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Guide de Guadeloupe


Fort DELGRES : revendication du droit des esclaves à l'insurrection

Lieu de résistance des révolutionnaires à l'armée napoléonienne


Rédigé le Vendredi 12 Novembre 2010 à 09:18 commentaire(s)
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Le 10 mai 1802, le métis Louis Delgrès (36 ans) adresse à l'univers entier «le dernier cri de l'innocence et du désespoir». Par cette proclamation affichée sur les murs de Basse-Terre, en Guadeloupe, il revendique le droit des esclaves à l'insuhttp://www.atout-guadeloupe.com/admin/editer_article/938089/rrection et lance un appel à la fraternité universelle, par-dessus les barrières de races


 

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Louis DELGRES

Contrairement à beaucoup d'idées reçues, Louis DELGRES était martiniquais. Né à Saint Pierre en MARTINIQUE le 2 aout 1766, sans aucune certitude, il serait né des amours de Elisabeth MORIN et de Louis DELGRES blanc de MARTINIQUE, receveur du roi et responsable à TOBAGO des ''Domaines du roi''. Louis DELGRES fils est un métis, qui a vécu avec ses parents en MARTINIQUE et à TOBAGO, en recevant une excellente éducation!

Entré dans les rangs de l'armée le 10 novembre 1783, Son courage, son abnégation le porte rapidement aux grades majeurs et aux hautes fonctions militaires.
Tiré des archives nationales:

Il entre dans la milice le 10 novembre 1783, il est nommé sergent.
Patriote, il s'exile sur l'isle de la DOMINIQUE, le 8 septembre 1791 après la prise de pouvoir des royalistes à la MARTINIQUE.
Lors de la Convention Nationale, le 28 octobre 1792, il participe aux élection des Isles du Vent.
Républicain dans l'âme, il rejoint les républicains, monte à bord du navire de LACROSSE, la ''FELECITE''. Il est élu lieutenant par ses concitoyens.
Il est capitaine à titre provisoire,sous les ordres de ROCHAMBEAU.
Les anglais le font prisonnier en mars 1794, il est déporté en FRANCE. Dès son arrivée à BREST, il hérite du brevet de lieutenant, au cours de la formation du bataillon des ANTILLES, le 27 novembre 1794.
Retour en GUADELOUPE avec GOYRAUD et LEBAS, commissaires de la Convention le 6 janvier 1795.
Parti pour reprendre Sainte LUCIE le 21 mars 1795, il blessé gravement le 22 avril 1795. Rétabli, le 19 juin 1795, il hisse le drapeau tricolore au ''MORNE RABOT''. Il est promu capitaine par GOYRAUD le 25 juin 1795.
Dès sa promotion il embarque pour Saint VINCENT, ou il se rangera à côté des amérindiens.
Les anglais le capture à nouveau le 16 juin 1796, prisonnier dans les prisons de Grande Bretagne, il sera échangé, il débarque ainsi au HAVRE le 21 septembre 1797.
En garnison dans les casernes de MARTINVILLE de ROUEN, en janvier 1798, il rejoint l'isle d' AIX, retrouvant Magloire PELAGE.
Le 1er octobre 1799 nommé chef de bataillon, il devrait accompagner JEANNET, LAVEAUX, BACO, agents de la Convention en GUADELOUPE, il refuse l'affectation, pour cause de soldes non payées. Il partira pour la GUADELOUPE le 16 novembre 1799, après que Victor HUGUES lui ai consenti une avance.
Arrivé en GUADELOUPE le 11 novembre 1799, il devient aide de camp de BACO.
Désigné ''Sans culotte'', (ce qui est un compliment), il devient l' aide de camp du Capitaine Général Jean-Baptiste Raymond de LACROSSE.
Lors de l'insurrection de BASSE-TERRE du 21 octobre 1801, il se trouve encore avec de LACROSSE à POINTE à PITRE.
Il se rallie aux officiers rebelles le 24 octobre 1801, lors de l'arrestation de de LACROSSE.
Chef de la place de BASSE-TERRE, nommé par le Général Magloire PELAGE, il élimine les fonctionnaires blancs qu'il accuse de correspondre avec le Général de LACROSSE en exil. Devenu chef de l' Arrondissement de BASSE-TERRE, les 15 et 16 février 1802, il fait arrêter les officiers blancs, en collaboration avec le Capitaine MASSOTEAU.
Le 10 mai 1802, chef de la résistance contre les troupes de Bonaparte, il combat contre le Général RICHEPANCE, envoyé pour le rétablissement de l'esclavage.
Il se replie le 20 mai au fort de BASSE-TERRE, qu'il abandonne le 22 mai pour se réfugier sous la SOUFRIERE à MATOUBA.
Prévoyant sa défaite, il se fait sauter avec ses troupes devant ''l'Habitation DANGLEMONT'', le 28 mai 1802. Ils respectèrent jusqu'au bout la devise révolutionnaire, ''VIVRE LIBRE OU MOURIR''!

