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Guide de Guadeloupe

Apprendre à dire Bonjour

Politesse ou obligation


Rédigé le Dimanche 9 Décembre 2007 à 09:27 commentaire(s)
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Force est de constater que bien que la Guadeloupe soit une région française, les us et coutumes sont différentes. Pour autant, certains écarts ne sont pas culture mais impolitesses


Antillaise par Isabelle DUFOUR
Antillaise par Isabelle DUFOUR

Bienvenue en Guadeloupe, bonjour à tous

Chers amis touristes, faite un petit test pendant quelques minutes, arretez vous dans une boutique en métropole et écoutez, promenez vous dans la rue et observez, en voiture jugez des réactions disproportionnées des uns et des autres. La vie en métropole et en ville particulièrement est agressive, hurlante, blessante. Une réaction d'auto défense psychologique entre en action, l'isolement, l'individualisme et sa première conséquence : ne plus dire bonjour !
Aux antilles, il en va différemment. Les guadeloupéens ont pour habitude de se dire bonjour, leur éducation orientée sur le respect de l'autre font de ce passage, de cette politesse, un acte obligatoire et dont les écarts sont durement sanctionnés par les mères dés le plus jeune age.
Chers amis touristes, vous voulez passer de bonnes vacances en Guadeloupe en toute décontraction et ne pas être assimilés à la masse dégorgeante del'aéroport Pôle Caraibe, de mauvaise humeur et impolie, dites bonjour à tous les guadeloupéens que vous rencontrez, la plupart d'entre eux vous le rendront et vos échanges culturels n'en seront que plus magnifiques.

Bonjour Monsieur Courbet, 1854 Huile sur toile - 129 x 149 cm Montpellier, Musée Fabre
Bonjour Monsieur Courbet, 1854 Huile sur toile - 129 x 149 cm Montpellier, Musée Fabre

Apprendre à dire bonjour…

Pourquoi y a-t-il une école plutôt que rien ? Première hypothèse : pour apprendre à dire bonjour…

Comment éduquer dans un monde incertain ? Sur quoi fonder l’enseignement : quelles visées, quelles valeurs, quels savoirs graver au fronton de nos écoles ? Où est la " culture commune " quand plus rien ne fait l’unanimité, pas même les règles d’orthographe (révisées) ou la théorie de l’évolution (relativisée) ? Comment former tous les enfants au même endroit quand une moitié de leurs parents demande " tradition ", l’autre " innovation ", plus de " solidarité " et plus de " compétition " ?
Quel est ce bien commun ? Pourquoi, au fond, étatiser l’instruction ? Ricardo Petrella, politologue et économiste, fixe un début au raisonnement. Le lien social est ébranlé ? La course au profit et la culture de la conquête menacent l’équilibre de nos sociétés ? Nous n’éviterons la lutte impitoyable de tous contre tous qu’en nous reliant les uns aux autres, en redoublant d’attention pour nos voisins, en pratiquant ce bon voisinage à l’échelle de l’humanité, dans une communauté mondiale basée sur le dialogue, la protection sociale, la réciprocité des libertés, la primauté du droit. Tout commence par la reconnaissance de l’autre. Le bébé devant sa mère, l’élève devant son maître, le malade face au médecin et le médecin face au malade : nous n’existons que pour autrui, parce qu’un autre existe, qu’il nous regarde, nous parle, nous écoute, nous soigne, bref nous reconnaît comme son alter ego.

À quoi bon un monde hypersophistiqué et hyperpuissant si personne ne nous dit " bonjour " de temps en temps ? À quoi bon vivre si c’est pour vivre seul, sans quiconque pour nous reconnaître vivant, compétent, digne d’estime et d’attention ? Petrella pose un jalon : Savoir et pouvoir dire bonjour aux autres est l’acte de démarrage de l’existence d’un groupe humain. Les enfants sauvages le démontrent : on ne leur a pas parlé, ils ne parlent pas. Pour l’école, il y a matière à réflexion. Petrella nous pousse dans nos retranchements : Le point de départ pour une " autre " éducation est de donner comme objectif prioritaire au système scolaire d’apprendre à savoir dire bonjour à l’autre. Veut-il restaurer les leçons de politesse ? Nous demande-t-il de remplacer les parents, d’initier nos élèves aux bonnes manières (" Dis bonjour à la dame ! "), par l’exemple s’il le faut (" Mes amitiés à ta maman ! "). Cela ne ferait qu’alourdir le programme… L’idée est plus sérieuse et plus ambitieuse à la fois. Apprendre à dire bonjour, c’est apprendre à ne pas être seul au monde. C’est voir en l’autre, non pas la " ressource humaine " qu’on manipule, mais la source où chacun de nous puise ses savoirs, ses valeurs, son identité, ses émotions. Si nous le prenons au sérieux, ce point de départ ne s’enseigne pas dans une leçon. En les justifiant toutes, ils donne son sens à toute la formation.

Un grand merci à Olivier MAULINI, Université de Genève, Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation

Soirée par DOUBOUT O KA,   @ www.pigeon-antilles.com
Soirée par DOUBOUT O KA, @ www.pigeon-antilles.com
Ce texte est né d'une expérience datant du 08 décembre soir aux 2 coquilles d'une fête organisée par DOUBOUT O KA à BOUILLANTE où certaines personnes de la commune sélectionnaient les convives qu'elles souhaitaient saluer. Ce sont pourtant des guadeloupéens...voir le compte rendu de la soirée par l'Amicale Colombophile de Malendure


sébastien sabattini