leur activité professionnelle, ou les personnes ayant eu un premier emploi tardif - comme les étudiants ayant prolongé leurs études jusqu'à Bac +5, 6 ou 7. Une personne née en 1950 et entrée sur le marché du travail à 25 ans en 1975 peut actuellement bénéficier d'une retraite à taux plein en 2015. En revanche, une personne née en 1951 et entrée sur le marché du travail également à 25 ans pourra prétendre à une retraite 100% en 2018.

LES FONCTIONNAIRES

La réforme concerne les fonctionnaires, à qui vont être appliquées les mêmes modalités - soit globalement un recul de deux ans de l'âge de départ en retraite.

Les fonctionnaires sédentaires

L'âge légal de départ à la retraite: Aujourd'hui, il est de 60 ans. Comme pour le privé, il sera relevé d'un quadrimestre par an à partir du 1er juillet 2011. On atteindra ainsi 62 ans en 2018.
La retraite à taux plein: L'âge d'annulation de la décote sera également porté à 67 ans - objectif qui sera atteint en 2023.

Les fonctionnaires partant plus tôt

L'âge de départ: Pour les fonctionnaires dont l'âge d'ouverture des droits est inférieur à 60 ans, l'âge de départ sera également relevé de deux années au même rythme d'un quadrimestre par an. Ainsi, ceux qui peuvent partir à 50 ans ou 55 ans aujourd'hui partiront à 52 et 57 ans en 2018.
Ainsi, si un policier âgé de 50 ans aujourd'hui n'est pas touché par la réforme et peut donc partir en retraite, un autre policier de 42 ans en 2010 ne pourra partir en retraite qu'à 52 ans - c'est-à-dire en 2020 au lieu de 2018 dans les conditions antérieures à la réforme.
Pour les militaires, la durée de service pour obtenir une pension passera, d'ici à 2018, de 15 à 17 ans pour les non-officiers et de 25 à 27 ans pour les officiers.
Retraite à taux plein: L'âge d'annulation de la décote sera également retardé de 5 ans.

Départ anticipé

Notons par ailleurs que le départ anticipé des fonctionnaires étant parents de 3 enfants et ayant 15 ans de service, sera progressivement fermé. En 2012, pour les parents fonctionnaires ayant 3 enfants et 15 ans de service, rien de changé. Mais ensuite, ces mêmes fonctionnaires se verront appliquer les règles générales de départ en retraite.

LES RÉGIMES SPÉCIAUX

Le caractère spécifique des régimes spéciaux n'est pas totalement gommé dans la réforme. Pour tenir compte des dispositions en œuvre depuis le 1er juillet 2008, le principe de la réforme actuelle sur l'âge de la retraite ne s'appliquera qu'à partir du 1er janvier 2017. «L'âge de la retraite augmentera ensuite dans ces régimes au même rythme que dans les régimes du secteur privé et de la fonction publique», souligne le ministère du Travail.

LES CARRIÈRES LONGUES

 Le dispositif dit de carrières longues pour les personnes ayant commencé à travailler jeunes, est prolongé dans la réforme. Il prévoit tout de même une durée d'assurance de deux ans supérieure à la durée nécessaire pour avoir une retraite à taux plein, admet le ministère. Pour les assurés nés après le 1er janvier 1956, l'âge d'accès de ce dispositif sera fixé à 58, 59 ans ou 60 ans pour les personnes ayant débuté leur activité à 14, 15 ou 16 ans - et qui totalisent donc 44 années de travail. Et ceux qui ont commencé à travailler à 17 ans pourront, sous certaines conditions, continuer de partir en retraite à 60 ans.

LA PÉNIBILITÉ

La pénibilité est prise en compte dans la réforme, mais pas de la façon souhaitée par les syndicats. Le gouvernement a décidé de maintenir le départ à 60 ans à taux plein pour les assurés dont l'état de santé s'est dégradé à la suite «d'expositions à des facteurs de pénibilité liée à des contraintes physiques marquées, à un environnement physique agressif ou à certains rythmes de travail». On est donc dans le cas d'une individualisation de la pénibilité sur la base d'un constat médical.

Auteur : Gilles Bridier



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