Atout Guadeloupe - Guide vacances Guadeloupe
AtoutGuadeloupe : Atout Guadeloupe | Plonger avec des lentilles: Plonger avec des lentilles : Peut-on... https://t.co/8DKzw7fVmU https://t.co/eFsaArgp09

Guide de Guadeloupe


Economie en Guadeloupe au premier trimestre 2010

IEDOM : Suivi de la conjoncture économique N° 142 – 1er trimestre 2010


Rédigé le Jeudi 17 Juin 2010 à 15:09 | 0 commentaire(s)
Lu 2628 fois

En France, le PIB décélère au premier trimestre à 0,1 % après 0,5 % au trimestre précédent. La Consommation des ménages, stable sur le trimestre (0 % après 0,9 %), et la nouvelle diminution de l’investissement, ont contribué négativement à la croissance. A la différence du dernier trimestre 2009, la contribution du solde extérieur a été positive avec une accélération des exportations et une décélération des importations. La production a légèrement ralenti (0,2 % après 0,6 %) notamment du fait du fléchissement de la production de biens d’équipement. Le taux de chômage s’établit à 10,1 % au premier trimestre après 10 % au dernier trimestre 2009. L’indice des prix à la consommation a progressé de 1,7 % sur un an en avril, lié principalement à une nouvelle hausse des prix de l’énergie.


2010 en attente de la reprise en Guadeloupe

Indicateur climat des affaires en Guadeloupe
Indicateur climat des affaires en Guadeloupe
Après une fin d’année 2009 qui avait laissé entrevoir quelques signes d’amélioration, la reprise de l’activité se fait encore attendre en début d’année 2010. L’indicateur du climat des affaires a poursuivi son redressement au premier trimestre 2010 (+12,1 points), mais demeure néanmoins inférieur à sa moyenne de longue période depuis huit trimestres consécutifs. L’activité dans la plupart des secteurs peine encore à retrouver son sentier d’équilibre. Dans un contexte d’incertitudes économiques persistant marqué par le retour à une inflation modérée, la consommation des ménages apparaît en berne et l’investissement des entreprises fléchit. La situation sur le marché de l’emploi connaît une légère embellie au premier trimestre 2010 (-0,2 % de demandeurs d’emploi de catégorie A par rapport au trimestre précédent). Pour le second trimestre, seuls les professionnels du secteur des services aux entreprises anticipent la reprise de leur courant d’affaires.

Evolution indice des prix en Guadeloupe
Evolution indice des prix en Guadeloupe

Nouvelle hausse des prix en Guadeloupe

A la fin du premier trimestre 2010, l’indice des prix à la consommation des ménages en Guadeloupe progresse de 1,1 %, après +1,0 % à fin décembre 2009. Cette hausse est imputable principalement à la hausse des prix des services (+2,3 %) et des prix de l’énergie qui augmentent de 2,6 % sous l’effet de l’augmentation des prix des carburants. L’indice des prix de l’alimentation s’accroît très légèrement (+0,2 %), conséquence de la hausse des prix de l’alimentation hors produits frais. Sur les douze derniers mois, avec une hausse de 2,1 %, l’inflation en Guadeloupe est plus marquée que dans les autres DOM, en raison de la forte progression des prix de l’énergie (+7,3 %). Hors énergie, l’évolution de l’indice des prix aurait été de +1,6 %.

Evolution nombre de demandeurs emploi en Guadeloupe
Evolution nombre de demandeurs emploi en Guadeloupe

Légère embellie sur le marché du travail en Guadeloupe

Au premier trimestre 2010, le marché du travail semble se redresser : le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A s’établit à 51 890, soit une baisse par rapport au trimestre précédent de 0,2 % qui rompt avec la tendance haussière enregistrée au cours de l’année écoulée. Sur un an, la croissance du nombre de demandeurs d’emploi ralentit de 11,8 % en décembre 2009 à 9,2 % à mars 2010. Les offres d’emplois collectées par le Pôle Emploi affichent une progression de 12,8 % sur un an tandis que le nombre de Rmistes augmente de 21,2 %. Ces évolutions doivent être relativisées car les niveaux de l’an dernier étaient très faibles

Evolution des importantion de biens de consommation courante
Evolution des importantion de biens de consommation courante

