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Faut il avoir encore peur d'une femme voilée ?


Rédigé le Mercredi 10 Février 2010 à 09:15 | 0 commentaire(s)
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En plein débat sur l'identité nationale, qui je le répète n'amènera à rien à part nous enfoncer encore plus profondément dans l' inutile (la demande étant tronquée au départ ) Marie Georges Buffet et un large panel de politiciens ( de gauche de tendance pour la grande généralité, Aubry en tête annonçant qu'elle n'aurait pas acceptez une femme portant un voile....) s'offusquent que le NPA présente une candidate sur une liste qui porte l'horrible tare de porter le voile.

Ilham Moussaïd, est effectivement sur la liste pour les élections régionales dans le Vaucluse, elle est musulmane (comme 5 millions de français) mais elle est surtout membre actif du NPA dont elle partage les valeurs. Trésorière départementale, elle poursuit ses études en même temps qu'elle souhaite accepter des responsabilités dans la gestion de la cité.

Besancenot est accusé de racolage politique, et d'utiliser une s[pauyre ] femme musulmane pour des fins électorales.

En dehors de l'irrespect honteux dont font preuve nos représentants du peuple pour une jeune femme qui s'engage en la qualifiant d'"objet politique" je me demande à partir de quel siècle est ce que l'on se rendra compte que la France est déjà inscrite dans un pluralisme culturel et religieux ?

Etre voilée (on ne parle pas d'une burqa afghane mais juste d'un voile) n'est pas interdit en France
S'inscrire sur des listes électorales pour une femme non plus

Au regret d'en décevoir beaucoup, le temps où les immigrés étaient discrètement cachés dans les sous bassements de la république par une ghettoisation sociale est révolue, le temps où le beur était forcement un étranger l'est également, Ilham Moussaïd est une française qui participe à la vie publique en s'engageant.

Croire qu'il s'agit d'un racolage politique, c'est croire que les musulmans de France en voyant le foulard voteront pour cette jeune femme, tel des chiens de Pavlov, sans plus y réfléchir par communautarisme religieux, c'est bien ça ?
Faut vraiment être profondément raciste déconnecté de la réalité française pour imaginer une chose pareille.

Puis je me permettre ici de rappeler l'article 18 de la déclaration universelle des droits de l'homme dont nous sommes si fier en France :

« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites. »

Pour conclure, ces réactions intempestives contre Mademoiselle Moussaïd démontrent à quel point ces histoires d'identité nationale et toutes ces questions sur ce qu'est un français (qui nous permettrait de déterminer qui ne l'est pas ? beau projet !) commencent à distiller une odeur fétide dans notre république..

Nous sommes aujourdh'ui obligé de nous poser une première question: après combien de génération nées sur le territoire la vox populi considère t elle que l'on est français ?

Ouvrons bien grand nos yeux et rendons nous compte que le français n'est plus blanc au cheveux chatains qui ne parle qu'une seul langue avec une seule culture mais que nous avons aujourd'hui la chance d'être plusieurs.

Nous devons apprendre à avoir confiance en ce que nous désignions ou ressentons comme l'autre, écouter, apprendre, réflechir et puiser dans tout ce qu'il apporte en plus.
Etre français ce n'est pas seulement avoir des racines profondements ancrées dans un sol mais aussi le partage de valeurs communes par un contrat citoyen.

Pour parvenir à passer ce blocage psychologique, nous devons d'abord avoir confiance en nous même, faire face à nos propres peurs et déranger notre immobilisme intellectuel, notre esprit franco-conservateur.
Faire la lumière sur nos propres troubles, nos propres craintes et nos ambiguïtés pour atteindre un état de connaissance et de bien être qui éloignera toutes réactions extrémistes primaires.

Le pluralisme culturel et religieux, c'est déjà aujourd'hui et c'est une chance !


sébastien sabattini