Louis DELGRES, avant de mourir avait fait afficher sur les murs de BASSE-TERRE, une proclamation que l'on peut lire actuellement au CHAMP d' ARBAUD.

Proclammation dédiée à l'univers entier de Louis DELGRES.

Armée de révolutionnaires noirs en marche. Photo Collège SATINEAU
Armée de révolutionnaires noirs en marche. Photo Collège SATINEAU
A L' UNIVERS ENTIER LE DERNIER CRI DE L' INNOCENCE ET DU DESESPOIR


i[C'est dans les plus beaux jours d'un siècle à jamais célèbre par le triomphe des lumières et de la philosophie, qu'une classe d'infortunés qu'on veut anéantir se voit obligé d'élever sa voix vers la postérité pour lui faire connaitre, lorsqu'elle aura disparu, son innocence et ses malheurs!

Victime de quelques individus altérés de sang qui ont osé tromper le gouvernement français, une foule de citoyens toujours fidèles, la patrie se voit enveloppée dans une proscription méditée pat l'auteur de tous ses maux. Le général RICHEPANCE, dont nous ne connaissons pas l'étendue des pouvoirs, puisqu'il ne s'annonce que comme général d'armée, ne nous a encore fait connaître son arrivée que par une proclamation, dont les expressions sont si bien mesurées, que, lors même qu'il promet protection, il pourrait nous donner la mort, sans s'écarter des termes dont il sert. A ce style, nous avons reconnu l'influence du contre-amiral de LACROSSE, qui nous a juré une haine éternelle.

Oui, nous aimerions croire que le général RICHEPANCE, lui aussi a été trompé par cet homme perfide, qui sait employer également les poignards et la calomnie. Que sont les coups d'autorité dont nous aimions calculer le moment de l'arrivée, et qui naguère ne les dirigeaient que contre les ennemis de la République? Ah, plutôt, si nous en croyons les coups d'autorité déjà frappé au PORT de la LIBERTE, le système d'une mort lente dans les cachots continue à être suivi. Eh bien, nous choisissons de mourir plu promptement.

Osons le dire, les maximes de la tyrannie la plus atroce sont surpassées aujourd'hui. Nos anciens tyrans permettaient à un maître d'affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la philosophie, il existe des hommes malheureusement trop puissants par leur éloignement de l'autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d'hommes noirs ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l'esclavage. Et vous premier consul de la République, vous guerrier philosophe de qui nous attendions la justice qui nous était due, pourquoi faut il que nous ayons à déplorer notre éloignement du foyer d'où partent les conceptions sublimes que vous nous avez si souvent fait admirer!

Ah, ans doute un jour vous connaîtrez notre innocence, mais il ne sera plus temps et des pervers auront déjà profité des calomnies qu'ils ont prodiguées conte nous pour consommer notre ruine. Citoyens de GUADELOUPE, vous dont la différence d'épiderme est un titre suffisant pour ne point craindre les vengeances dont on nous menace, à moins qu'on ne veuille vous faire un crime de n'avoir pas dirigé vos armes contre nous. Vous avez entendu les motifs qui ont excité notre indignation.