La consommation des ménages en Guadeloupe en berne

Affectée par les tensions relevées sur les prix, la consommation des ménages enregistre un net fléchissement. Les importations de biens de consommation affichent une diminution de 49 % par rapport au dernier trimestre 2009. Les importations de produits agroalimentaires suivent un mouvement similaire mais plus mesuré (-1,9 %). Parallèlement, l’effet « prime à la casse » s’estompe progressivement.  ur les deux premiers mois de l’année, les ventes de véhicules de tourisme ont reculé de 6,5 % par rapport à la même période en 2009 qui accusait déjà un tassement de l’activité par rapport à 2008 (-35,5 %). A la fin du mois de mars, l’encours des crédits à la consommation enregistrait une baisse de 0,3 % en variation trimestrielle, après +1,8 % en décembre 2009. La mauvaise orientation de ces indicateurs est corroborée par la morosité de l’activité des entreprises du secteur du commerce, ainsi que par la dégradation de leur trésorerie et le niveau élevé de leur stock de produits finis. La vulnérabilité des ménages s’est par ailleurs détériorée. On observe un accroissement significatif des retraits de cartes bancaires (+14,8 % en variation trimestrielle) et une progression du nombre de dossiers de surendettement (+ 6,3 %).

Prévisions d'investissements en Guadeloupe
Prévisions d'investissements en Guadeloupe

L’investissement en Guadeloupe toujours atone

Dans un contexte d’incertitudes économiques persistant, les intentions d’investissement des chefs d’entreprise sont restées négatives. Les importations de biens d’équipement s’inscrivent en repli de 6,8 % en variation trimestrielle tandis que les attestations de Consuel relatives aux locaux commerciaux et industriels neufs diminuent de 6,6 %. L’encours des crédits à l’investissement des entreprises poursuit sa baisse en glissement annuel (-3,7 % à fin mars après -4,5 % au trimestre précédent). La morosité de l’investissement est à rapprocher de l’aggravation des indicateurs de vulnérabilité des entreprises. En l’espace de huit ans, le nombre de personnes morales en interdiction bancaire atteint de nouveau un record historique (3 027 personnes après 3 023 en septembre 2009). Les radiations d’entreprises (liquidations judiciaires et cessations d’activités) augmentent de 5,9 %  par rapport au 4ème trimestre 2009 (+13,1 % en glissement annuel).
L’investissement des ménages apprécié à travers le nombre d’attestations de conformité de logements neufs fléchit de 4,6 % par rapport au trimestre précédent. Le rythme de croissance de l’encours des crédits à l’habitat se maintient (+5,9 % en glissement annuel à fin mars après +5 % à fin décembre). Il reste néanmoins inférieur de moitié à l’évolution enregistré un an auparavant (+ 8,4 % entre mars 2009 et mars 2008).

Contraction des échanges commerciaux en Guadeloupe

A fin mars 2010, le volume des échanges commerciaux s’est fortement réduit, avec une baisse des importations (-16,9 %) et des exportations (-13,2 %) par rapport à fin 2009. Dans le détail, la chute des importations de biens de consommation courante (-49 %) et des biens intermédiaires (-17 %) a fortement contribué à cette baisse Quant aux exportations, elles diminuent de 13 % sous l’effet, notamment, de la chute des exportations de bananes (-51,7 % par rapport au trimestre précédent), dont la récolte a été supendue au mois de mars en raison de la détérioration de la production par les cendres volcaniques.

