Atout Guadeloupe - Guide vacances Guadeloupe
AtoutGuadeloupe : Atout Guadeloupe | Plonger avec des lentilles: Plonger avec des lentilles : Peut-on... https://t.co/8DKzw7fVmU https://t.co/eFsaArgp09

Guide de Guadeloupe


C'est à nous, consommateurs de Guadeloupe d'aider les pêcheurs de l'archipel !

Le poisson frais ne se vend pas


Rédigé le Samedi 7 Avril 2007 à 10:41 commentaire(s)
Lu 3166 fois

En pleine semaine sainte, les pêcheurs locaux poussent un cri d’alarme : le poisson ne se vend pas. En cause, la concurrence sévère des produits d’importation et le "manque de logique" des politiques économiques en faveur du secteur.


pêcheur guadeloupe
pêcheur guadeloupe
"Regardez nos étals. Ils sont pleins. Notre poisson ne se vend pas." Didier est mareyeur. Il ne pêche pas personnellement. Il vend le poisson de ses fournisseurs. A côté de lui, Jean-Michel est pêcheur. Après deux jours en mer, il affiche une mine fatiguée. Il lui aura fallu deux jours pour vendre son butin.
En cause, la concurrence accrue du poisson d’importation. "Pendant la fête de la mer et du poisson, à Saint-François, le week-end dernier, les pêcheurs ont été obligés de brader de la daurade à 4 euros le kilo", explique Didier. "Nous ne pouvons pas faire face. Nous sommes obligés de répercuter nos charges sur le prix du poisson. Il est donc forcément plus cher que le poisson d’importation."
Un kilo de daurade surgelé coûte 2 euros. Pour tous, la faute n’incombe pas aux consommateurs qui font avec leurs moyens mais aux politiques qui n’agissent pas en faveur du secteur.


Les pêcheurs n’attendent rien de la prochaine présidentielle

Ces militants qui leur apportent les tracts des candidats à la présidentielle sont vivement repoussés. "Personne ne veut s’attacher réellement à la survie du secteur", explique le même. Il interroge l’un de ses collègues plus loin. Aurait-il préféré que le marché laisse une place aux pêcheurs locaux que de lui offrir la possibilité d’acheter un nouveau moteur grâce au processus de défiscalisation ? Sans hésitation, il répond : "Oui !"

L’action politique en faveur du secteur de la pêche leur semble généralement illogique.
"A quoi bon avoir un bon moteur pour pouvoir aller pêcher plus loin si l’on ne peut pas vendre le poisson. Nous sommes contents de voir que le conseil général se penche sur le développement des infrastructures. Un port, des glacières, des toilettes, c’est bien. Mais combien achètent le poisson des pêcheurs locaux ? Dans les cantines scolaires de Guadeloupe, les enfants mangent du poisson importé. N’est-ce pas par là qu’il faudrait commencer", interroge-t-il. "Nous sommes sur une île. La pêche est une activité qui mérite autant d’être développée que la canne", renforce Didier.

Il y a 5 ans, à cette même période de l’année, durant laquelle traditionnellement on ne mange pas de viande, les artisans étaient en rupture de stock.
Didier propose un véritable consensus entre le monde de la pêche et les politiques économiques. Il propose notamment qu’en période de traîne, de pêche de la daurade, entre octobre et mai, le niveau d’importation du poisson étranger soit abaissé pour favoriser la pêche locale.



sébastien sabattini