La résistance à l'oppression est un droit naturel. La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause, elle est justice et de l'humanité, nous ne la souillerons pas par l'ombre même du crime. Oui, nous sommes résolus à nous tenir sur une juste défensive, mais nous ne deviendrons jamais les agresseurs. Pour vous restez dans vos foyers, ne craignez rien de notre part, nous vous jurons solennellement de respecter vos femmes, vos enfants, vos propriétés et d'employer tous les moyens à les faire respecter par tous. Et toi, prospérité, accorde une larme à nos malheurs et nous mourrons satisfaits!

Le Commandant de BASSE -TERRE

Louis DELGRES

Louis DELGRES : Un heros de la Révolution

Sur le continent européen, pendant ce temps, Napoléon Bonaparte instaure le Consulat et clôt la Révolution. Il prépare la paix avec ses ennemis, y compris l'Angleterre, et songe à reconstituer l'empire colonial français des Amériques. À la Guadeloupe, où sert Louis Delgrès, les planteurs qui ont émigré pendant la période révolutionnaire s'opposent aux républicains qui ont repris leurs plantations et voudraient les garder. Pour remettre de l'ordre dans l'île, la garnison s'insurge, expulse le gouverneur et met en place un conseil provisoire de six membres, présidé par Magloire Pelage, officier mulâtre le plus élevé en grade. Le conseil fait allégeance au Premier Consul mais celui-ci n'en a cure. Considérant l'île en rébellion, il y envoie une puissante flotte de 11 navires et 3.500 hommes sous les ordres du général Antoine Richepance, un héros de la bataille de Hohenlinden.

Ultime insurrection

Magloire Pelage se soumet au nouveau maître de l'île. Quant à Joseph Ignace et Louis Delgrès, autres officiers mulâtres, ils choisissent d'entrer en rébellion. Louis Delgrès soupçonne non sans raison le Premier Consul Bonaparte, qu'il admire par ailleurs, de vouloir rétablir l'esclavage huit ans après qu'il ait été aboli par le décret de Pluviôse. Les rebelles, accompagnés de plusieurs centaines d'hommes, se réfugient dans le fort DELGRES, à Basse-Terre. La position devient vite intenable. Joseph Ignace et 600 hommes évacuent le fort pour se poster aux environs de Pointe-à-Pitre, à la redoute de Baimbridge. Quant à Louis Delgrès, il se retranche avec 300 hommes à Matouba, sur les hauteurs de Basse-Terre, dans l'habitation Danglemont. À Baimbridge, c'est l'hécatombe, Ignace, ses deux fils et tous leurs hommes sont tués par les troupes de Magloire Pelage. Le 28 mai 1802, c'est au tour de Delgrès de subir l'assaut.
Après de terribles combats, le colonel, plutôt que de se rendre, choisit de se faire sauter avec ses compagnons survivants, non sans avoir fait évacuer au préalable les habitants de l'endroit, y compris les Blancs. La répression est particulièrement sanglante. Elle n'épargne pas les femmes. Parmi elles, la mulâtresse Solitude, une jeune femme née 30 ans plus tôt du viol de sa mère sur le navire négrier qui l'amenait d'Afrique. Enceinte au moment de sa capture, elle ne sera pendue qu'au lendemain de son accouchement.
Au prix de nombreuses atrocités supplémentaires, Richepance reprend l'île aux insurgés. Enfin, il prive les travailleurs des plantations du droit à salaire et tous les hommes de couleur de la citoyenneté. C'est de fait le rétablissement de l'esclavage. Ce faisant, Richepance va plus loin que le décret du 20 mai 1802 qui prévoyait seulement son maintien là où il n'avait pas été aboli : dans l'océan Indien et «dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d'Amiens» (la Martinique).

Le fort Saint-Charles est d'abord rebaptisé Richepance par un douteux hommage au chef de la répression. En 2002, il prend le nom de fort Delgrès. Après avoir beaucoup donné à la France et à la Révolution, le rebelle est devenu pour la Guadeloupe et la nation française un symbole de la résistance à l'esclavage.