L’activité peine à revenir sur son sentier d’équilibre en Guadeloupe

Nombre croisièristes en Guadeloupe
Nombre croisièristes en Guadeloupe
Après avoir bénéficié du rebond de la consommation des ménages en fin d’année 2009, l’activité commerciale s’est de nouveau affaiblie. Cette tendance s’est accompagnée d’une réduction des effectifs, de tensions sur la trésorerie et de l’alourdissement des charges des entreprises. Dans le commerce automobile, l’embellie apportée par la prime à la casse a fini par s'essouffler. Le nombre d’immatriculations de véhicules de tourisme fléchit sur les deux premiers mois de l’année de 6,5 % par rapport à la même période en 2009 et de 48,1 % par rapport à 2008. Dans le secteur du tourisme, les différents indicateurs disponibles mettent en évidence une nette progression de la fréquentation touristique sur un an, qui traduit essentiellement un effet de rebond, compte tenu des évènements sociaux de l’année 2009. Le déficit de fréquentation dans l’hôtellerie demeure important : les nuitées du premier trimestre 2010 sont inférieures de 32 % à celles de 2008 et de 48 % à celles de 2007, malgré l’augmentation de la durée moyenne de séjour entre le début et la fin de la saison touristique (de 2,8 jours en novembre 2009 à 4 jours à fin mars 2010). Le taux d'occupation moyen recule de 3,4 points par rapport au premier trimestre 2007. Par ailleurs, le nombre de chambres offertes diminue de 12 % par rapport à 2008 (-16 % par rapport à 2007). En cumul à fin mars 2010, le trafic de passagers à l’aéroport augmente de 19,1 % par rapport à 2009 mais affiche un recul en comparaison des chiffres de 2008 (- 10,8 %) et 2007 (-4,7 %). Seule l’activité de croisière reste bien orientée. Mois après mois, les croisiéristes recensés sont de plus en plus nombreux et la saison en cours, avec plus de 112 000 visiteurs accueillis en Guadeloupe à fin mars, est à ce stade la meilleure des quatre dernières années
La situation du secteur du BTP reste préoccupante. Les anticipations à la hausse de l’activité par les professionnels du secteur au dernier trimestre 2009 ne se sont pas confirmées. Les délais de  èglement de la clientèle ont continué à se détériorer et la trésorerie s’est réduite en raison notamment de la très forte diminution des prix de vente et de l’alourdissement des charges. Les effectifs sont en baisse et les professionnels du BTP n’evisagent pas de recruter au second trimestre.

Evolution des importations de bananes en Guadeloupe
Evolution des importations de bananes en Guadeloupe

Conjoncture économique en Guadeloupe

Les statistiques relatives à la consommation de ciment et aux attestations du Consuel pour les logements et locaux neufs ressortent en repli respectivement de -2,1 % et -6,6 % par rapport au trimestre précédent (-2,9 % et -3,7 % à fin décembre). Pour les mois à venir, les chefs d’entreprise prévoient une moindre dégradation de l’activité et restent en attente de signes de reprise provenant de la commande publique ou encore du secteur privé. Les travaux de rénovation urbaine des Abymes/Pointe-à-Pitre, débutés en partie dès la fin de l’année 2009 doivent mobiliser des financements importants sur plusieurs années. A fin mars, le niveau des engagements cumulés de la ligne budgétaire unique s’établit à 22,6 % de la dotation en 2010, en hausse de 16,6 points par rapport à 2009. Les professionnels du secteur de l’industrie, dont l’activité est étroitement liée à celle du BTP, ont enregistré une diminution de leur volume d’affaires et demeurent prudents quant à l’évolution pour les prochains mois. L’activité de l’agroalimentaire n’a pas été favorisée par l’épisode volcanique de la soufrière de Montserrat et par la sécheresse qui a sévi dans le département. Les exportations de bananes chutent de moitié au premier trimestre 2010 (-51,7 % sur un an), en raison de l’arrêt total des expéditions en mars lié à la détérioration de la production par les cendres volcaniques. La sécheresse a entraîné une baisse du rendement et de la qualité des produits. Les producteurs de melons estiment que 40 % de la récolte serait non commercialisable. La filière canne-sucre est également impactée. Au début de la campagne, la principale usine du département, Gardel au Moule, a broyé en moyenne 3 900 tonnes de cannes par jour alors qu’elle escomptait en traiter 5 200 tonnes par jour. Les exportations de rhum industriel, qui représentent près de 80 % des exportations de la branche ont également diminué, soit -5,8 % sur un an à fin mars (contre +17 % à cette période en 2009). En revanche, celles de rhum agricole ont enregistré une forte progression (+ 33,4 % en glissement  annuel). Pour le trimestre prochain les chefs d’entreprise du secteur de l’agroalimentaire restent optimistes, anticipant un retour à l’équilibre de leur activité. Les investissements qu’ils projettent devraient en effet dynamiser leur production.

Document de l'Iedom, Bulletin trimestriel de conjoncture


sébastien sabattini