Un moment d'histoire

Une stèle de granit pour commémorer Louis DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
Une stèle de granit pour commémorer Louis DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
Haut lieu du combat pour la liberté contre le rétablissement de l'esclavage, le Fort DELGRES, interpelle toujours sur les combats menés par les résistants guadeloupéens, contre l'oppression napoléonienne. Encore aujourd'hui, Louis DEGRES reste dans les coeurs et les mémoires des guadeloupéens!

A travers Louis DELGRES c'est toute l'histoire de la déportation, des luttes de libération des noirs, déportés par centaines de milliers des côtes africaines, c'est la négation des frontons bordelais et nantais, fiers d'arborer les têtes de ''nègres'' pour afficher leurs fortunes tirée de la traite et de l'esclavage! La valeur, le courage, n'a pas de couleur!

Le Fort Louis DELGRES.

La poterne du fort Louis DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
La poterne du fort Louis DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
Construit à partir des années 1650, sur environ 4 ou 5 hectares, le Fort DELGRES, ancien Fort Royal, a été construit avec des pierres de laves prises dans la rivière, taillées par des compagnons venus de FRANCE? Agrandi 2 fois, de nombreuses modifications y sont apportées comme, la poudrière, la poterne, les cuisines, les citernes il y aurait eu même un souterrain menant au Carmel..

Un fort aux multiples noms

L'entrée du fort DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
L'entrée du fort DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
En 1667, le fort était nommé, fort HOUEL, en 1700, c'est devenu le château de GUADELOUPE, le fort Saint CHARLES est dénommé ainsi à partir de 1753, puis fort MATHILDE en 1794, pis enfin avant le fort DELGRES, le fort RICHEPANCE.

Le fort DELGRES souffre des années passées

Les ruines du côté nord du fort DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
Les ruines du côté nord du fort DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
A quand la rénovation du fort DELGRES, c'est étonnant que le Conseil Général, ne fasse pas plus de rénovations, le côté ouest est complètement en ruines, une bâtisse brûlée, n'a pas été reconstruite, des cables électriques, courent à même la terre, non seulement ce n'est pas esthétique, mais cela pourrait devenir dangereux! Si rien n'est fait, le fort DELGRES, sera une ruine dans une vingtaine d'années, ou sera notre patrimoine?

Le fort DELGRES, montre encore son importance .

Chemin d'accès au guet. Photo Atout-Guadeloupe
Chemin d'accès au guet. Photo Atout-Guadeloupe
Il faut du temps pour tout visiter, beaucoup de choses sont inexploitées, les visiteurs n'y ont pas accès. Ce chemin qui monte au poste de gué est raide et étroit, l'ascension est encore pénible pour les plus vieux, mais le résultat est magnifique, une fois en haut!

Le cimetière du fort DELGRES

Monuments funéraires du fort DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
Monuments funéraires du fort DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
Quatre monuments funéraires ornent l'emplacement. Le général RICHEPANCE et l'amiral GOURBEYRE, y reposent!

Presque 5 hectares de superficie.

Côté ouest du fort DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
Côté ouest du fort DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
Le fort DELGRES est très grand, il s'ouvre sur les 4 points cardinaux. Tout a été étudié, chaque bâtiment a son importance et sa justification.

La grande caserne du fort DELGRES

Casernement du fort DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
Casernement du fort DELGRES. Photo Atout-Guadeloupe
La grande caserne a été construite de 1766 à 1780, il y a peu encore, en 1950, il existait des logements pour des sous officiers, puis devint par la suite un centre d'expositions.

Ouverture sur le HOUELMONThttp://www.atout-guadeloupe.com/admin/editer_article/938089/

Ouverture sur le HOUELMONT. Photo Atout-Guadeloupe
Ouverture sur le HOUELMONT. Photo Atout-Guadeloupe
Le fort DELGRES a été bâti suivant des conditions rigoureuses, son emplacement a été soigneusement étudié. Dans une faille, l'on aperçoit le HOUELMONT.

En savoir plus....

Delgrès Guadeloupe

10 mai 1802 : Proclamation de Louis Delgrès

Portrait Louis Delgrès


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Carte d'accés au fort

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Réflexion sur la vie du Commandant Delgrès par le docteur André NEGRE


JJC et SS